SCÈNE I. 3oi
FRONTJN.
Parlons donc d'autre chose. Quoique nous nous connoissions vous et moi depuis long-temps, ce n'est que d'hier que je suis à votre service; vous m'habillez aujourd'hui magnifiquement , vous m'amenez ici sans vouloir me rien dire , je crois cependant qu'il est temps de m'instruire de votre dessein. Que voulez-vous que j'entreprenne dans cet équipage?
VALERE
Je veux , mon cher Frontin , que tu contrefasses le financier. Gomme tu as demeuré long-temps chez monsieur Patin , le plus riche financier de tout le royaume, j'ai cru que tu pourvois mieux qu'un autre en avoir attrappé les manières, et c'est ce qui m'a fait mettre tout en usage pour t'aitiier à mon service»
J'y ai fait une grande perte , et vous une bonne acquisition. Mais qui vous oblige à me faire passer pour financier ?
VALÈRE
Je suis jaloux, Frontin. Je veux tendre un piège à Philaminte ; je veux éprouver sa fidélité , et j» t'ai choisi
Oh! parbleu, monsieur, elle y sera prise; elle succombera, ne risquez point le paquet. Mettre une veuve à l'épreuve d'un financier, c'est noussej;
Xhéâtr». Comédies. 7. 26
3ôa L'ÉPREUVE RÉCIPROQUE.
une terrible botte à sa douleur : et surtout ce financier étant fait comme moi.
VAL ÈRE
Quoique Philaminte soit coquette, je n'ose encore imaginer. ...