‹ Le double veuvage, comédieChapitre 245 sur 252 · SCÈNE XV. 3a · texte numérisé non relu

SCÈNE XV. 3a

fhostin.

Cela est heureux, car il se trouve des filles qui ne pourroient passer que pour veuves.

LISETTE

La triste chose que le veuvage !

F ito N T IN.

Il me paroît qu'il vous ennuie. Et certain Valère qui vous couche en joue

LISETTE

Que dites -vous de Valère ?• comment savezvous —

Il n'a rien de caché pour moi , c'est de lui que je viens d'apprendre que votre libéralité s étoit étendue jusqu'à lui envoyer votre portrait garni de diamants.

LISETTE

4h! le petit indiscret! Que je suis malheureuse d'être tombée si mal ! je perds toute l'estime que j'avois conçue pour lui. L'on est bien embarrassé dans le choix des amants d'aujourd'hui. Les plus charmants sont les plus scélérats, et l'on ne trouve de la sincérité que dans ceux qui n'ont point l'ar't de plaire.

FRON'TI».

Ma foi, si j'étois femme, je m'attacherois à des gens faits sur un certain modèle, où l'utile se trouve mêlé avec l'agréable.

LIS ETTE

Ce scroit assez mon goût, et il est fâcheux que la presse y soit maintenant.

PlOffTIR.

On a beau avoir la presse , on sait toujours distinguer celles dont le mérite

LISETTE

Philaminte est sans doute du nombre des distinguées , et l'agrafe de diamants (|ue vous lui

avez envoyée

rtoifn.

Comment morbleu ! qui vous a dit cela?

LISETTE

Elle-même, et que ce présent la touchoit du moins autant que votre personne.

Oui ? oli ! oh ! elle ne me tient pas encore.

LISETTE

Valère a compté sans son hôte , je n'aime point les amants escrocs.

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