ACTE I, SCÈNE II
dorante se tient à côté du théâtre.
Je suis outré d'entendre cela.
THÉRÈSE
Eh! vous voilà aussi vous, on ne vous voit quasi pas là ; vous êtes enveloppé dans votre humeur sombre.
DORANTE
Mon chagrin n'est que trop bien fondé.
THÉRÈSE
Vous êtes fâché de me voir rire , et moi je ris de vous voir fâché.
DORANTE
Est-ce ainsi que parle l'amour?
THÉRÈSE
A propos d'amour, le vôtre sera-t-il toujours affligé ?
DORANTE
Si j'avois moins de délicatesse...
THÉRÈSE
Vous seriez plus raisonnable.
Est-il rien de plus raisonnable que mes plaintes?
THÉRÈSE
Oh ! vos extravagances sont toujours pleines de raison, mais elles ne sont pas réjouissantes.
DORANTE
Quels discours, hélas! que votre caractère est éloigné du mien !
io LE DOUBLE VEUVAGE.
THÉRÈSE
Mon ( aractère n'est pas plus éloigné du vôtre, que le vôtre est éloigné du mien.
FROS ISE.
Le mariage rapprochera tout cela.
DORANTE
Ça , Frosine , je te fais juge.
frosine.
Je n'ai pas le loisir de juger; accommodez-vous à l'amiable , je vais lever ma maîtresse.
THÉRÈSE
Presse-la de s'habiller, car madame la comtesse veut la voir tout à l'heure.
FROSINE
Votre tante n'est encore qu'éveillée , et entre le réveil et la sortie d'une demi -vieille il y a bien des cérémonies de toilette.