‹ Le double veuvage, comédieChapitre 7 sur 252 · ACTE I, SCÈNE III. n · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III. n

THÉRÈSE

Belle demande! à l'humeur près, nous nous convenons à merveille, et je vous corrige r.u* de vos bizarreries.

dorante.

Je ne suis point bizarre , lorsqu'après des rai sonnements solides, je conclus que votre gaieté...

THÉRÈSE

Oh! ma gaieté, ma gaieté; je conclus, moi, moi, que ma gaieté vous doit. prouver ma tendresse; et voici comme je raisonne: car vous m'avez appris à faire des raisonnements : vous savez avec quelle frayeur j'ai toujours envisagé le mariage , parce qu'il est triste ; je crains donc le mariage naturellement , je vois qu'on me veut marier avec vous , et je n'en suis pas plus chagrine. Eh bien! être gaie en cette occasion-là, n'est-ce pas vous aimer ?

DORANTE

C'est ne me pas haïr.

THÉRÈSE

Et ne me point fâcher du ton dont vous le prenez-là, il me semble que c'est vous aimer assez passablement.

DORANTE

Passablement est une expression bien touchante— passablement!

THÉRÈSE

Oh ! je veux que vous me teniez compte de la joie que j'ai.

i-2 LE DOUBLE VEUVAGE.

DOUANTE.

Cette joie seroit à sa place , si vous étiez suie que votre mariage réussît ; mais , dans la situation où nous sommes , vous devriez trembler ; et , si vous aimiez , on vous verroit comme moi , inquiète , agitée, et dans l'horreur d'une incertitude cruelle, languir, soupirer, gémir....

Page 1