‹ Le double veuvage, comédieChapitre 67 sur 252 · VALÈRE, CRISPIN · texte numérisé non relu

VALÈRE, CRISPIN

VALERE

Ah ! te voilà, bourreau ?

CRISPIN

Parlons sans emportement.

VALÈRE

Coquin !

CRISPIN

Laissons-là , je tous prie , nos qualités De

quoi vous plaignez-vous ?

De quoi je me plains ? traître ! Tu m'avois demandé congé pour huit jours , et il y a plus d'un mois que je ne t'ai vu. Est-ce ainsi qu'un valet doit servir ?

CRISPIN

Parbleu ! monsieur , je vous sers comme vous me pavez. Il me semble que l'un n'a pas plus de sujet de se plaindre que l'autre.

9o CRISPIN RIVAL DE SON MAITRE.

VÀLÈRE.

Je voudiois bien savoir d'où tu peux venir ?

CRISPIN

Je viens de travailler à ma fortune. J'ai été eu Touraine, avec un chevalier de nies amis, faire une petite expédition.

v ALEEE.

Quelle expédition ?

CRISPIN

Lever un droit qu'il s est acquis sur les gens de province par sa manière de jouer.

VA ùre.

Tu viens donc fort à propos, car je n'ai point d'argent , et tu dois être en état de m'en prêter ?

CRISPi.v.

Non , monsieur. Nous n'avons pas fait une heureuse pêche. Le poisson a vu l'hameçon ; il n'a point voulu mordre à l'appât.

Le bon fonds de garçon que voilà ! Écoute , Crispin , je veux bien te pardonner le passé ; j'ai besoin de ton industrie.

CRISPIN

Quelle clémence !

val k RE.

Je suis dans un grand embarras.

CRISPIN

Vos créanciers s'impatientent-ils ? Ce gros marchand à qui vous avez lait un billet de neuf cents

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