‹ Le double veuvage, comédieChapitre 72 sur 252 · SCÈNE III, i · texte numérisé non relu

SCÈNE III, i

J'approuve ton amour.

CRISPIN

Je prendrai le nom de Damiâ.

LA BRANCHE

C'est bien dit.

J'épouserai Angélique.

LA BRANCHE

J'y consens.

CRISPIN

Je toucherai la dot.

LA BRANCHE

Fort bien.

CRISPIN

Et je disparoitrai avant qu'on en vienne aux éclaircissements.

LA BRANCHE

Expliquons-nous mieux sur cet article.

CRISPIN

Pourquoi ?

LA BRANCHE

Tu parles de disparoître avec la dot, sans faire mention de moi. Il y a quelque chose à corriger dans ce plan-là.

Oh! nous disparoitrons ensemble.

LA BRANCHE

A cette condition-là , je te sers de croupier

Le coup, je l'avoue, est un peu hardi; mais mon

audace se réveille , et je sens que je suis né pour les grandes choses... Où irons-nous cacher la dot?

CRISPIN

Dans le fond de quelque province éloignée.

LA BRANCHE

Je crois qu'elle sera mieux hors du royaume. Qu'en dis-tu ?

CRISPIN

C'est ce que nous verrons. Apprends -moi de quel caractère est monsieur Oronte.

LA BRANCHE

C'est un bourgeois fort simple , un petit génie.

CRISPIN

Et madame Oronte?

LA BRANCHE

L ne femme de vingt-cinq à soixante ans; une femme qui s aime , et qui est d'un esprit tellement incertain qu'elle croit, dans le même moment, le pour et le contre.

Cela suffit. Il faut à présent emprunter des habits pour

la branche, l'interrompant.

Tu peux te servir de ceux de mon maître

Examinant ta taille de Crispin.) Oui , justement , tu es , à peu près , de sa taille.

CRISPIN

Peste ! il n'est pas mal fait.

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