SCÈNE V. io
exemple , que vous haïssiez M. Oronte la première fois qu'on vous le proposa, parce que vous aimiez un officier, qui mourut au siège de Candie.
MADAME OROÎSTE.
Il est vrai; et si ce pauvre garçon ne fût pas mort, je n'aurois jamais épousé monsieur Oronte.
LISETTE
Eh bien ! madame , mademoiselle votre fille est dans la même disposition où vous étiez avant le siège de Candie.
MADAME ORONTE
Eh! qui est donc le cavalier qui a trouvé le secret de lui plaire ?
LISETTE
C'est ce jeune gentilhomme qui vient jouer chez vous depuis quelques jours.
MADAME O R O >' T E
Qui? Yalère?
LISETTE
Lui-même.
MADAME ORONTE
A propos , vous m'en faites souvenir : il nous regardoit hier, Angélique et moi , avec des yeux si passionnés.... Êtes-vous bien assurée, Lisette, que c est de ma tille qu'il est amoureux?
Lisette, faisant signe à Angélique de s'approcher.
Oui , madame ; il me l'a dit lui-même , et il m'a chargée de vous prier, de sa part , de trouver bon qu'il vienne vous en faire la demande.
io6 CRISPIN RIVAL DE SOX MAÎTRE.
àhoblique, s approchant , à madame Oronte.
Pardonnez , madame , si mes sentiments ne sont
pas coniormes aux vôtres, mais vous savez
madame on< nte, l'interrompant.
Je sais bien qu'un», tille ne règle pas toujours les mouvements de son cœur sur les vues de ses patenta ; mais je suis tendre , je suis bonne , j'entre dans vos peines : en an mot, j'agrée la recherche de Valere.
ANGÉLIQUE
Je ne puis vous exprimer, madame , tout le ressentiment que j'ai de vos bontes.
LISETTE , à madame Oronte.
Ce n'est pas assez, madame; monsieur Oronte est un petit opiniâtre : si vous ne soutenez pas
avec vigueur
madame oroxte, l'interrompant.
Oh! n'ajrei ptrinl d'inquiétude là-dessus, je prendi Yalère sous ma protection : ma fille n'aura point d'autre époux que lui ; c'est moi qui vous le
dis (Apercevant monsieur Oronte.) Mon mari
vient. Vous allez voir de quel ton je vais lui parler.