‹ Le Doute: leçons faites à l'Université Nouvelle de Bruxelles 1908Chapitre 44 sur 135 · CAUSES DU DOUTE · texte numérisé non relu

CAUSES DU DOUTE

Sommaire : Sensations. — Perceptions. — Conscience. — Mémoire. *— Imagination. — Association des idées. — Jugement et raisonnement. — Intérêt : des motifs de croire, des mobiles d'action. — État de la motricité. — Émotion. — Émotion sexuelle — Émotion religieuse.

Il nous faut maintenant pénétrer plus profondément au cœur de notre sujet, [et chercher à analyser les causes du doute. Nous .allons retrouver ici nombre de phénomène* que nous avons déjà [eu l'occasion de rencontrer dans les chapitres précédents et qui nous forceront à des redites. Mais ces répétitions, seront plus apparentes que réelles, car c'est une conséquence même de l'état de] doute que les phénomènes qui le constituent ou l'accompagnent puissent et doivent être alternativement considérés comme des causes ou des conséquences, comme capables de le^ favoriser, ou au contraire de l'entraver ; ce qui, chez un homme normal, est une raison déterminante pour agirj, devient chez le douteur une raisonne doute et d'hésitation; tout ce qu'il fait, ou désire faire pour sortir (Je son doute, se retourne contre lui et l'y plonge davantage. Ne soyons donc pas surpris qu'en le décrivant, en l'envisageant sous toutes ses faces, nous soyons nous-mêmes condamnés

aux alternatives, aux contradictions, aux contrastes qui en sont l'essence même.

Tout d'abord il faut nous souvenir que si le doute peut se montrer chez tout le monde d'une façon accidentelle, il lui faut un terrain propice spécial pour s'y développer et y apparaître avec fréquence, ou persistance comme dans l'état pathologique. Ce terrain c'est un état d'émolivité particulière accompagnant ou précédant le doute. Ce qui Fait vraiment le caractère du doute c'est son coefficient affectif ftt émotionnel. Sans lui le doute est simplement un mode de connaissance, une sorte de procédé de découverte ou de recherche de la vérité et de la réalité. Nous devrions donc commencer par étudier cette émotivité d une forme un peu particulière qui sert de substraïum au doute, et qui repose elle-même sur une faiblesse de résistance cérébrale, sur un tonus cérébral insuffisant. Insuffisance cérébrale qu'il faudra distinguer de certaines autres qu'on rencontre à des degrés divers dans d'autres états que le doute, ce qui prouve bien qu'il doit s'y ajouter quelque chose de plus dans le doute. Nous aurons lieu de discuter ce point à propos du mécanisme du doute.

Nous préférons cependant terminer l'étude des causes du doute par l'émotion, parce qu'à celte question s'en trouvent rattachées deux autres qui ont une grande importance pratique au point de vue du doute : l'émotion sexuelle et l'émotion religieuse, qui jouent un rôle considérable chez les douleurs, au point que leurs manifestations occupent parfois toute leur existence et masquent toutes les autres.

Le doute, c'est, en somme, l'impossibilité de fixer des sentiments, des [représentations, des impressions, séparément ou en groupe, en système, parmi tous ceux qui surgissent en nous, en vue de notre conduite ultérieure ou de notre action immédiate. Et cette impossibilité provient elle-

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