‹ Le doyen de SaintPatrick drame en cinq actes, en prose de MM. Leon de Wailly et Louis UlbachChapitre 12 sur 90 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

TISDAL, SWIFT, ESTHER JOHNSON, M1STRISS DINGLEY.

SWIFT, courant à miss Johnson.

Chère Eslher !

Enfin, c’est lui 1 On l’a bien attendu ! et on ne devrait pas l'embrasser !

TISDAL, à part.

EUel grand Dieu ! c’est elle... cette pupille du docteur Swift, c’est miss Johnson I

SWIFT

C’est moi qui n’oserai plus maintenant... (Il lui serre la main.) J’avais quitté une petite fille, et je retrouve... ( Mistrisj Dingley entre. )

ESTHER

Vous êtes demeuré si longtemps absent!... Encore un peu plus, et vous ne trouviez qu’une vieille fille, ou plutôt, méchant, vous ne trouviez personne, car je serais morte d’ennui.

SWIFT, la baisant au front.

A la bonne heure ! Voilà qu'on me gronde. Cela me fait du bien... Quand je pense que je sacrifiais tant de bonheur à ces indifférents, à ces exploiteurs, à ces perfides! Mais jo suis bien corrigé, bien converti à la vie de famille. ( Il tend la main à mistrbs Dingley,)

ESTHER, gravement.

Il est temps de commencer à être sérieusement mon tuteur, quand j’approche du terme de la tutelle! Mes ailes ont poussé...

1(5 LE DO VEN DE SAINT-PATRICK

SWIFT

Voyez-vous cela! L'oiseau veut déjà quitter sa cage... Est-ce que je vous empêche d'y chanter?

ESTHF.R, de même.

Est-ce que vous vous souvenez de mes chansons? D’ailleurs je ne chante plus, monsieur, je suis devenue une personne grave ; n’esl-ce pas, Dingley ?... Je m'occupe delà maison... de nos poules ! Ah ! mon Dieu ! voilà mon secret qui m’échappe ! Nous voulions vous faire la surprise d’une basse-cour!

SWIFT, gaiement.

Une basse-cour!... C’était mon rêve à Londres.

. estheii .

J’ai appris aussi à jouer aux cartes... avec Dingley... Vous verrez! nous jouerons le soir.

SWIFT

Oui, et le matin, nous travaillerons. Je vous apporte des livres de Londres.

IÿSTHER.

Amusants?...

SWIFT

Très-amusants.,, et instructifs aussi.

MISTRISS DINGLEY

Des livres de cuisino?...

SWIFT

Je n’y ai pas pensé... Mais, aidé de vos lumières... je puis vous en faire un.

MISTRISS DINGLEY

Ah!... vous seriez bien aimable !

Ainsi , c'est décidé? Vous ne nous quitterez plus?

SWIFT

Vous quitter ! Dieu m’en préserve ! Mon ambition , ma jolie pupille, je l’enfermerai dans votre basse-cour. Nous causerons, nous babillerons, nous jouerons... *

ESTHER, en souriant et un peu confuse.

Mais, M. le Recteur, la paroisse t

SWIFT

Ah l oui, la paroisse ! Eh bien ! notre ami Tisdal m’aidera! .

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