‹ Le doyen de SaintPatrick drame en cinq actes, en prose de MM. Leon de Wailly et Louis UlbachChapitre 27 sur 90 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

TISDAL, SWIFT.

-SWIFT, entre en tenant les journaux.

Ah ! c’est vous, Tisdal 1 je vous croyais au jardin !

TISDAL.

Je vous dérange ?

SWIFT

Parce que j'ai les journaux à la main? voyez, je ne les ai pas seulement ouverts, Est-ce que je ne sais pas bien ce que j’y lirais ? Walpole est un fou qui pousse l’Irlande à la révolte; il irrite la conscience et la faim, deux ennemies implacables. Je p'ai plus de rôle à jouer : pour ce qui reste à faire, Patrick et Ses amis Suffisent. (Il passe à droite.)

TISDAL.

Ainsi, vous renoncez bien décidément à la politique?

SWIFT

La politique! l’art de se servir des hommes, en les méprisant ! Je ne veux plus qu’on m’en parie. C’était bon du temps de ma misanthropie. Je ne me mêle plus de l’humanité, depuis que je suis réconcilié avec elle. Je m’en liens à celte maison pour gouvernement, à ma paroisse pour royaume. Quand je pense qu’autrefois je croyais avoir perdu ma journée, si je n’avais pas décoché quelque bonne épigramme contre Walpole , dont j’avais fait, vous le save?, un accrobate à Lillipul! Aujourd’hui je ne pourrais plus être méchant ; ce presbytère m’a désarmé. Vous m’enseignez l’indulgence, la bonté; et Stella, avec son doux sourire, me donne l’espérance et la joie.

TISDAL.^

Tant mieux ! Docteur ! La littérature va hériter de la politique.

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