‹ Le doyen de SaintPatrick drame en cinq actes, en prose de MM. Leon de Wailly et Louis UlbachChapitre 43 sur 90 · E DOYEN DK SAINT-PATRICK · texte numérisé non relu

E DOYEN DK SAINT-PATRICK

C’est tout au plus un petit roman qu’elle s’est mis en tête, mais qui n’a pas atteint son cœur. Ne craignez rien.

TISDAL.

Je crains tout, au contraire. Miss Johnson n’est point accessible à ces idées de roman que vous supposez, Elle vous aime, à mourir de votre indifférence, de votre abandon.

• SWIFT

Pensez donc que je pourrais être son père!

TISDAL.

Elle vous aime, docteur! Ne voyez plus en elle uneenfitftt : votre esprit a éclairé, échauffé lè sien... Prenez pitié d’elle!

SWIFT, fièrement.

Pitié!... Ma pupille n’a besoin de la pitié de personne, ni de la mienne, ni de la vôtre. De quel droit vous mêlez-vous...

TISDAL avec impétuosité.

De quel droit?... Mais vous ne m'entendez donc pas? Ce droit, je l’ai payé du sacrifice de mon amour. Vous me croyez trop peu égoïste, aussi ! Si j'ai renoncé à tout espoir pour moi, je n’ai pas renoncé à tout espoir pour elle. (S’attendrissant ) Quelle consolation aurais-je, si elle n’est pas heureuse? Il me faut son bonheur, à moi, pour que la vie me soit supportable. (il éclate

en sanglots.)

* SWIFT, lui tend la main.

Vous êtes... un brave cœur!

TISDAL.

Docteur, vous n’irez pas?... N’est-ce pas que vous n'irez pas?

Que voulez-vous que je vous promette?

TISDAL avec effort.

Vous aimez miss Johnson ?

SWIFT

Sans doute, comme mon enfant , comme ma famille.* Je me laissais aller au charme de sa douceur, de sa simplicité... et quand vous m’avez demandé sa main, j'ai eu, je le reconnais maintenant, un mouvement d’égoïsme. J'ai eu peur de vous lb vrer la joie, le sourire de mon foyer.

TISDAL.

Eh bien! entre une étrangère et votre pupille, hésiterez-

vous?

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