SCÈNE VIII
TISDAL, SWIFT.
TISDAL.
Ce qu'elle a?... je vais vous le dire... Elle se meurt, et votre retour qui devait la sauver, achève de la tuer.
94 LE DOYEN DE SAINT-PATRICK
SWIFT, passe à droite.
Tisdal !
TISDAL.
Ecoulez-moi !... Elle a besoin de vous, de vos soins, non pas pour cet accès qui sera bientôt passé... mais après cet accès, pour qu’il n'en revienne pas d'autre. , mais ce soir, mais demain, mais toujours !.. . Elle a besoin de votre affection !..
SWIFT, va s’asseoir à droite .
Pauvre Stella 1
TISDAL.
Oui, pauvre Stella! pauvre victime que vous n’avez pas le courage de disputer à son désespoir... ces deux longs mois d’absence l’ont brisée.
SWIFT
Eh bienl me voilà !
TISDAL.
Docteur I il est temps encore de réparer tout le mal. . . je ne vous accuse pas, je n'accuse personne. . . mais je fais appel à votre cœdrj à votre bonté, à votre énergie?
SWIFT
Moi aussi, Tisdal, je suis brisé.
tisdal .
Je veux pourtant que vous m’aidiez. . . de tout votre esprit, de toute votre gaieté. . .
SWIFT
- De. . . ma. . . gaieté !... Mais regardez-moi donc, Tisdal f
TISDAL.
Oui, de votre gaieté. . . (Avec un soupir.) Je sais la valeur de ce mot... je sais aussi à qui je l’adresse. . . M. Swift, il ne vous reste plus qu’elle. . . Votre absence la tuait, mais votre air morne l’achèvera cent fois plus vite, et si vous n’avez pas plus d’empire sur vous-méme, il ne fallait pas revenir.
SWIFT
En est-elle donc là?. . * (Use lève) Eh bien! j’aurai la force que
vous me demandez, mon ami... (U passe à gauche.) Je serai digne
de vous. . . je ne peux pas mieux dire. Allez la chercher. . . Qu’elle revienne! Vous verrez si je ne sais pas commander à la douleur... Qu’elle revienne! (Tisdal sort.)