SCÈNE IX
SWIFT, seul, puis PATRICK. •
SWIFT
De la gaieté!... Out, j’en aurai... Pauvre Esther! One celle-là, du moins, soit sauvée !... (A Patrick qui entre de droite.) Ah ! c’est loi, Patrick !
PATRICK
Oui, monsieur le Doyen, j’ai su voire retour. . . il était bien temps que vous vinssiez !
SWIFT
N’est-ce pas?. . . Tout allait mal ici.
. PATBICK.
Ici, dans la maison, peut-être... (Plus bas.) Mais dans la ville, monsieur, à Dublin, tout va fort bien, au contraire. On n’attendait que vous,
SWIFT, avec ironie.
Ah ! lu poursuis ton but à travers tout?. . . Que t’importe, à toi, que mon cœur saigne? que j’aie perdu, que je sois exposé à perdre tout ce que j’aime !... L’Irlande avant tout, n’est-ce pas?
PATRICK
Dam ! monsieur le Doyen, vous-même m'avez dit si souvent que la patrie passait avant la famille!,..
SWIFT
- Si je t’ai dit cela, j’ai eu tort, j’étais fou!... (il remonte.) La patrie!..*. Me rendra-t elle l'espoir, la foi en moi-même, le bonheur du foyer?. . . Vous êtes des. .. égoïstes. ,.
PATRICK, passe à gauche.
Egoïstes!. . . nous. . . qui vous avons cru sur parole !
SWIFT
C’est vrai !... je suis votre chef. . . je vous ai compromis. . . Je ne dois pas vons abandonner. îl ne me manquerait plus que de passer pour un traître !. . . Que veut-on?
PATRICK
Dans une heure, on se réunit à ia taverne deSt-Patrick, mon patron et le patron de l’Irlande ! De fa, on doit se rendre, aux
LE DOYEN DE SAINT-PATRICK
flambeaux, auprès du gouverneur et le sommer... d’appuyer nos réclamations. . . Si vous étiez à notre tête !. . .
VUFT.
J’y serai!...
PATRICK
Oh ! monsieur. . vous êtes un grand homme!
SWIFT, avec amertume.
Je suis un homme heureux, surtout !... je réussis dans tout ce que j’entreprends... (La porte s’ouvre.) Voilà ces dames et Tisdal... Laisse-moi... dans une heure j’irai vous rejoindre.
(Patrick sort.)