AVANT-PROPOS
L’homœopathie est arrivée, ce semble, à un moment où il peut lui être très utile de se rendre compte de ce quelle a fait, des idées qu’elle a été amenée à étudier. Le point où elle en est, la ligne de conduite qu’elle doit suivre maintenant sont en grande partie dominés, ou du moins peuvent être éclairés par un retour sur ce que notre école a déjà produit, surtout à ses débuts. Ce serait certainement commettre une grave irrévérence, et méconnaître la vérité des situations, que de traiter l’homœopathie comme une personne dont on inventorie les frustes après décès. Mais on ne saurait d’ailleurs méconnaître que l’homœopathie entre dans une phase nouvelle. L’idée de génie de Hunter reprise et fouillée avec tant d’ardeur par Hahnemann et ses disciples, s est infiltrée peu à peu dans les esprits ; autrefois méconnue et méprisée, il est peu de personnes clairvoyantes qui ne lui rendent hommage. Mais, ce n’est point tout, cette idée entraîne avec elle une étude toute nouvelle des médicaments, et on ne saurait récuser le profond travail qui a changé et tend à transformer complètement la matière médicale. Non seulement les vues générales de la science sont changées, mais la matière scientifique elle-même est toute différente. Que de médicaments nouveaux et d’indications nouvelles qui nousontété empruntés? Quels changements en résulteront pour la médecine ancienne et pour l’homœopathie ellemême,qui se trouve ainsi infiltrée par voie d’emprunt dans un courant dont elle tend à changer les procédés et les manières ? La question vaut la peine d’être entrevue.
Dufresne. ^
Parmi les hommes qui ont joué un grand rôle autour de Hahnemann, soit pour propager, soit pour interpréter sa pensée, il en est peu qui aient laissé le souvenir de leur travail comme M. Dufresne, pè^e de notre confyère, le fondateur avec le Peschier de la Bihliothèque (je Genève.. Son fils nous rend un grand service en nous faisant connaître tous les. points sur lesquels nos anciens étaient soucieux de mûrir et d’éçlairer leur pensée. Des lecteurs de XA^i médAcal ne peuvent que trouver un gçand intérêt à la lecture de ces pages, dans lesquelles revit à notre esprit tout le travail de cette époque curieuse à laquelle Hahnemann apparaissait soulevant tant d animo^ si:té chez les uns, tant d’enthousiasme chez les autres, tant de réserves chez le plus grand nonibre. Plusieuifs questions à peine entrevues sont encore dans 1 obscurité des pénombres scientifiques, et d’autres,, comme celles des virus que le pastorisme est entrain de mener avec tant d’incompétence, se réprésentent encore comme elles pouvaient l’être.
Lorsqu’après 1830, Héring étudiait le venin du lachesis, et que peu après Dufresne s’occupait du virus chajthonnemt, le. sens de leurs travaux était bien plus médical, plus scientifique et plus pratique que ce que nous donnent lesi expérimentations les plus récentes.
Nous ne voulons pas défraîchir ce curieux et intéressant travail, même en l’analysant ; nous lui laissons toute sa fraîcheur et remercions notre confrère de nous l’avoir donné.
D' Frédaulx.
NOTICE BIOORÀPUIQUE