SCÈNE II
Les Mêmes, LESQUINADE.
Tiens! te voilà, Lesquinade? Pourquoi dis-tu notre barque?
LESQUINADE.
Par politesse, maître André; car je pourrais dire tout comme, vous : ma barque, et j’en suis plus inquiet que vous. Prêlez-moi
LE DRAC
Un peu la lunette. (Il la lui prend des mains, passe devant lui et regarde au fond.)
ANDRÉ
Ah çà! qu’est- ce quo tu chantes?
LESQUINADE.
Maître André, c’est demain la Saint-Michel.
ANDRÉ
Aïe!
LESQUINADE.
Vous vous rappelez nos petites conventions? Vous êtes un pêcheur ambitieux, maitre André, vous avez voulu avoir une barque neuve, je vous ai avancé pour la construction un assez joli denier, mais la chose est restée mon gage, et, si demain je ne suis pas payé, elle est à moi. (Regardant avec la lunette.) Mille z’yeux! c’est que je ne la vois pas !
ANDRÉ
Lesquinade, le père Bosc m’a dit...
LESQUINADE.
Oh ! je sais... il vous a dit que depuis dix-huit mois vous mo payez la redevance de la moitié de votre pêche, que ça fait l’un dans l’autre trois livres par jour, et que, par conséquent, je suis déjà plus que remboursé. Eh bien, le père Bosc est un vieil âne! les intérêts et le capital, c’est deux! J’ai votre billet, le terme est demain, et si vous n’avez pas mon argent...
ANDRÉ
Allons! tu me donneras encore du temps, Lesquinade.
LESQUINADE.
Pour ça, vous savez mes conditions : la jolie Francine, ici présente, et qui ne m’a seulement pas regardé, la jolie Francine m’épousera et m’aimera, à l’encontre et au- détriment do son Bernard envolé...
pn ANCINE.
Lesquinade!