‹ Le Drainage de la Grande Cavité Pleurale dans l'EmpyèmeChapitre 9 sur 12 · TECHNIQUE PROPREMENT DITE · texte numérisé non relu

TECHNIQUE PROPREMENT DITE

Anesthésie. — L'’anesthésie générale n’est pas nécessaire. M. Bouveret le remarquait déjà : « La pleurotomie, dit-il, n’est ni très longue, ni très douloureuse, tous nos opérés l’ont fort bien supportée et aucun d'eux ne fut anesthésié!. »

! Bouveret, loc. cit., p. 169.

En tous cas, l’anesthésie générale doit être absolument proscrite si le sujet est porteur de lésions pulmonaires en activité. Toute lésion cardiaque sera de même une contrè-indication formelle. Dans ces cas, et ils seront très fréquents, l’anesthésie locale donne des résultats très satisfaisants, non seulement pour la simple pleurotomie, mais aussi pour pratiquer la résection costale.

Ponction exploratrice.— Afin d’avoir déjà un certain nombre d'indications sur l’état de la cavité pleurale, la présence et l'aspect du pus, le cloisonnement de l’épanchement, il est nécessaire de faire une ou plusieurs ponctions exploratrices avant l’opération. Cette ponction sera faite avec une aiguille d’un calibre suffisant pour laisser passer le pus, même granuleux. Le lieu choisi est la ligne axillaire postérieure dans les VIF, VIII ou IX° espaces.

Pleurotomie évacuatrice et exploratrice.

— Cette pleurotomie se fera sur la ligne axillare postérieure dans les VITT® ou IX° espaces. A ce niveau, en effet, on peut intervenir en toute tranquillité, ‘le cul-de-sac costo-diaphragmatique ne remontant jamais jusqu’à cette hauteur.

L’incision de la peau sera faite au bistouri, seul instrument qui convienne (le thermocautère devant être absolument rejeté).

Cette incision aura de 3 à 6 centimètres et sera menée parallèlement à l’espace Imtercostal au niveau du bord supérieur de la côte inférieure, de manière à

DD ee éviter la blessure du paquet vasculo-nerveux qui suit, on le sait, la gouttière du bord inférieur. |

Cette incision suivant l’espace iIntercostal ne sera pas “horizontale, maislégèrement obliqueen baseten dehors.

Il n’est pas indiqué de réséquer alors une côte, car cette incision a pour but de permettre non pas un drainage définitif de la cavité pleurale, mais simplement une exploration une fois que le liquide purulent aura été évacué.

Une fois les parties molles imcisées couche par couche, on arrive sur la plèvre et après y avoir fait une boutonnière au moyen du bistouri, on agrandit l’ouverture au moyen du dilatateur-gouttière de Tripier. La pointe de cet instrument étant mousse permet d'éviter ainsi des effractions dangereuses; et, en écartant plus ou moins les branches du dilatateur, on règle l’évacuation du pus de manière à éviter les accidents de décompression brusque.

Ces accidents consistent le plus souvent en accès dyspnéiques plus ou moins violents, accompagnés parfois de syncopes mortelles. On a noté aussi un certain nombre de phénomènes que l’on a réunis sous le nom d’éclampsie pleurale; enfin, on à vu aussi des hémiplégies transitoires.

Le pus évacué, on procède alors à l'exploration de la cavité pleurale.

On commence par introduire un doigt dans l’orifice pleural; la face palmaire regardant les côtes, on cherche à attemdre le fond du cul-de-sac. En général, le doigt n’est pas suffisamment long pour y arriver, et on est obligé de se servir d’une pince,

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