‹ Le drame chinoisChapitre 8 sur 58 · A,-R. Colquhoun, China in transformation, tp · texte numérisé non relu

A,-R. Colquhoun, China in transformation, tp

32 LE DBAMK CHINOIS.

ser une année eaus arr&cher, sous forme de cessions ou de concessiouB, une ou plusieurs écailles au vieux dragon chinois. Politique, à vrai dire, conduite de façon plutôt incohérente et spasniodiqne, avec des alternatives de violence et de câlineries obséquieuses. Le Chinois, observateur très fin, avec ou sans besicles, a vite découvert le point faible de cette politique d'équilibre instable oîi les compétitions aboutissent à des compensations que l'or^ s'assure à ses dépens. Il discerne, à travers la grandiloquence des traités, le choc des intércts, les vues secrètes, le dessous des choses et le ressort invisible. Mais, lorsque le mouvement enveloppant se précipite, quand il croit voir les Oflutumes, les idées sur lesquelles il a si longtemps vécu, ses méthodes, ses procédés de travail, toute sou organisation économique et sociale à la veille d'être bouleversés bous la poussée impitoyable, lorsqu'il entend discuter ouvertement par les chancelleries et par les publicistes du monde entier le partage éventuel de son pays, alors le mépris d'antan devient colère et sa haine sauvage n'attend, pour frapper, que l'occasion propice, un geste, un signal venu de haut. Le signal a été donné.

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LES CAUSES ELOIGNEES. 33

Telle est, crojons-noua, sommairement- notée, la gamme ascendante du Bentiment climois TiB-à-vis de l'étranger : indifférence dédaigneuBe, défiance, mépris, antipathie, animosité sourde, exécration.

Qu'est devenu le prestige ancien ? Qu'il est loin, le temps des impériales faveurs, des honneurs rendus à ■ ceux qui viennent de loin i, le temps des éloges funèbres que l'empereur libellait de sa main pour figurer au-dessus du catafalque d'un maître révéré ! Aujourd'hui, si la cour songe à faire porter quelque insigne aux obsèques d'un étranger de marque, ce n'est point, tracé sur satin jaune par un augfuste pinceau, le panégyrique ému du mort ; c'est sa défroque sanglante, c'est sa tête au bout d'un pieu !

MÀBCBL UOKNIER.

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