Du Halde. — DescHplion de la Ckine. T. III
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LES CAUSES ELOIGNEES. 29
constant dans le travail et toujours égal à luimême >. Devant le catafalque paraieaait le portrait du défunt avec l'éloge composé par Xang-Hi et écrit sur une grande pièce de satin jaune. Derrière le cercueil venaient l'oncle de l'empereur, un gentilhomme de la chambre, cinq officiers du palais et une foule de seigneurs à cheval. Cinquante cavaliers fermaient la marche *.
C'est dans le courant de cette même année (1688) que Louis XIT adresse à Kang-Hi la lettre fameuse où il le traite de a très haut, très excellent, très puissant et très magnanime ami >, lettre écrite de sa main et signée : f Votre très cher et bon ami, Louis, b Ce document inaugure, sinon les relations de la France avec la Chine, car ces relations sont déjà vieilles, du moins les relations officielles, l'affirmation de la politique française dans les afiaires d'Extrême-Orient, c Les relaHous de la France avec la Chine, écrit M. Archibald Colquhoun ^, ont été considérables. C'est principalement aux missionnaires français que la Chine doit sa première connaissance de l'Occident et l'Occident les plus anciens ren-
30 LE DBAME CHINOIS.
Belgnemeiits relatifs à la Chine. Jamais un gouvernement français n'envoya, comme d'autres l'ont fait, une mission à Pékin dans le seul but d'obtenir des avantages commerciaux, mais dès l'année 1289 Philippe le Bel recevait des lettres lui suggérant le plan d'une action commune avec la Chine et la Perse contre leurs ennemis, les Sarrasins. >
On faisait alors, ou l'oa essayait de faire, en Orient, de la politique avec, peut-être, l'arrière-peneée de nouer plus tard, sous le couvert de la politique, les relations commerciales.
Dorénavant, tout va changer. Une nouvelle écolo renversera les termes de la proposition. C'est sous le couvert du commerce que les nations occidentales s'efforceront d'étendre leur influence politique en Chine. Il est permis de se demander si le procédé était judicieusement choisi et de nature à grandir le prestige européen dans un pays, foncièrement commerçant à la vérité, mais où pourtant le commerce est l'objet du plus profond mépris de la part des classes dirigeantes, âti le lettré le plus infime considère de très haut le marchand, si opulent soit-il.
Dès ce moment commence, avec l'entrée en scène de VEost India company, la longue et
liUTOiliante période des conflits entre mandarîiiB et subi'écargueB, dans lesquels ceux-ci finisseut régulièrement par avoir le dessons, satisfaits malgré tout d'un modus vivendi où la cupidité du traitant, à défaut de la dignité de l'Européen, trouvait sou compte, i Fendant plus de deux siècles, les relations générales de la Compagnie des Indes orientales avec le gouvernement chinois furent celles du trafiquant qui supplie et reconnaît très humblement l'autorité suprême du Fils du Ciel. Certes, les Chinois n'ont guère eu l'occasion de voir l'étranger sous son beau côté. Il leur est apparu soua l'aspect d'un être possédé par une seule pensée : gagner de l'argent dans le commerce, en gagner à tout prix, comme une nature grossière adonnée aux plaisirs matériels, une âme vulgaire et vicieuse, incapable d'apprécier dans la Chine sa philosophie, sa littérature ou son histoire et ne connaissant pas même les lois les plus élémentaires de Tétiquette chinoise *■. ■
L'Europe, cependant, perd patience, fait sentir aa force ; elle exige, elle obtient l'ouverture de ports. Il est rare qu'elle laisse pas-