‹ Le drame chrétien au moyen âgeChapitre 20 sur 58 · LE MYSTERE DE LA NATIVITE · texte numérisé non relu

LE MYSTERE DE LA NATIVITE

« et nous avons ouï les chœurs des anges louant « le Sauveur. »

La scène des Bergers, que nous venons de citer, est comme intercalée dans la scène des Mages. C'est au début de celle-ci, à propos de rétoile miraculeuse, que s'étale la science astronomique et astrologique de nos jeunes clercs.

« Que Joseph soit auprès du lit de Marie, dit '< la rubrique, en vêtements convenables et avec « une grande barbe. Quand Jésus est né, que « l'étoile apparaisse et que le chœur entonne cette « antienne:

a Le Christ est né aujourd'hui... «

<c Ce chant fini, que l'étoile donc apparaisse. « A sa vue, que les trois rois, de diverses parties « du monde, viennent l'un vers l'autre, en s'éton- « nant de l'apparition d'une telle étoile. Que le « premier dise :

« Je suis tiré çà et là par les soucis, comme le « voyageur dans un carrefour. Mon esprit et ma « raison font naufrage à la vue de cette étoile. « Inconnue jusqu'à ce jour, son apparition doit « marquer une grande nouveauté.

« J'ai étudié les astres, leurs natures et leurs <( cours divers, et je sais parfaitement en recoure naître le nombre. Mais, quand je considère « celle-ci, je suis de plus en plus étonné, car au-

I lO CYCLE DE NOËL.

« cun des anciens ne l'a jamais vue paraître.

« Quand la Lune souffre une éclipse, et toi, « Soleil, quand ta lumière est obscurcie, je n'en « suis point étonné. Je sais quel est l'effet de Stil- « bon, qui accompagne Vénus; je puis dire à « quel degré. Mars, tu dois être surtout appelé « nuisible. La doctrine de l'antique philosophie « m'a fait connaître tout cela.

« Mais je demeure sans voix devant cette ra- « dieuse étoile; j'en ignore la signification. Pour- « tant, voici qu'une méditation plus attentive « m'apprend, seule conjecture que j'approuve, « qu'un enfant est né à qui le monde obéira, dQ- « vant qui l'univers sera en crainte. »

Les deux autres mages ne se montrent pas moins savants que le premier. De même dans les paroles chantées par le chœur de courtisans qui accompagnent le roi d'Egypte, lequel a place dans notre drame, à cause de la fuite de la Sainte Famille dans ce pays, de même, dis-je, dans ces paroles, les étudiants qui formaient le chœur donnent libre carrière à leurs souvenirs de classe :

« Pressés par la soif de la science, courez à la i( fontaine de la philosophie; buvez aux sept ruis- « seaux dont la saveur est tripartite. Ils sortent « d'une source unique, mais chacun d'eux suit « sa voie.

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