‹ Le drame chrétien au moyen âgeChapitre 41 sur 58 · DRAME LITURGIQUE · texte numérisé non relu

DRAME LITURGIQUE

Le lundi de Pâques, à vêpres, deux prêtres du second rang, vêtus de tuniques et par-dessus de chapes posées en manière de manteaux, portant comme les pèlerins des bâtons et des besaces, avec des bonnets de voyageurs et de longues barbes, sortent de la sacristie, et par le bas-côté, à droite de l'église, se dirigent vers la grande porte occidentale en chantant :

O Jésus, notre délivrance, Notre amour et notre désir, Dieu, de qui tout a pris naissance, Homme, qui viendras tout finir ;

Quelle pitié surnaturelle A nos crimes liant ton sort, Te voue à une mort cruelle

Pour nous délivrer de la mort ?

L'enfer de sa caverne noire Voyant ses captifs arrachés.

l82 CYCLE DE PAQUES.

En vain gëmit de ta victoire Sur les peines et les péchés;

Plus rapide que la lumière Dans les cieux aux mortels ouverts Tu prends place à droite du Père, De là tu régis l'univers.

Du haut de ta gloire infinie Prends en pitié ton peuple errant Parmi les douleurs de la vie ; Il a faim et soif, rassasie Tous ses désirs en te montrant...

Comme ils achèvent ce dernier vers, un troisième voyageur se place tout à coup au milieu d'eux. C'est un prêtre du premier rang, vêtu de l'aube et de l'amict, portant aussi un bâton et une besace, et sur la tête un bonnet de pèlerin, mais pieds nus, qui, sorti après eux de la sacristie, les a lentement suivis, le front baissé, dans leur marche à travers l'église. Il les rejoint donc près de la porte occidentale, et il leur dit :

« Quelles sont ces paroles que vous vous « adressez ainsi l'un à l'autre en marchant ? « Pourquoi êtes-vous tristes ? »

L'un d'entre eux, qui est le disciple Cléophas, lui répond seul d'abord :

« Es-tu seul si étranger dans Jérusalem, que tu « ne saches point les événements qui s'y sont « passés en ces jours ? »

LE VOYAGEUR

LE VOYAGEUR

« Quels ?

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