LA NUIT DE PAQUES. I
LES ANGES
Douce dame, qui ici venez
Et qui si fort vous lamentez, Je sais bien que c'est Jésus que vous allez cherchant. Et qu'à cause de lui vous souffrez un tel tourment.
LA MADELEINE
J'ai le cœur de douleur abreuvé ; Ils m'ont bien vite séparé de mon Seigneur, Ceux qui l'ont à la mort livré.
Infortunée !
Ta mort au cœur grand deuil me fixe.
LES ANGES
Douce dame, ne pleurez plus :
Notre-Seigneur, le roi Jésus, Prochainement viendra à toi, Votre grand deuil s'allégera.
LA MADELEINE
Hélas ! en quel lieu dois-je trouver Celui qui mérite tant d'être aimé ?
Le chercherai-je au delà de la mer?
Infortunée !
Ta mort au cœur grand deuil me fixe.
LES ANGES
Bonnes nouvelles je vous apporte ; Il est ressuscité de la mort, Jésus-Christ, le doux fils de Marie.
Ne pleurez plus, ma douce amie.
LA MADELEINE
Ce n'est pas merveille si je pleure,
l8o CYCLE DE PAQUES.
Car j'ai perdu mon doux Seigneur Qui avait pitié de mes douleurs.
Infortunée ! Ta mort au cœur grand deuil me fixe.
De tels divertissements n'étaient pas, ce me semble, déplacés dans une abbaye de religieuses, de telles paroles convenaient à d'innocentes lèvres. Malgré la faiblesse du style, ces vers, en fin de compte, me paraissent touchants encore. On y entend battre, après tant d'années, les chastes coeurs de celles qui les chantaient.
LE VOYAGEUR
LE VOYAGEUR