‹ Le drame d'Alexandre DumasChapitre 143 sur 309 · VAlchimiste (Th., VI), I, se. iv, p · texte numérisé non relu

VAlchimiste (Th., VI), I, se. iv, p

Ces rubis, pour garder leurs reflets précieux. Madame, à votre front sont trop près de ros yeux.

Cf. III, se. iT, p. 252 et toute la scène.

2. L'Alchimiste, III, se. i, p. 240. Joli couplet, très joli, sur le : vous et le : tu. Cf. III, se. ii, p. 244. Cf. II, se. m, p. 231 : spirituel récit de Lelio, fort bien conduit. « La scène est en Espagne », etc. Ce rôle de Lelio est pimpant.

3. L'Alchimiste, V, se. i.\, pp. 285 sqq. C'est d'ailleurs le dénoùment de Catherine Howard. Exécution publique, torches, bannières de la Vierge : souvenirs, comme j'ai dit, du dénoùment de Marie Stuart. Et c'est pourquoi la scène ressemble un peu à la dernière de Marina Faliero. Rencontre de souvenirs.

4. L'Alchimiste, III, se. m, pp. 246-247. Cf. Timon d'Athènes, J, se. I.

5. Au Iir acte, bal masqué. Cf. le I de la Conjuration de Fiesque.

mettre à profit Marion de Lorine '. Au reste, cette pièce, d'une fantaisie invraisemblable, n'est pas d'ensemble. Imaginez Monte-Cristo versilié, avec des prétentions à la grande tragédie. Le vers, disait Stendhal, n'est souvent qu'un cache-sottise. Il est manifeste que Dumas ne s'en doutait point en écrivant l'Alchimiste.

Il y a aussi de beaux vers, et spirituels, et pittoresques, et passionnés dans Caligula. Il y en a; je le réjîéte pour les incrédules, moutons de Panurge, qui suivent aveuglément l'opinion commune. Destinée au cirque Franconi, celte pièce devint un drame tragique : le principal rôle était distribué à un cheval bien dressé ^ ; de la haute école Dumas s'élève jusqu'au sublime de Polyeucte sans sourciller. Avec quelques couplets de facture on en faisait une opérette; avec quelques décors et quelques machines de plus, une féerie : l'auteur est homme de ressources. Par malheur, il n'avait qu'un moyen très imprévu de manquer son coup : d'une pièce de cirque il fit une tragédie.

Tout ce qu'il a pu glaner dans Suétone de détails pittoresques ou amusants, tout ce qui, ayant frappé son imagination, doit plaire aux yeux, y est ajusté avec bonhomie et traité avec esprit. Cela ne dépasse point les limites du drame populaire. Il veut atteler des chevaux au char de Caligula; il s'étonne que la Comédie- Française se refuse à cette exhibition et allègue que les maîtres tragiques n'amenaient point de chevaux sur la scène ^. En effet, il s'est trompé de théâtre. Il nous

1. VAlcIiimistc, V, se. iv, p. 278. Le podestat met à lu grâce de Fasio la même condition que Laffeaias à celle de Didier. Marion de Lorme, 111, se. x, p. 268.

2. Souvenirs dramatiques, t. I. Mon Odyssée à la Comédie- Française, § XII, p. 252.

3. Souvenirs dramatiques, t. I. Mon Odysée à la Comcdie Française, 2 xii, p. 2G0.

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con(ie qu'il est allé étudier l'antiquité sur place, l'antiquité archéologique, historique, oflicielle, et l'autre. [L'autre., n'est-il pas admirable ?) Il y paraît à la mise en scène. Nous voyons la boutique d'un barbier et la chambre à coucher de Caligula; nous voyons presque celle de Messaline. Tout ce qui concerne le spectacle, tout ce qui offre un intérêt de curiosité ou d'intimité alléchante, y est représenté avec adresse. Le drame tragique se ra])proche de son origine, qui est le musée de Walter Scott, et déjà touche à sa fin, qui est la pièce à restitutions archéologiques de M. Victorien Sardou. Pour ce qui est d'une tragédie, même modernisée, et de l'art tragique en sa simplicité grande, même rajeuni, n'en parlons point.

Ne parlons pas davantage des idées de la Préface ; il est entendu qu'elles ne sont pas dans la pièce. Ces romantiques se grisent d'avant-propos, comme leurs pères s'enivraient de proclamations. L'afliche même fait illusion : Caligula n'est qu'une pièce à décors, en vers, corsée d'un mélodrame très implexe. Le paganisme y est figuré par Messaline et Caligula; le christianisme par Stella et Aquila. Chéréa, le conspirateur, n'est autre que Fiesque. Polyeucte voisine avec Britannicus. Je note au IV^ acte une scène de la « porte diflicile » déjà vue dans Henri III ». II est vrai que, dans la même scène, Stella, qui pense avoir converti Aquila, éprouve que cette conversion inspire au néophyte de singuliers désirs. Et il est certain aussi qu'on regrette la plume subtile qui écrivit l'Abbesse de Jouarre. La mythologie se marie au christianisme et aux légendes provençales; les invraisemblances se confondent dans ce pêle-mêle. Ce ne sont que tableaux immenses, couplets sans fin, tapisseries de haute lisse,

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