‹ Le drame d'Alexandre DumasChapitre 172 sur 309 · Calmann Lévy, éditeur. Nouvelle collection Michel Lévy · texte numérisé non relu

Calmann Lévy, éditeur. Nouvelle collection Michel Lévy

2. Dumas indique dans ses Mémoires, t. IX, ch. ccxxxvi, p. 202, qu'un certain Fourcade était venu, quelques jours avant que Harel lui parlât du manuscrit de Gaillardet, lui proposer le sujet de Marguerite de Bourgogne. Roger de Beauvoir était ami de Dumas; il est certain que, de ce côté-là aussi, il a eu des propositions; voir ibid., p. 202. « Je ne puis le prendre, répond-il d'abord à Harel, j'ai refusé, l'autre jour, de le traiter à quelqu'un qui me l'offrait. — Et pourquoi cela? — Parce qu'un de mes amis, qui, je crois, a beaucoup plus d'esprit que vous, ce qui n'est pas peu dire, en fait un drame. — Qui donc ? — Roger de Beauvoir. — Vous vous trompez ! G est un roman

c'est la comparaison qu'on en peut faire et les éclaircissements (ju'on en doit tirer. Le romancier ne manque pas d'imagination. Il possède même tout justement celle qui plaît aux romantiques, et qui consiste à ranimer la couleur d'une époque. Il a des visions, mais confuses; le xn*" siècle ne ressuscite pas, il grouille. Il y a, dans ces peintures, de l'énorme et du minutieux, de l'éclat et peu de clarté. Il y manque du jour et de la vie. Tout cela est badigeonné consciencieusement, réchampi, et à pièces l'apportées. L'auteur s'est employé, échaufTé tant qu'il a pu; mais c'est une tour de Babel, et non point la Tour de Nesle. Il allègue des textes très anciens en des notes très compendieuses *. Il est proprement ce qu'il reproche à d'autres, un « artisan de fouilles historiques », qui se fait « caduc à plaisir », et « ride son style au point d'effrayer parfois l'intelligence du lecteur- ». Cet air de science et conscience n'est que le prétexte d'une truculente fantaisie. Walter Scott semble peu documenté et Dumas fade auprès de Roger de Beauvoir.

Dumas a le génie du drame et la mesure du théâtre; deux exemples tirés du roman suffisent à le mettre en évidence.

L'écolier de Cluny, Buridan, poursuivi par le guet

intitulé r Écolier de Cluny. » Voir même affirmation, ch. ccxxxiv, p. 163.

Voir pour toute cette question de la Tour de Nesle, sources, succès, procès, duel, Mes mémoires, t. IX, ch. ccxxxv-v-vi-vii, pp. 126-234. De toutes les pièces citées par Dumas il me semble résulter qu'en somme il fut de bonne foi, et qu'Harel fut seul coupable de trop d'habileté : c'était Mascarille à la direclioa d'un théâtre.

1. Pour les sources de la pièce, cf. notes de l'Ecolier de Cluny et l'article publié par Gaillardet dans le Musée des familles et cité par Dumas, Mes mémoires, t. IX, ch. ccxixvr. pp. 193-rjll.

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