‹ Le drame d'Alexandre DumasChapitre 19 sur 309 · Ibid., Y, se. XIV, p · texte numérisé non relu

Ibid., Y, se. XIV, p

3. Nachtruge zu Schillers sumintlichen Werken, von Eduard Boas, dritter Band, Stuttgart, 1828, Seit. 47-227. Die Verschwôrung des Fiesko, Buhnenbearbeitung.

métier, qui fut probablement Dalberg, directeur du théâtre local. Fiesque n'est plus ambitieux; il ne veut plus régner sur Gênes; il n'est plus jaloux de sa femme; la scène du mouchoir, que Dumas utilisera dans Henri III, a disparu. Les conjurés sont tous des héros; Sacco n'a plus de dettes; Rertha ne subit plus les derniers outrages, à peine les premiers; Julie est humiliée seulement devant la comtesse de Lavagna, qu'elle a voulu empoisonner : et cela est bien ainsi. Fiesque ne meurt plus, ni Léonore ', pas même le nègre, qui va se faire pendre ailleurs. Personne ne meurt plus, sauf Gianettino, pour l'exemple. Mais, dites-vous, que fait-on de l'histoire? Que devient le drame ? On trouvera dans V Appendice quelques lignes où Schiller tranche net sur le premier point. « Je ne suis pas, dit-il, l'historien de Fiesque. » Pour le drame, il fallait sans doute qu'il fût jouable pour être joué.

Dumas n'a pas connu le remaniement de Manheim. Il a travaillé sur une traduction du texte de 1783. Voyons donc l'auteur de la Noce et l'Enterrement aux prises avec cette œuvre, dont les défauts le passionnent au moins autant que les qualités.

D'instinct il fait entrer de l'air en cette énorme machine. 11 diminue le nombre des ])ersonnages; il leur choisit des noms moins rares : Horatio, Lorenzo, ou plus à la mode : Manfredi. De Bertha il fait Berthe, à la française. Il émonde, supj)rime, allège, évite la plupart des changements de lieu, et imprime à son drame le mouvement dramatique. 11 réunit les lils de l'intrigue; il resserre en une seule les scènes dispersées; il concentre l'intérêt sur le personnage prin-

1, Schiller a supprimé cette mascarade de la fin, où Léonore, habillée en homme, ramassait le manteau écarlate de Gianettino et se faisait tuer par Fiesque, sous ce déguisement. (V, se. xi, p. 336.1

cipal. Dans le premier acte interminable de Schiller il taille, coupe, rogne, met Fiesque au premier ])lan; il fait la lumière sur ce rôle double, aussitôt après la première entrevue avec Yerrina (I, x) :

Républiraîn austère,

Rien ne peut donc fléchir ton âpre caractère?

Tu ne saurais plier sous mes efforts constans;

Tu jiars,... trompé comme eux... tu pars, il était tems!...

Va... tu t'es su choisir le moins pénible rôle;

11 est bien fatigant d'être toujours frivole i.

Fiesque insiste sur l'énergie qu'il lui faut dépenser en cette patriotique tromperie, et sur la vertu nécessaire pour jouer ce personnage :

A subir le mépris contraindre son courage, De son luxe tenir tout un peuple occupé, Sexposer à mourir sans l'avoir détrompé -...

Pour nous édifier entièrement sur l'apparente équivoque du caractère, Dumas coupe le premier acte après la scène ix de Schiller, celle où le nègre tente d'assassiner Fiesque au profit du Gianettino (devenu Horatio), neveu de Doria. Il rejette tout le reste, le viol de Bertha, la colère de Verrina à l'acte II; ainsi, Fiesque occupe le centre de la scène ; la perspective s'établit sur le théâtre, et le protagoniste nous est d'abord révélé en sa sympathique du])licité. Et pour finir cet acte I, selon la formule romantique (cf. i/enr////; Hernani), l'ambitieux déclame, sans plus attendre, en une sorte d'extase ou d'élévation, le monologue que Schiller avait placé beaucoup plus loin (III, ii.) J'en cite quelques vers d'un large mouvement et d'une libre imitation :

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