‹ Le drame d'Alexandre DumasChapitre 291 sur 309 · La Princesse de Bagdad, I, se. ii, p · texte numérisé non relu

La Princesse de Bagdad, I, se. ii, p

toujours été; assez au moins pour épouser sa femme : elle-même en convient'. Il n'a pas de génie, il est même un peu sot (l'observation ne perd pas ses droits); mais il y supplée par tout ce qui peut y suppléer en ces affaires : l'ardeur et la vigueur. L'autre, le nabab, l'amant magnifique est encore plus frénétique en dedans. C'est Antony et Dantès fondus ensemble. Antony casse les vitres; Nourvady les remet à neuf. 11 a une manière à lui de sauver la vie à une femme et de la déshonorer, que sa fortune lui permet, et dont la fantaisie a quelque chose de l'héroïsme. Il est plus positif, sachant altendre son heure. Il règle les créanciers, comme il arrêterait l'attelage emporté. Il le dit, et il y faut souscrire. « Si je vous avais vue, emportée par votre cheval, vous aurais-je demandé la permission do vous porter secours? Je me serais jeté à la tête de votre cheval et je vous aurais sauvée, ou il m'aurait passé sur le corps. Si je vous avais sauvé la vie et que j'eusse survécu, vous m'auriez peut-être aimé pour cet acte héroïque-. )) Il a encore de bonnes paroles, sous lesquelles frémissent les désirs dont pâtit Adèle : « Est-ce bien une femme de votre supériorité qui parle des convenances du monde? Les femmes comme vous ne sont -elles pas au-dessus de tout cela? Non, vous le savez bien, les convenances et la dignité ne sont plus rien, quand la passion ou la nécessité commande^. » Et puis, comme Antony, cet amant est animé d'une passion tenace jusqu'après la mort. Pour s'assurer l'amour de sa maîtresse dans l'éternité, l'un la poignarde, l'autre lui lègue sa fortune *. Ici Dumas fils se retrouve, logique et sensible. Nourvady baise les bras nus de Lionnette,

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