MAURE
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Dispu
ait sa
caverne et portait'
le trépas !
Oh ! (jiic de fois le Maure, an sein de l'esclavage. Dans un rêve trompeur retrouva son rivage, Sentit le flot s'ouvrir devant ses bras nerveux Et le vent du désert passer dans ses cheveux...
(Manuscrit inédit de Fiesque de Lavagna, I, se. ii.)
On distingue dans ces vers les difféi-enls motifs du rôle d'Yaqoub, — la chasse, souvenirs du désert, poésie du Zingaro. Dans le texte de Schiller, le nègre dit seulement : « On ne peut pas me pendre plus haut que la potence. — Non, console-toi ; on ne t'accrochera pas aux cornes de la lune, mais pourtant assez haut pour que de là le gibet ordinaire te paraisse un cure-dents. » [La Conj. de Fiesque à Gênes., I, se. ix, p. 221.) En sorte qu'au moment où il traduit le Fiesque de Schiller, Dumas se rappelle Walter Scott. (Cf. Quentin Dunvard, ch. xvi, p. 206 : « Sous les lois de qui vivez-vous? — Je n'obéis à personne qu'autant que c'est mon bon plaisir. — Mais qui est votre chef.' Qui vous commande? — Le père de notre tribu, si je veux bien lui obéir. Je ne reconnais pas de maître. — ... Que
vous rcste-t-il donc? — La liberté. Je ne rampe pas aux
pieds d'un autre. Je n'ai ni obéissance ni respect pour personne. Je vais où je veux, je vis comme je peux, et je meurs comme il le faut » ; et passim dans les ch. xvi et xxxiv.)
Si l'on songe que Scott a lu Schiller, que Dumas a lu l'un et l'autre, et qu'il avait d'ailleurs eu connaissance (voir ci-dessous, p. 203) d'une pièce entreprise sur le même sujet par Gérard de Nerval et Théophile Gautier, cela fait un agréable brouillamini.
1. Quentin Diirward, ch. xviii, p. 233, et xix, p. 261. Cf. la Tour de iXesle, II, tabl. m, se. m, pp. 32-33.
surtout le Château de Kenihvortli, h'anhoe, Quentin Durward, dont la lecture ne fut pas inutile. Dumas y revient volontiers : c'est son fonds de Scott, comme il a son fonds de Shakespeare, plus léger, et de Schiller, non moins exploitable.
On lui en lit lire un cinquième. Il nous a conté comment Beudin lui apporta un jour à Trouville une idée de pièce ou plutôt un prologue d'une pièce à faire '. Ce prologue était la mise à la scène du début d'une des Chroniques de la Canongate, qui a pour titre la Fille du chirurgien. Cela, Dumas l'avoue : il ne se donne même pas la peine de changer les noms du docteur Grey ni de Richard ^. Il nous explique avec verve la genèse du drame. Mais il ne nous dit pas que le reste de la même chronique lui a beaucoup fourni ^. Il est