Henri III et sa Cour, V, se. ii, p
3. Sur ce point Blaze de Bury, op. cit., est fort incomplet et léger dans ses affirmations, pp. 38 sqq.
4. La Conjuration de Fiesque, V, se. xvi, p. 347. Cf. C/iristine, prologue, p. 207.
INFLUENCES ALLEMANDES. lOl
S'avait dénoncé; La Gardie renvoie à Christine la lettre par laquelle Monaldeschi l'a trahie ^ La scène v du <|uatrième acte de Christine est traduite de la Mort de Wallenstciii, où Déveroux et Macdonald acceptent de tuer le chef. Dumas en a accéléré le mouvement, et conservé les traits essentiels. Clauter et Landini ne déguisent pas leurs réminiscences :
Voyons, doit-il périr? — Sa mort est décidée.
— Rien ne peut le sauver? — Rien. — Nous chang-eons d'idée -.
La fin du quatrième acte de Don Carlos a fourni à Dumas le principal ressort de sa tragédie : la lettre de Monaldeschi, qui trompe la confiance de Christine, a pu être inspirée de celle du marquis de Posa à Guillaume •d'Orange^. Les adieux du même Monaldeschi aux champs paternels sont une réminiscence de la Piicelle d'Orléans^. Quant au baron de Steinberg , grand maître de l'étiquette, c'est le maréchal de Kalb de l'Intrigue et C Amour, protocolier effaré : « Vous pardonnez, n'est-ce pas?.. Des affaires pressantes... Le menu du dîner... des cartes de visite... L'arrangement
1. La Conjuration de l'iesque à Gènes, IV, se. ix, p. 307. Cf. Christine, IV, se. m, p. 'iôit.
2. La Mort de Wallenstein, V, se. ii, pp. 542-5'iy. Schiller se souvient d'ailleurs de Shakespeare {Le roi Richard III, I, se. iv, pp. 103 sqq.). Peut-être pourrait-on trouver l'idée de la scène suivante de Christine, IV, se. vi, pp. 267-209, où les deux spadassins jouent aux dés le salaire, dans une pièce de Lope de Vega, V Hameçon de Phénice, I, se. ii, p. 18 (édit. Charpentier, trad. Damas-Hinard), où Fabio, Bernardo et Dinardo jouent à pile ou face lequel sera le maître des deux autres.
3. Christine, III, se. i, p. 241, et Don Carlos. IV, se. xxii, pp. 153-154, et IV, se. xix, p. 143 sqq., où la princesse d'Eboli joue le rôle de jalousie de Paula dans Christine.
4. La Pucelle d'Orléans (Th., III), prolog-ue, se. iv, p. 143 : « Adieu, montagnes »...et Christine, V, se. i (Th., III), p. 277 « Champs paternels... »
de divers groupes j)our la partie de traîneaux d'aujourd'hui. Ah! Et puis, il fallait bien que je fusse au lever pour annoncer à Son Altesse le temps qu'il fait '. » ici encore, c'est une convergence d'imitations : de Kalb, Steinberg, la Camerera mayor de Ruy Blas, laquelle est extraite toute vive d'une scène de Don Carlos ^ : plaisante lignée de l'infortuné Polonius malencontreusement tué par Haialet. Joignez que le page Arthur ayant réussi dans Henri III, Dumas ajoute, après coup, à sa tragédie le rôle de Paula^, le développe, fait de ce travesti une manière de caractère que Byron eût aimé, que Scott n'eût pas désavoué, et dont il faut chercher l'invention originale dans la scène de Don Carlos citée plus haut *. Les souvenirs se convient amicalement.
]N''oublions pas que Dumas est encore tout frémissant de ses lectures. Le rôle de Paula une fois établi, Monaldeschi se trouve entre elle et Christine dans la même posture que Leiçester entre Elisabeth et Marie Stuart^. Et il s'inspire du personnage de Leiçester. — Mais la même idée a été reprise de Schiller par Walter Scott dans le Château de KeniUvorth. — Mais n'avons-nous pas vu que c'est l'affaire de Richard Darlington de mettre en scène le dénoûment d'Amy
1. L'Intrigue et VAmoiir, I, se. vi. p. 380. Cf. Christine, I, i. p. 207 sqq. Cf. Hamlet, II, se. il, p. 226, la rhétorique courlisanesque de Polonius : « Votre noble fils est fou... etc. ».
2. Don Carlos. La duchesse d'Olivarez, I, se. m, pp. 13-17. Bill/ Blas, II, se. I, pp. 121-131.
3. Mes mémoires, t. Y, eh. cxiv, p. 30 : « Christine n'était point ce qu'elle est aujourd'hui... Elle ne renfermait pas le rôle de Paula .....