Les Brigands, V, se. i, p
pas de Dumas, comme on pourrait croire, mais de Schiller et de ses Brigands. Ajoutez quelques traits ramassés dans la Conjuration de Fiesque : « J'ai compté les deux cent vingt marches qu'ils ont descendues, les douze portes qu'ils ont ouvertes ' ». Schiller s'était contenté de « fermer au verrou huit chambres derrière nous; le soupçon ne peut nous approcher à cent pas ^». Au lieu (le huit portes, Buridan en met douze; au lieu de cent pas, deux cent vingt marches. Cela est mieux ainsi pour un capitaine d'aventures, qui a couru les cachots de l'Europe et qui fut de la Grande Armée. Rappellerai-je que Buridan est de Bohême, quand il lui plaît, qu'il lit dans les astres, dans la main, prédit l'avenir et s'acquitte agréablement de tout ce qui concerne son état, qu'il a appris de Ruggieri, lequel le tenait de Galeotti, disciple de Seni ^? — Nolons-le par surcroît et pour nous donner l'illusion de ne rien omettre. Car Dumas n'oublie rien, lui. Il se sert de Schiller, alors même qu'il senjble se régler sur Shakespeare, Seulement, à mesure qu'il s'éloigne de ses premières lectures et de ses enthousiasmes de jeunesse, ses réminiscences sont mieux assimilées. Il en retient surtout l'idée et le moyen scéniques. Il a un certain nombre de scènes d'emprunt, qu'il a faites siennes et qu'il reprend volontiers. Catherine Hoivard, c'est Richard Datlington, Richard métamorphosé en femme : souvemirs de Roméo et Juliette, inspiration de Macbetli, et encore, et surtout de Fiesque de Lavagna et de la veuve Imperiall. Pour le cinquième acte, voyez le dénoûment ■de Marie Stuart^. Mais, en même temps qu'il fourrage