‹ Le drame d'Alexandre DumasChapitre 99 sur 309 · Ruy B/as, I, se. ii, p · texte numérisé non relu

Ruy B/as, I, se. ii, p

3. Le Roi Richard III, IV, se. ii, p. 219. « Je connais un gentilhomme mécontent, dont les humbles moyens ne sont pas en rapport avec son orgueil : l'or vaudrait auprès de lui vingt orateurs, et le pousserait incontestablement à entreprendre quelque chose que ce fût. » Et ibid., p. 220. Mais la scène de Shakespeare est rapide. Il semble que Casimir Delavigne y ait mêlé le souvenir de Falstaff. Hugo en fait un « bandit », un « gueux », un picaro.

Ajouterai-je qu'on retrouve dans Ruy Blas (lY, i, 182) le page d'Henri III et sa Cour et de Don Carlos (voir plus haut, p. 99).

Cours, mon bon petit page, as-tu bien tout compris ?...

que la duègne (IV, se. iv, pp. 197 sqq) est une doublure de celle de la Tour de .\esle (I, tabl. i, se. m, pp. 10 sqq), laquelle est extraite de la CItronique du règne de Charles IX, ch. xiv, p. 221, où Dumas, il faut le dire, a trouvé exactement la situation qu'il mettait en scène : deux frères et un rendez-vous de nuit... N'oublions pas le prototype : Macette.

4. Voir Ernest Dupuy, Victor Hugo; l'homme et le poète; l'inspiration dramatique, ch. i, ii, m. pp. 135-175, surtout le chapitre III. C'est une étude excellente et d'un vrai poète qui aime, comprend, et sent le poète. L'auteur en vient d'ailleurs, avec

OÙ il abandonne le vers pour serrer de plus près la réalité, il écrit Lucrèce Borgia, Marie Tudor et Ângelo. Ne méprisons pas la chronologie : elle contient parfois de précieux enseignements. Lucrèce Borgia parut le 2 février 1833. Le 29 mai 1832, Dumas avait donné la Tour de Nesle. L'analogie des deux pièces ne nous saurait échapper : Marguerite et Lucrèce, l'inceste et la mère, la mère et l'inceste; festins, orgies à la Tour et chez la Negroni, les cadavres de la Seine et du Tibre; et le récit du début : « ... Cette nuit donc, un batelier du Tibre, qui s'était couché dans son bateau... C'était un peu au-dessous de l'église de Santo- Hieronimo. Il pouvait être cinq heures après minuit *... » Gennaro et Buridan, capitaines d'aventures, noms de guerre; Gubetta et Orsini, sinistres machinistes. Victor Hugo a repris le drame au point où Dumas l'avait laissé : « Malheureux! Malheureux! Je suis ta mère -! » Il a interverti les rôles et c'est le fils qui tue sa mère. Mais il n'a dédaigné ni les masques, ni les poignards, ni les poisons. Là, ces poisons « brisent les vases qui les renferment » ; ils « transpirent » ici « à travers les murs » du palais ducal ^. Hugo n'a rien épargné, sauf l'esprit. Si l'on veut voir à plein l'insuffisance de son talent dramatique, on peut comparer Lucrèce Borgia et la Tour de Nesle. A tout coup, la logique souffre, l'invraisemblance crie, depuis la scène où Lucrèce raconte à « Gubetta-poignard, à Gubetta-gibet » ses crimes et ses misères en

quelque ennui, à cette conclusion : « Ce qui peut arriver à ces pièces de moins Iieureux, cest qu'on les joue ». L'inspiration dramatique (ch. III, p. 159).

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