Paris, 1896, in
qui ont pu approcher Madame au moment de la mort, ou bien ont pu entendre des récits autorisés; 3° la correspondance officielle des cours de Londres et de Paris.
La première catégorie nous offre — nous sommes gâtés — cinq procès-verbaux ou rapports sur l’autopsie :
a. Le procès-verbal officiel signé des quinze médecins ou chirurgiens, tant français qu’anglais, qui assistèrent à l’autopsie L
b. La Relation de la maladie, mort et ouverture du corps de Madame , par M. l'abbé Bourdelot, médecin i 2. L’abbé Bourdelot était un des médecins français qui assistèrent à l’opération.
c. Le rapport de Vallot 3, médecin de la feue reine mère. Yallot était considéré comme l’une des sommités médicales de son temps. Il assista à l’autopsie parmi les médecins français. Son rapport fut officiellement porté à Londres par le maréchal de Bellefonds.
d. Le Mémoire d'un chirurgien du roy d' Angleterre
1. Ce document capital n’a encore été publié qu’en anglais par Mary-Anne Everett-Green, Lires of princesses of England (Londres, 1857, in-8), VI, 587-88. Ce texte n’a été utilisé que par très peu d’écrivains, et, à notre connaissance, par aucun
écrivain français. . ,
2. Publ. par Poncet de la Grave dans ses Mémoires intéressants pour servir à Phistoire de France (Paris, 1789, in-12), III, 411-18.
3. Daté de Versailles, 1" juillet 1670; publ. par Mrs Everett- Green, op. cit., VI, 589-90, et par Fr. Uavaisson, Archives de La Bastille, t. IV (Paris, 1870, in-8), p. 37-38.
qui a été présent à l’ouverture du corps *. Ce chirurgien s’appelait Alexandre Boscher.
e. La relation de Ilugh. Chamberlain 2, médecin ordinaire du roi d’Angleterre, qui assista également à l’opération. Ce document ainsi que le précédent sont extrêmement utiles pour contrôler la relation officielle et celle des médecins français. Quelques écrivains ont cru que Louis XIV, craignant une rupture avec l’Angleterre, avait dicté aux médecins français leur opinion. Boscher et Chamberlain représentaient, en toute indépendance, le gouvernement anglais.
A ces cinq documents, d’une authenticité indiscutée, on peut ajouter la notice insérée dans la Gazette du 5 juillet 1670, qui fut officiellement inspirée par les médecins de la Cour, et l’opinion du fameux Gui Patin3, doyen de l’Ecole de médecine de Paris, bien qu’il n’eût pas assisté à l’ouverture du corps.
Dans notre deuxième catégorie, relations de personnes qui ont pu approcher Madame au moment de la mort ou entendu des récits autorisés, il faut
1. Conservé en ms. à la Bibliothèque nationale, ms. franç. 17 032, f. 13-14, publ. par Everell-Green, loc. cit.
2. Datée du 30 juin 1670; publ. en anglais d’après l’original conservé aux archives de Londres, par Mrs Everett-Green, op. cit., VI, 588-89. €6110 relation, comme celle des quinze médecins et chirurgiens, n’a encore été utilisée par aucun écrivain français.
3. Lettre du 30 juillet 1070, imprimée dans la 2” édilion (la Haye, 1725, in-12) de sa Correspondance, t. 111, p. 392. L’édition des lettres de Gui Patin, donnée en 1846 par le Dr Réveil lë- Parise (3 vol. in-8), n’a pas reproduit ce document important.
citer en première ligne la relation de la mort de Madame par la charmante comtesse de La Fayette, écrivant l 'Histoire de Madame Henriette d' Angleterre, première femme de Philippe de France , duc d'Orléans1. La comtesse de La Fayette était attachée à la suite de Madame; elle ne la quitta pas durant la journée où elle mourut. Elle a laissé, de la maladie si courte et de l’agonie, un récit simple, précis et sobre où chaque trait a un air de vérité.
Auprès de celte précieuse page d'histoire, il faut citer la lettre de Bossuet2, qui assista Madame au moment de la mort, et le récit de M. Feuillet3, chanoine de Saint-Cloud, qui avait été auprès de Madame avant que Bossuet arrivât.
La troisième catégorie de sources comprend la correspondance échangée entre les cours de France
1. Les éditions de l 'Histoire de Madame Henriette sont nombreuses. L’édition originale est datée d’Amsterdam, 1720, in-12. La deuxième édition (Amsterdam, 1742, in-12) réunit l 'Histoire de Madame Henriette aux Mémoires de la Cour de France pour les années I6S8 et 1689. De 1742, il faut passer à l’année 1853 pour obtenir une nouvelle édition critique, celle de A. Bazin (Paris, Techener, 1853, in-16). En 1882, on vit l’édition de M. Anatole France (Paris, Charavay, pet. in-S carré), précédée d’une préface qui est un bijou littéraire. La dernière édition a été donnée par un lettré délicat, M. Eug. Asse (Paris, Jouaust, 1890, in-16).
2. Juillet 1670. Publ. par À. Floquet dans la Bibliothèque de l’École des Charles, ann. 1844, p. 176-178. L’authenticité de ce documenta été contestée sans raison sérieuse par Walckenaer, Mémoires sur la Vie de madame de Sévigné, III, 223; mais fort bien défendue par A. Floquet, à l’opinion duquel la critique doit se ranger. Cf. P. Clément, dans la Revue des Questions historiques, t. III (1867), p. 532, note 1.