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Publ. par Poncet de la Grave, op. cit., III

LA MORT DE « MADAME »

et d’Angleterre et leurs représentants : ce seraient des documents de la plus grande valeur si leur caractère officiel et diplomatique n’avait, en la circonstance, imposé aux auteurs des lettres la plus grande réserve, ne leur avait même dicté leurs sentiments. Ce sont d’abord les lettres de Louis XIV et de Hugues de Lionne à Charles II et à Colbert de Croissy, ambassadeur à Londres 1 ; puis les dépêches de Louis XIV et de Hugues de Lionne à M. de Pomponne, ambassadeur à la Haye2; du côté anglais, les cinq lettres adressées par lord Montaigu, ambassadeur auprès du roi de France, à lord Arlington, secrétaire d’État de Charles II 3, et les lettres de lord Arlington au chevalier Temple 4.

Tels sont les seuls documents dignes de foi que nous ayons à notre disposition pour étudier les circonstances de la mort de Madame, car il faut rejeter de la manière la plus absolue les relations de Saint- Simon et de la seconde femme de Monsieur, Madame Palatine. Chéruel, et surtout M. de Boislisle, en ont montré les invraisemblances et les absurdités B. Nous n’y reviendrons pas. Le travail de

1. Publ. par Mignet, Négociations relatives à la succession d'Espagne sous Louis XIV, lit, 207-14.

2. Publ. par P. Clément, Revue des Questions historiques, III (1807), 030-33.

3. Publ. à la suite des deux premières éditions de P Histoire d'Henriette d’Angleterre, par Mme de La Fayette.

4. Lettre du comte d’ Arlington au chevalier Temple, Utrecht,

o. Chéruel, dans Saint-Simon considéré comme historien, p. 1S3-54, et Notice sur Saint-Simon, p. xcv-xcvn; M. de Boislisle dans l’appendice xxvii au tome VIII de son édition des

M. de Boislisle est particulièrement intéressant, en montrant que ces deux fameuses relations avaient une source commune. Quant aux témoignages de d’Argenson de l’abbé de Choisy5, de Daniel de Cosnac 3, d’Olivier Lefèvre d’Ormesson 4 et de Voltaire 5 — dépourvus, en la matière, d’une autorité comparable à celle des auteurs que nous avons cités plus haut, — ils sont inutiles sur les points où ils les confirment; sur les points où ils les contredisent, ils ne peuvent prévaloir; et sur les points où ils contiennent des indications nouvelles, ils sont dangereux à suivre, car nous manquons précisément de témoignages autorisés pour les contrôler. Littré a agi judicieusement en les négligeant pour rédiger son étude sur la Mort de Madame , et le reproche que lui en fait Loiseleur 0 n’est pas justifié. Bien au contraire, c’est peut-être à cet heureux trait de critique que Littré a dû le succès de son argumentation.

Mémoires de Saint-Simon. Voir aussi les observations de Loiseleur dans le Temps du 2 et du 3 novembre 1872.

1. Essais dans le goût de ceux de Montaigne composés en -17 S6 (Amsterdam, 1785, in-8), p. 290-91.

2. Mémoires pour servir à l'histoire de Louis XIV, t. II, p. 9-4-95 (Publ. parM. de Lescure, Paris, 1888, 2 vol. in-8).

3. Mémoires de Daniel de Cosnac, archevêque d’Aix, t. I, p. xi.vii-lvi (Publ. pour la Soc. de l’IIistoire de France par le comte Jules de Cosnac, Paris, 1857, 2 vol. in-8).

4. Journal de Lefevre d'Ormesson (Publ. par Chéruel dans la Collection des documents inédits, Paris, 1S60-6I, 2 vol. in-4).

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