‹ Le drame des poisonsChapitre 24 sur 37 · Le Temps, 2 nov · texte numérisé non relu

Le Temps, 2 nov

LA MORT DE « MADAME »

Nous allons exposer de la manière la plus simple et la plus précise que nous pourrons les circonstances de la mort de Madame, et déjà l’on verra de ce seul récit se dégager l’un des faits que nous voulons établir, à savoir que Madame n’a pu être empoisonnée.

Henriette d’Angleterre, « plus comparable au jasmin qu’à la rose, très maigre, délicate, un peu bossue — elle n’en était pas moins agréable, — épuisée, non seulement de quatre couches successives, mais de la vie à outrance qu’on menait alors à la cour, ne se soutenait, dit fort bien M. de Boislisle, que par cette grâce d’état qui est l’apanage des femmes nerveuses ». Dès 1664, Gui Patin écrit1 2 : « Madame la duchesse d’Orléans s’est trouvée mal à Villers-Cotterets, ses médecins l’ont mise au lait d’ânesse ». Il est donc présumable que Madame souffrait de l’estomac. « Le roi, écrit Hugues de Lionne à Colbert de Croissy 5, nous dit qu’il y avait plus de trois ans qu’elle se plaignait très souvent d’un point de côté qui l’obligeait à se coucher par terre des trois et quatre heures sans pouvoir trouver de repos dans aucune posture qu’elle se mît. » Madame ressentait constamment une douleur à la

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