‹ Le drame des poisonsChapitre 30 sur 37 · P. 247 et p · texte numérisé non relu

P. 247 et p

LA MORT DE « MADAME »

L’historien peut enfin faire observer que la fille de Madame, Marie-Louise, la jeune reine d’Espagne, mourut en 1689, à peu près au môme âge que sa mère, après avoir bu une tasse de lait glacé *, et à cette occasion se répandirent également des bruits de poison. Quand Charles II, frère de Madame, mourut, Jui aussi, d’une manière brusque, on parla encore d’empoisonnement, et quand la petite-fille de Madame, la jeune et gracieuse duchesse de Bourgogne, fut frappée du mal qui l’enleva, on crut encore au poison. Déjà lorsque la mère de Madame, Henriette-Marie de France, veuve de Charles Ier d’Angleterre, était morte le 10 septembre 1669, dans sa maison de campagne de Colombes, on avait accusé son médecin Vallot de l’avoir empoisonnée, par inadvertance, en lui donnant des pilules à base d'opium.

Nous avons été heureux, grâce au concours de maîtres éminents, de M. le professeur Brouardel, de M. le Dr Paul Le Gendre, historiquement armé des savantes investigations de M. Arthur de Boislislc, nous avons été heureux de faire revivre dans son éclatante justesse le mémoire admirable de Littré. Le grand écrivain termine par une page éloquente, chant de triomphe en l’honneur de la science moderne, qui « aurait peut-être conservé Madame dans cette grande place qu'elle remplissait si bien »,

Page 1