‹ Le Drame du VésuveChapitre 11 sur 52 · mars 1 8 6'J · texte numérisé non relu

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12 mars 18 8 8.

LES VICTIMES

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des os de poulet auprès de sept squelettes qui étaient vraisemblablement ceux des esclaves de la maison, car ils étaient dans la chambre à gauche de ratrium.

Los tortures des malheureux qui se condamnèrent à une telle captivité, et qui s’aperçurent trop tard du sort qui les attendait, durent être atroces. Murés vifs par les pierres et les cendres, comme Pline avait failli l’être à Stables, ils furent peu à peu ensevelis. Les plus heureux furent noyés par l’irruption subite des pluies torrentielles et des cendres qu’elles entraînaient à travers la couche de pierres ponces comme à travers un tamis; mais cette mort plus rapide n’échut qu’aux Pompéiens descendus dans des souterrains et des lieux bas : c’est l’histoire de ceux qui s’étaient abrités dans les belles caves de la maison de Diomède,

lUO LE DRAME DU VÉSUVE

et qui seront tout à l’heure l’objet d’une description spéciale. Les plus misérables, au contraire, furent ceux qui s’étaient ménagé une retraite si sûre et si impénétrable, qu’ils ont eu le temps d’y souffrir la faim et une lente agonie. Le 30 août 1787, un corridor solidement voûté, clos à ses deux extrémités, a été reconnu vide. M les pierres ponces , ni les cendres délayées par l’eau n’y avaient [)énélré. Dans ce corridor gisaient dispersés les os d’un homme. Ces os avaient été traînés à des places différentes ; ils avaient lété rongés aux jointures," non par le temps, mais par la dent d'un carnivore. En effet, on remarqua bientôt le squelette d’un chien captif avec son maître. Le maître était mort de faim le premier; le chien avait mangé le cadavre, prolongé sa vie, et était mort à son tour. Qui peut dire aussi ce qu’a souffert le marchand

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mal inspiré qui se réfugia dans sa boutique, fortement close, sous l’image peinte d’Hercule Vainqueur ' , avec son pécule composé de cinquante-sept monnaies d’argent (trente-sept étaient des monnaies consulaires.)

La troisième cause de mort fut le dégagement des gaz impropres à la vie. Ces gaz sont de trois sortes, le gaz acide chlorhydrique, l’acide sulfureux, l’acide carbonique ; tous les trois sont plus lourds que l’air, tombent sur le sol et asphyxient ceux qui les respirent. J’ai expliqué déjà comment ils émanent des laves incandescentes et sortent des fissures qui rayonnent normalement du Vésuve. Pompéi, située sur une de ces fissures, est sujette, dès que le sol s’émeut, à ces redoutables émanations ; elles se répètent souvent, même de nos

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