I. Clarac, Pompéi, p
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dividiis (jui étaient toml)és dans leur fuite, emportant avec eux cin | bracelets, deux boucles d’oreille, deux bagues avec chaton, un plat d’argent, trente-deux monnaies, un candélabre, un vase de bronze.
Ces eonslalations sont déjà assez difficiles à bien établir, vu la brièveté des descriptions du Journal des fouilles, pour (|u’on doive s’interdire 'de pousser plus loin les hypothèses. Chercher par quelles rai.sons les victimes dont nous signalons les restes ont clé déterminées à demeurer ou à fuir, faire la part de la terreur, de la cupidité, de l’amour, du dévouement, du désir de la vengeance,* tout cela serait œuvre d’imagination pure. Il serait plus près peut-être de la vérité, celui qui attribuerait le rôle principal au trouble dos esprits, aveuglés par les ténèbres et stupéfiés par le dé.sordre des
éléments. On a vu, dans d’assez faibles tremblements de terre, l’effet électrique des secousses agir sur les cerveaux les mieux fdits; des hommes d’ordinaire très-sensés exlravaguaient, les gens graves prenaient les précautions les plus ridicules, les animaux eux-mêmes restaient dans une sorte de torpeur ou fuyaient le poil hérissé. Prétendre reconstruire cette série de drames domestiques est une chimère; les romanciers s’y sont suflisammenl exercés. Cependant, si les romanciers ont toute liberté pour inventer, il n’en est pas de môme des historiens, qui ne doivent enregistrer que des faits certains ou probables . Pompéi a inspiré quelques légendes qui n’ont pas été discutées parce qu’elles étaient touchantes, et qui ont cours parce que la mémoire les relient sans effort. Il faut avoir le courage de rejeter ces fantaisies, non-
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seulement parce qu’elles sont contraires à la vérité, mais parce qu’elles peuvent fausser les idées qu’on doit se faire sur l’état de la cité. En voici un exemple.
Auprès de l’arc à trois baies qui débouche M''de la ville sur la voie des Tombeaux, est une niche profonde. Depuis bientôt un siècle, on raconte, et les voyageurs redisent, que c’était la guérite d’un factionnaire, qu’un brave soldat montait la garde à la porte de la ville au moment de l’éruption, qu’il n’a pas voulu déserter son poste, qu’il s’est laissé enterrer vif, tenant toujours ses armes.
Si ce récit était vrai, il en résulterait que Poinpéi était une ville fortifiée sous l’empire, qu’elle avait des portes qui la séparaient du faubourg où s’était établie la colonie romaine, et qu’elle avait des soldats, ce. qui serait contraire à tous les résultats constatés par
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la science, car les fortifications avaient été détruites en partie, la colonie et l’ancienne ville osque communiquaient librement, jour et nuit, par le grand arc qui ornait l’ancienne entrée, et l’on n’a jamais trouvé à Pornpéi ni un soldat ni une arme de guerre.
I.es casques, boucliers, brassards, cuis^rds, qu’on montre aux musées, servaient aux gladiateurs dans les jeux publics ; ils sont d’une pesanteur , d’une richesse et d’une forme qui ne laissent aucun doute sur leur destination. Que l’on consulte le Journal de,s fouilk’n, et l’on sera convaincu que cette légende est absolument dénuée de fondement, qu’il n’a été recueilli à celle place ni armes ni ossements, et qu’on a simplement signalé l’inscription funéraire qui se lit encore aujourd’hui sur un cippe dressé dans le fond de la niche ; Cerrinus Ueslitutus, prêtre d'Au-
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ni
guste. La prétendue guérite de factionnaire est un tombeau.
De même l’épisode de la mère qui s’est réfugiée avec ses trois petits enfants dans l’exèdre peinte qu’on voit plus bas sur la même route, la piété du personnage qui est venu offrir un sacrifice et périr dans le triclinium d’un tombeau, la tendresse des deux amants qui ont . voulu mourir ensemble et dont les squelettes étaient encore entrelacés, sont de pures inventions, non-seulement dénuées de preuves, mais démenties par le silence de ceux qui ont fait les fouilles et les 'ont décrites. L’histoire des trois prêtres d’Isis n’est pas moins fantastique; mais du moins elle repose sur quelques détails vrais. Ces prêtres ont été surpris, dit-on, pendant leur festin; l’un est mort à table, l’autre a percé deux
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murs à coups de hache (vains efforts!), le troisième s’est enfui jusqu’au forum triangulaire avec les objets du culte et a succombé à son tour. L’origine de ces fables est très-modeste. Ce sont d’abord les, débris d’un récent sacnfice et de^ os de victimes observés par ceux qui ont déblayé le temple d’Isis ' ; ensuite ce sont des trous faits avec une pioche dans les murs d’une maison voisine ; ces trous, semblables à ceux qu’on observe dans beaucoup d’autres maisons, ont été faits non par un prêtre, mais par les Pompéiens, lorsqu’ils sonC revenus, après le désastre, chercher ce qu’ils avaient oublié de précieux : ils passaient ainsi d’une chambre à une autre plus vite que s’ils eussent en-