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ché, l’arlisle n’a oublié ni le mulet récalcitrant chargé d’un bât qui semble fait d’hier, ni le chariot à roues pleines, taillées dans un morceau massif, comme les roues des chariots qu’on voit encore en Troade et dans l’Asic- Mine ure Ici sont arrêtés les badauds, qui lisent l’album où sont peints les actes publics et les édits; là se rassemblent, pour entrer dans les thermes, les baigneurs tenant à la main Valabastron, le petit vase qui contient l’huile parfumée dont ils se feront frotter le corps ; plus loin un maître d’école donne sa' leçon, et tandis que ses élèves dociles sont assis, leur ardoise sur leurs genoux, il administre le fouet à un paresseux que deux caina-
1. Ü’anlrcs cliariols, plus t'ic'gaiils, portant une immense * outre en peau de bœuf pleine d'huile ou devin que le niariliand débile ; u passage, sont le sujet de deux tableaux (pl. V, lig. 1 et 2).
Lë COMMERCë D’APRÈS LES PKINT-URES 311
rades tiennent par les mains et par les pieds. Au même ordre d’idées se rattache un jeune homme dessinant une statue du forum et faisant consciencieusement ses études d’après la bosse . Enfin, le peintre n’a oublié ni les polissons qui se lulinent autour d’une colonne, ni l’aveugle à la longue barbe conduit par son chien et recevant l’aumône d’une femme qui sort avec son esclave.
Des peintures de plus grande dimension et mieux exécutées, ont été découvertes en 1826 , dans la maison d’un foulon, ouvrant, d’un côté sur la rue de Mercure, de l’autre, sur i
une rue qui a pris son nom (Fullonica). Dans l’atrium, un pilier, couvert de peintures, s’élevait auprès d’une petite fontaine. Ce pilier a été enlevé et placé au musée de Naples ; il a été décrit plus d’une fois. Au premier plan, une femme assise remet une étoffe à une pe-
31â LE DRAME DU VESUVE
tite esclave. Un ouvrier, dont la tunique est serrée et comme nouée autour du corps, les regarde, tout en cardant vigoureusement un manteau blanc, bordé de pourpre, suspendu à une tringle. Un autre ouvrier apporte une cage dV siersur laquelle l’étoffe sera étendue; il tient à la main le vase où du soufre jeté sur les charbons ardents dégagera une fumée propre à blanchir le manteau. C’est le procédé qu’emploient encore les modernes. Sur une autre face du pilier, des niches cintras contiennent
de grandes cuv es où trempent des étoffes
qu’on lave. Des esclaves, les pieds dans la cuve, piétinent sur ces étoffes, de même quç les femmes arabes lavent leur linge en le piétinant sur les rochers d’un torrent ; c’était ce que les anciens appelaient la danse du foulon {saltus fullonicus) L’artiste a peint avec le
J. Sénèque, Episl. xv.
le; commerce; d .viMtCs les I'eimlues 313
même soin la presse, avec ses deux montants, ses deux énormes vis, qu’on tournait à l’aide lie poignées pour aplatir l’élolTe sous les planches qui leur donnaient l’apprêt nécessaire.
Enfin, le séchoir est figuré par de longues tringles suspendues au plafond par des câbles. Des linges y sont étendus ; un esclave remet à une jeune femme une étoffe dépliée, tandis que la femme du foulon en prend note sur ses tablettes.
J’ai visité avec une curiosité particulière la maison de Pompéi où ces peintures avaient été recueillies. J’y ai compté dans une cour vingtdeux bassins construits en maçonnerie, à des niveaux différents, de façon que l’eau pût passer de l’un dans l’autre. Par devant, des bancs devaient recevoir les étoffes. A l'autre extrémité de la cour, sept cuves plus petites servaient à fouler. La chambre de dépôt, avec
les traces des rayons, c’esl-à-dire des planches ' a[tposées en guise de rayons, où les fourneaux, le séchoir sont encore reconnaissables. Dans d’autres ateliers de foulon, j’ai vu des feuilles de plomb très-épaisses revêtant l’intérieur des Clives construites en ciment Quelquefois aussi on trouve des jarres pleines d’une terre grasse, qui doit être cette terre de cirnole (craie marneuse) dont parle Pline, et qui contribuait à blanchir les étoffes autant que les luniigations de soufre ou l’urine recueillie dans des vases placés, à cct effet, au coin des rues ^
Les menuisiers flgui eut aussi parmi les sujets traités par les décorateurs de Pompéi. On les voit célébrant les fêtes de Dédale : Dédale
^ 1. Dans la Fullouiça voisine <!c ta maison de Siricus.