‹ Le drame du Vésuve par m. BeuléChapitre 19 sur 34 · pun«pc^paçct · texte numérisé non relu

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C’est uti regret pour nous, qui trouverions dans l’abandon pittoresque des anciens des renseignemenis plus précieux que dans la reproduction perpétuelle des dieux, des héros et des nymphes.

M. Otto Jahn, sitôt enlevé à la science, a réuni et décrit, dans un mémoire de cinquante pages, lu d’abord à l’Académie de Dresde \ tout ce que nous possédons dans ce genre. Le document le plus important est une série de petits tableaux qui nous font voir les citoyens d’une ville trafiquant ou travaillant en plein forum, je veux dire en plein marché. Il y a plus d’un siècle (le 25 mai 1755) que ces peintures ont été découvertes et publiées par l’Académie d’Herculanum, sans qu’elles aient obtenu l’at-

1. Ueber Darstellungen des Handtverks und Handelverkehrs auf antiken Wandgemwwûlden. Leipzig,\i&&9, grand in-8“ avec 6 planches.

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lenlion qu’elles méritent. Elles sont, en effet, exécutées d’une main si rapide, si négligente, que, même dans 1e musée de Naples, où elles sont aujourd’hui, elles arrêtent à peine le regard du visiteur; toutefois, à travers ce barbouillage, il faut démêler tout ce qu’il y a de vif, de réel, de spirituel.

On reconnaît d’abord l’architecture d’un forum ; on pense même au forum de Pompéi, malgré la différence des chapiteaux qui sont corinthiens, tandis que ceux du forum de

Pompéi sont doriques. L’artiste a pu évidemment varier les détails selon sa fantaisie, changer les chapiteaux, ajouter des guirlandes de feuillage ; mais les piédestaux placés en avant des colonnes, les statues équestres, le second étâge de colonnes superposé au premier portique, les maisons en perspective, d’autres particularités qui rappellent Pompéi, notamment

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la situation de l’école ouvrant sur le forum, donnent quelque vraisemblance à celle supposition.

La première scène nous montre deux marchands d’étoffes. L’un fait tâter le moëlleux d’un tissu violet à deux acheteuses assises sur un banc et derrière lesquelles une esclave se lient debout ; l’autre écoule les plaintes d’une femme, accompagnée de son amie; il lui prouve sans doute que le manteau, échancré par le cou, qu’elle lui a acheté la veille, est excellent et lui sied mieux qu’elle ne le croit.

Plus loin, un cordonnier essaie des chaussures à un personnage coiffé d’une barrette, qui rappelle singulièrement un personnage de la

renaissance. Le cordonnier est agenouillé de- \

vant son client; dans le fond, des chaussures sont suspendues au mur, et un autre cordonnier

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semble appeler les passants ou les arrêter en leur vantant sa marchandise.

Un autre tableau représente un cordonnier pour femmesct pour enfants. L’honorable commerçant est debout ; après avoir pris mesure avec une baguette, il apporte un brodequin à quatre Pompéiennes assises, dont l’une tient un petit enfant sur ses genoux. Deux sont vêtues à la grecque; les deux autres, peut-être leurs esclaves, ont une tunique collante, comme la Minerve trouvée à Olympie, vieux costume des Osques, emprunté aux Doriens. De petites paires de souliers sont figurées çà et là sur le fond, avec une négligence qui ne permet de chercher aucun détail de fabrication. La composition de celle petite scène est charmante, rcxcculion atroce et mérite à peine le nom d'ébauche.

La chaussure est si exactement interprétée

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par la sculpture antique, qu’il n’est point besoin de la décrire. Une autre peinture de Pompéi nous montre deux petits génies exerçant le métier de cordonnier ' . L’un tient une forme, l’autre prépare le cuir qu’ils doivent adapter sur la forme. Sur une planche, soutenue par deux consoles de bois semblables à celles que l’on fabrique encore aujourd’hui, et dans une armoire dont les deux battants sont ouverts, on voit des brodequins, disposés par paires ; ils sont faits de manière à couvrir la cheville, sans être lacés, par l’étranglement même de leur forme. Un petit vase et un bassin contiennent la couleur qui sert à lustrer le cuir.

Du reste, des chaussures véritables ont été

1. Olio Jahn, pl. 111, Hg. 5. Antichità di Ercolano, 1, 35, p. 185; Overbeck, Pompet, 11, p. 199; Otto Jabn, pl. Vl, fig. 1.

trouvées dans des tombeaux romains, en 'Angleterre, en Hollande, en Allemagne, elles sont en veau ou en cuir couleur de pourpre, comme les babouches des Orientaux, les unes travaillées avec soin, d’autres garnies de clous \ Je reviens au marché et çiu peintre de Pompéi. A côté du cordonnier, il a représenté un vieux marchand, à la tête chauve, assis auprès d’une table : cette table est couverte d’instruments et de petits objets qui ressemblent à ce que nous appelons de la quincaillerie. Des esclaves, portant au bras des paniers, ont l’air de marchander. Dans le fond du tableau, des citoyens, adossés aux* colonnes de portique, regardent, causent, réfléchissent. Si les objets vendus par le quincaillier, pinces, ciseaux, épingles à cheveux, fibules, ne sont

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