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Le drame maçonnique

Drumonta plus cVune fois manifesté dans la Libre- Parole Vêtonnement et le regret que personne n'ait encore pu expliquer comment il est arrivé qu'une petite bande de francs -maçons, inférieurs à tous points de vue, soit parvenue à dominer la France et à la réduire à une sorte d'impuissance léthargique.

Il a été ainsi cause que je me suis livré à Vétude commencée dans le Pouvoir occulte contre la France (1) et complétée dans le présent ouvrage.

Après avoir longtemps 7'éfléchi, je me suis rendu compte que V explication réclamée par Drumont existait certainement.

Dieu a bâti notre monde, en effet, sur un plan tel que la chaîne qui relie les effets aux causes n'a jamais eu de discontinuité et n'en aura jamais tant que ce monde existera. Nous sommes souvent incapables de la voir, mais la logique divine éclate partout. Nous efforcer d'en rechercher les manifestations jusque dans le dérouleinent des faits antireligieux, c'est donc rendre hommage au Créateur.

Quoi qu'elle puisse en penser, la « Veuve » n'est pas au-dessus de Dieu. C'est pourquoi le fait de la domination maçonnique ne peut s'être produit que conformément aux données fournies par les lois naturelles, c'est-à-dire par les lois divines. Chercher rexjilication de cette domination n'est donc pas une

(1) Le Pouvoir occulte contre la France, in-16 de p. 432, 3 fr. 50,

œuvre de dilettantisme ; c'est un devoir d'autant plus impérieux que de la découverte de cette explication dépendent la libération du catholicisme français et le salut de la France.

Il faut que nous découvrions les moyens qui ont été imaginés, dissimulés et ejnployés avec une si étonnante hypocrisie pour produire les ruines dont notre génération est la spectatrice et la victime impuissante. Sans cela, nous noïis lamentons et nous nous agitons en vain.

C'est parce que fai longtemps été pénétré de ces pensées que je ne me suis plus donné de repos jusqu'à ce que j'eusse découvert le mécanisme maçonnique, son mode d'utilisation, et ce à V édification de quoi il sert. Je dis : ce à l'édification de quoi il sert ; car dans Vordre social, lorsqu'on détruit, c'est pour constriùre.

Il est onaintenant acquis que les hommes d'Etat français les plus qualifiés conçoivent la question maçonnique comm,e je la conçois moi-même.

Au lendemain de la publication du Pouvoir occulte contre la France, M. Emile Flourens, V éminent ancien ministre des Affaires étrangères, consacrait à cet ouvrage un article paru dans le Soleil, où il écrivait :

« Certes, les révélations de M. Copin-Albancelli ne « m'ont pas surpris. Il est impossible d'avoir eu en « mains la direction de notre politique extérieure « sans s'être convaincu de l'action dissolvante de la a Franc -Maçonnerie. Son œuvre de décomposition « sociale apparaît partout. »

La même note a été donnée par un autre ancien ministre, au patriotisme et au caractère duquel tout le monde rend hommage, qui daignait, lui aussi, donner sa haute approbation à la thèse développée dans le Pouvoir occulte contre la France.

Ancieti pi^ésident du Centre gauche, ancien ministi^e de V Intérieur, M. de Marcère a joué un rôle important à une heure décisive de V envahissement maçonnique. Son témoignage est d'un poids d'autant plus considérable que dans ses Souvenirs dont les derniers volu7nes ont produit une si gravide et si utile impression, M. de Marcère reconnaît, avec la plus noble simplicité, avec la plus généreuse droiture, qu'il a été lui-même trompé par les représentants du Pouvoir mystérieux qui se cache derrière la Franc-Maçonnerie.

M. Emile Flourens continuait ainsi :

« Si cette œuvre de décomposition est plus sensible « dans les pays de vieille civilisation, comme la « France, l'Italie, V Espagne, c'est que la société y est « plus neurasthénique, c'est que les nations ^rro- « testantes s'en servent com7ne d'an bélier pour « abattre leurs rivales catholiques. Mais c'est une « arme à deux tranchants qui se retournei^a contre « elles. Aucune n'y échappera. V Allemagne aujour- « d'hui si fière de son patriotisme, est atteinte plus « profondément qu'elle ne le croit. Au jjremier choc « ses ravages apparaîtront. L'œuvre de démolition « ne s'arrêtera que quand, sur les i^uines des empires « chrétiens, se dressera le royaume d'Israël, quand « le nationalisme juif aura triomphé du nationa- « lisme des gentils. »

Le présent ouvrage n'est que le développement de la pensée exprimée dans ces dernières lignes. Il se trouve donc appuyé par avance sur la haute autornté de l'homme d'Etat expérimenté qui les écrivait, ainsi que sur celle non moisis avertie de M. de Marcère.

fai dédié le Pouvoir occulte contre la France à mes

collaborateurs et collaboratrices de la Ligue Française Antimaçonnique et de la Ligue Jeanne- d'Arc, qui co7nbattent avec un dévouement si éclairé pour la France et pour la religion nationale.

Je dédie celui-ci à tous mes frères français catholiques ; ceux d'aujourd'hui, frappés depuis si longtemps sans se douter d'où leur viennent les coups dont ils sont atteints ; et ceux d'hier, illusionnés plus encore que ceux d" aujourd'hui, trompés, trahis, broyés dans le terrible engi^enage et qui, aux heures de deuil, déploraient ce quHls appelaient le malheur des temps, sans savoir par quoi ce malheur était produit, par qui il était voulu.

Je n'ai cessé de songer aux uns et aux autres au cours de ce ti^avail ; et particulièrement à ceux que fai vus m^ourir, que J'ai aimés, qui m,' ont aimé, qui se sont efforcés de mettre quelque parcelle de leur âme dans mon âme, dont les dernières paroles, toutes re)7iplies de foi religieuse, sont toujours dans ma pensée. Ceux-là, au milieu de la foule des héros français, luttent encore, je n'en doute pas, avec nous, au-dessus de nous. En écrivant ces dernières lignes, f évoque une fois de plus leur souvenir au fond de moi-même, en songeant qu'ils me relient à tous ceux qui les ont précédés et qui firent la France.

COPIN-AlB ANCELLI .

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