‹ Le drame maçonniqueChapitre 64 sur 78 · COMMENT SE RÈGLENT SES PRÉFÉRENCES EN CETTE MATIÈRE · texte numérisé non relu

COMMENT SE RÈGLENT SES PRÉFÉRENCES EN CETTE MATIÈRE

Il nous faut enfin arriver à l'examen de l'état de choses politique. C'est là que notre organisme natio-

nal présente le plus de points douloureusement sensibles. Le Pouvoir occulte juif a voulu qu'il en fût ainsi. Son intérêt l'exige.

Actuellement, il nous a donné la République. Nous disons : actuellement, parce qu'à d'autres époques la Franc-Maçonnerie a facilité l'avènement des deux Empires et celui de Louis-Philippe. Mais ce n'était là que manœuvres momentanées ayant pour but d'assurer certaines transitions nécessaires. Nous en avons la preuve dans le fait que les deux Empires et la monarchie de Louis-Philippe ont eu à subir les assauts des sociétés secrètes. Ils ont été détruits par elles, c'est-à-dire par le Pouvoir occulte, puisque celui-ci a la main dans toutes, comme la Maçonnerie a la main dans toutes les sous-maçonneries. Ces gouvernements avaient donc été considérés par lui comme des pis-aller. Pour éviter un retour de la France au traditionalisme intégral qui comprend l'idée de patrie, la tradition religieuse et la tradition monarchique, le Pouvoir occulte concédait, selon ce qu'exigeaient les circonstances, un traditionalisme partiel.

Tout considéré, il faut reconnaître que les formes de gouvernement qui conviennent le mieux chez nous au Pouvoir occulte juif sont celles qui suppriment une plus grande part du traditionalisme intégral et qui, par là même, le rapprochent davantage de son but définitif : la royauté juive par l'anéantissement de tout traditionalisme et par l'établissement de la République collectiviste athée.

Ce dont il ne veut à aucun prix — les faits sont là pour le crier — c'est une monarchie qui, en même

temps qu'elle serait chrétienne, représenterait le droit traditionnel dans la personne de son chef. Supposez un tel régime restauré, supposez le chef ayant conscience de toutes les nécessités actuelles, grâce aux lumières fournies par l'étude de la question judéomaçonnique, et prenant bravement les mesures nécessaires pour sauvegarder le traditionalisme religieux et patriotique... Mais non ! N'évoquez pas une pareille vision devant le Pouvoir occulte ni devant les Juifs et les francs-maçons défrancisés qui le servent !... Ce serait le vieil arbre séculaire français réenfonçant ses racines dans le sol, ce serait l'anéantissement de la royauté juive. Tout plutôt que cela !

Par l'effet de ses suggestions, le Pouvoir occulte est parvenu à inoculer à un grand nombre d'entre nous sa haine de la monarchie traditionnelle. C'est un fait indéniable. Or, en politique comme en médecine, ainsi que nous l'avons dit, il faut tenir compte des faits. Celui dont nous parlons suffit à rendre le salut de la France singulièrement difficile. Mais c'est un autre fait non moins indéniable, qu'un tel état d'esprit fait merveilleusement les affaires de l'ennemi acharné de la France et du monde chrétien. Nous pouvons rester ce que nous sommes ; mais nous devons avoir le courage de constater ce qui est, tout ce qui est.

A la monarchie dont nous parlons, le Pouvoir occulte en préférerait certainement une qui, fût-elle chrétienne, ne pourrait s'appuyer sur le droit traditionnel. Ce serait toujours le traditionalisme attaqué sur un point.

11 accepterait encore plutôt une république chrétienne, fût-elle dictatoriale. Celle-ci lui laisserait l'espérance de voir succéder au dictateur chrétien, un dictateur moins chrétien qui, n'ayant pas le souci d'une politique traditionnelle, gouvernerait selon ses principes. Dans tous les cas, ce serait une racine du traditionalisme stérilisée : l'hérédité.

Elle le serait plus sûrement si, au lieu d'une dictature chrétienne, il s'agissait d'une république libérale chrétienne. Le Pouvoir occulte saurait jouer du libéralisme infiniment mieux que ses adversaires et ce serait pour détruire tôt le régime.

Une dictature anticléricale, même sous forme d'empire ferait encore mieux son affaire. Il verrait là les deux racines du traditionalisme fortement atteintes ou menacées. Il aurait en effet la possibilité des campagnes anticatholiques tolérées, sinon favorisées par le gouvernement. En même temps, le chef de l'Etat n'ayant pas pour lui la force du principe traditionnel, son autorité dictatoriale serait bientôt sapée par la propagande libérale qu'on lui opposerait.

Nous avons d'ailleurs eu tout cela en France au cours du xix^ siècle et nous savons que c'est en passant par ces chemins qu'on arrive où nous sommes.

Dictature, anticléricale ou non, ou bien république, chrétienne ou non, le Pouvoir occulte est assuré, une fois qu'il nous a mis là, une fois qu'il est parvenu à rompre un des étais du traditionalisme, de briser l'autre. C'est l'affaire de quelques étapes : république progressiste, république opportuniste, et enfin république radicale, c'est-à-dire athée. Cela se fait

presque sans qu'on s'en aperçoive ; et, dans tous les cas, cela se fait malgré les résistances, en raison de l'action de certains principes ou de certains illogismes qui, une fois introduits dans les organismes politiques, ont pour effet de les fausser. Nos chefs d'opposition républicaine ne se sont pas aperçus de cela ; ceux d'aujourd'hui, qui devraient pourtant être instruits par l'expérience, semblent ne pas le voir mieux que ceux d'hier. C'est pourquoi ils ont laissé tomber la France où elle est. Lorsqu'on les pousse sur ce sujet, on arrive à obtenir d'eux une réponse de ce genre : « Je ne vous dis pas que je sois aussi radicalement républicain aujourd'hui qu'il y a quinze ans. Mais la nation veut le maintien de la République. » Et ils continuent à faire non seulement delà politique, mais de la propagande républicaine, sans s'inquiéter des résultats, comme le médecin qui verserait lui-même du poison à son malade, sous prétexte que celui-ci en veut...

On peut dire d'eux que leur dévouement et leur habileté ont été vaincus par leur illogisme — si tant est que celui-là soit réellement habile qui commence par se ranger du côté où n'est pas la logique.

République radicale athée : c'est celle que nous avons maintenant. Elle a pour objectif la préparation à la république collectiviste. On l'a baptisée démocratique. Par là on capte pour elle l'adhésion des multitudes aveugles, quelques crimes qu'elle commette contre la patrie. On entraine en même temps les bourgeois vaniteux auxquels on fait croire qu'ils sont des « avancés », des « évolués » parce qu'ils

se sont soustraits à toute discipline religieuse, alors qu'en réalité leur intelligence privée de direction supérieure glisse insensiblement vers l'incohérence et l'anarchie. On séduit jusqu'aux catholiques en leur présentant « l'esprit démocratique » comme une adaptation naturelle et nécessaire de l'esprit de charité à la politique. Conception fausse, à l'abri de laquelle on leur suggère que l'esprit démocratique doit être le principe directeur de toute politique vraiment chrétienne. On les conduit ainsi à la plus lamentable, à la plus désastreuse confusion entre les devoirs sociaux, les devoirs politiques et les devoirs religieux; la confusion qu'écartait le Christ par cette simple parole : Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. On les hypnotise sur l'idée du droit des multitudes, généreuse en apparence, mais rationnellement fausse et funeste à ces multitudes ellesmêmes lorsqu'elle leur est présentée autrement que comme un corollaire de l'idée de devoir. On les grise de la suggestion qu'ils ont une mission à remplir : celle de procéder à l'avènement de la bonté et de l'amour universel comme fondements de la politique; conception absolument enfantine attendu que le fondement de toute politique doit être l'ordre. N'est-ce pas en effet le besoin de sécurité qui est le point de départ, la raison d'être des sociétés humaines? Et la sécurité peut-elle être assurée autrement que par l'ordre, résultant de l'accomplissement de certains devoirs qui, à leur tour, deviennent générateurs de droits?

En faussant ainsi les principes, en les transpor-

tant à tort et à travers du domaine religieux dans le domaine politique, ou inversement, le Pouvoir occulte bouleverse les conditions d'existence des nations. Il met à la base des constructions sociales ce qui devrait être au sommet ; au sommet ce qui devrait être à la base. Il arrive enfin à ce que la religion, initiatrice des dévouements, provocatrice des saints enthousiastes et, par là même, soutien des sociétés, se trouve employée pour leur ruine.

Lorsque de telles confusions sont produites dans l'esprit des meilleurs catholiques, le Pouvoir occulte peut se permettre les suprêmes attentats, puisque ceux qui devraient veiller à la défense commune sont occupés d'autre chose, puisqu'ils concourent même à hâter l'heure où seront détruits, morceaux par morceaux, les derniers liens qui maintenaient l'agrégation nationale. C'est après ces derniers efforts que doit enfin sonner l'heure où pourra être instaurée la république collectiviste, celle par laquelle se trouvera définitivement organisée la royauté juive.

C'est là que nous allons lentement, progressivement ; toutes précautions étant prises pour que la chose n'apparaisse que lorsqu'il sera trop tard pour résister, ainsi qu'il a été fait pour la Révolution. Nous y allons, conduits par les gouvernants eux-mêmes, les uns cyniques comme Clemenceau, les autres hypocrites comme Briand, tous hypnotisés, même s'ils n'ont pas reçu l'initiation dans une loge, tous pénétrés de l'esprit maçonnique, grâce aux milliers de conduites par lesquelles cet esprit est maintenant répandu dans le mondre profane. Bientôt, si le plan

aboutissait enfin à sa réalisation définitive, la France ne serait plus la France. A son organisation nationale en ruines aurait succédé une organisation purement financière, industrielle et commerciale, dans laquelle tous, riches ou pauvres d'aujourd'hui, égalisés, nivelés, nous ne serions plus que les ouvriers de la raison sociale : Israël.

Que les amis, que les collaborateurs actuels des Juifs ne s'y trompent pas : la raison sociale sera Israël tout court, et non pas Israël et G", parce qu'une fois roi, Israël n'admettra pas d'autre compagnie que celle de ses fils. Et, à son point de vue, il aura raison, sa sûreté ne pouvant plus alors exister qu'à ce prix. On sera de « la race élue » ou on n'en sera pas.

Encore une fois, nous marchons à ce but et par des voies beaucoup plus sûres que celles qu'ouvrirait la révolution dans la rue ; nous y marchons par le désordre mis dans les consciences et en particulier dans un nombre tous les jours plus grand de consciences catholiques ; et c'est en réalisation du plan qui était indiqué par l'un des membres de la Haute-Vente lorsqu'il écrivait : Il nous faut une révolution en tiare et en chape.

CE QUE NOUS AVONS A FAIRE DANS l'oRDRE POLITIQUE. l'effort que chacun DE NOUS DOIT TENTER SUR LUI-MÊME.

Si la pente qui conduit à ce. terme est si glissante une fois que sont acceptés les gouvernements où fait défaut le principe d'hérédité monarchique uni

au principe chrétien, faut-il proscrire la forme républicaine que nous avons actuellement?

A la question posée avec cette netteté, les faits répondent encore ; et c'est pour nous dire que nous ne pouvons détruire à notre fantaisie un état de choses existant, surtout lorsque cet état de choses repose sur un état d'esprit précédemment créé et solidement assis. Un trop grand nombre d'entre nous demeurent attachés, malgré tout, à la République. Nous y sommes peut-être attachés nous-mêmes Notre vanité prend tant plaisir à se persuader que nous nous gouvernons librement ! Or l'étiquette républicaine nous donne cette illusion ; et, en cela comme en tant d'autres choses, l'illusion nous suffit.

Nous disions tout à l'heure qu'on ne pouvait nous demander de redevenir croyants et pratiquants au commandement ; mais nous ajoutions que nous pouvions et que nous devions redevenir des défenseurs du catholicisme. On ne saurait nous demander non plus de redevenir monarchistes au commandement ; mais nous pouvons tout au moins ne pas nous livrer à la propagande antimonarchiste. Nous pouvons, quelque conviction religieuse ou quelque opinion politique que nous ayons, nous abstenir de faire de l'anticatholicisme contre les catholiques de l'antimonarchisme contre les monarchistes, de même que nous ne faisons pas d'antipatriotisme contre les patriotes. Oui ! cela, nous le pouvons ; et même, nous le devons.

Nous le devons, parce que l'idée de patrie, le principe catholique et le principe monarchique sont les

trois sources auxquelles s'est alimentée la vie de la France. Il est bien certain que ceux d'entre nous en qui. ces sources sacrées continuent de couler toutes trois ont été moins atteints que les autres par la propagande de Tinfame Pouvoir occulte. Dès lors, on ne voit pas pourquoi ils mériteraient notre haine ou notre hostilité. Dans la terrible bataille dont la vie de la France est l'enjeu, ils ont été les moins grièvement blessés. Est-ce une raison pour que nous nous dressions contre eux?

Il est une autre raison, d'une importance considérable, pour laquelle nous devons nous abstenir de faire de l'antimonarchisme contre les monarchistes, aussi bien que de l'anticatholicisme contre les catholiques.

C'est que la division entre les Français est la garantie certaine du triomphe final pour le Pouvoir occulte. Si cette division existe actuellement, c'est parce qu'il l'a voulue ; et s'il l'a voulue, c'est parce qu'il ne pouvait s'en passer. Tout ce qui contribue à l'augmenter ou même seulement à l'entretenir est donc favorable au Pouvoir occulte. Tout ce qui contribue à l'affaiblir lui est funeste.

C'est surtout ici qu'il y a lieu de distinguer entre politique et état d'esprit^ parce que ce qui est impossible d'un côté devient possible de l'autre.

Il existe des partis politiques, et ces partis sont représentés au Parlement. Laissons les faire leur besogne, cette besogne dont nous avons pu mesurer l'inanité puisque, depuis trente ans, l'opposition n'a cessé d'être battue. Est-ce parce qu'elle n'a pas su

manœuvrer? Nullement. C'est parce que l'adversaire, avant d'agir politiquement, avait commencé par établir un état d'esprit, tandis qu'elle a négligé d'en faire autant.

Nous pouvons agir en dehors de ces partis politiques, même si nous appartenons à l'un ou à l'autre d'entre eux ; et ce doit être pour réparer la faute qu'ils ont commise, c'est-à-dire pour travailler à la création de l'état d'esprit dont ils ne se sont pas préoccupés. Ce faisant, nous agirons, disons-nous, en dehors des partis ; toutefois nous n'en ferons pas moins œuvre politique.

Nous avons dit tout à l'heure quel est l'état d'esprit que nous devons combattre. Il est évident que celui que nous avons à créer doit lui être directement opposé. Le Pouvoir occulte veut voir régner l'antitraditionalisme ; nous devons essayer de faire rentrer le traditionalisme en nous ; chacun travaillant pour son compte, en lui même et sur lui-même.

Nous ne saurions douter qu'en demeurant attachés à telle forme de gouvernement plutôt qu'à telle autre nous correspondons plus ou moins aux vues du Pouvoir occulte ennemi de la France et de la Chrétienté. Une telle pensée devrait, semble-t-il, nous suggérer le désir d'examiner d'un peu plus près sur quoi ont été basées jusqu'ici nos préférences. Nous laisse-t-elle indifférents et résolus à demeurer où nous sommes parce que nous y sommes ou parce que la majorité s'y trouve? C'est affaire entre notre conscience et notre intelligence.

Mais encore pourrions-nous, même en ce cas, ne

pas collaborer à la propagande antitraditionaliste entreprise depuis plus d'un siècle par le Pouvoir occulte antifrançais.

Si, demeurés patriotes, mais devenus anticatholiques et antimonarchistes, nous faisions œuvre de propagande anticatholique et antimonarcliique, il se trouverait que nous travaillerions par là même contre notre conviction patriotique puisque, par notre effort contre le principe catholique ou contre le principe monarchique, nous obéirions aux vues de l'ennemi de la France. De cela au moins nous pouvons nous garder.

Un raisonnement analogue s'imposerait si, étant patriotes et monarchistes, nous faisions de la propagande anticatholique ou si, patriotes et catholiques, nous faisions de la propagande antimonarchique. Nous travaillerions encore dans les deux cas selon les vues du Pouvoir occulte. De cela encore nous pouvons nous garder.

Il est donc établi par les faits historiques et par l'attitude prise par le Pouvoir occulte contre le traditionalisme français que, même si nous ne pouvons faire rentrer le traditionalisme en nous, soit au point de vue politique, soit au point de vue religieux, nous rendrons encore service à la France contre son ennemi en nous interdisant toute manifestation antitraditionaliste.

Qui n'a entendu certains des tenants de la Puissance judéo-maçonnique — les plus hypocrites — prêcher la neutralité vis-à-vis des francs-maçons et des Juifs. Etre antimaçon, être antijuiï, cela, pré-

tendent-ils, est une marque de sauvagerie, une preuve de fanatisme. Dès lors qu'il s'agit de l'appliquer aux maçons et aux Juifs, le préfixe anti est déclaré par eux absolument condamnable. Ces bonnes âmes préféreraient, cela se conçoit, nous voir tendre le dos à leurs coups. La besogne leur serait ainsi rendue bien plus facile.

Il y a dans ce conseil intéressé qu'ils nous donnent quelque chose que nous devons retenir, afin d'en faire l'application utile à la France, à savoir : Que si nous ne pouvons être des traditionalistes complets, nous devons nous garder de l'a^i^itraditionalisme. Puisqu'il nous est tant recommandé de n'être pas des anti^ commençons par n'être des anti vis-à-vis d'aucune des doctrines qui font, à un titre quelconque, partie du traditionalisme français.

A cet égard, il semblerait malheureusement que nous ayons reculé plutôt qu'avancé depuis quelques années ; et, il faut le reconnaître, la constitution des ligues d'opposition, avantageuse à d'autres points de vue, a été pour beaucoup dans ce résultat négatif.

Précisément parce que le besoin d'union se fait impérieusement sentir à tous les esprits, il est tels directeurs ou inspirateurs de grandes ligues qui semblent avoir pris pour objectif l'anéantissement de toutes les autres, sous prétexte qu'ils sont les plus forts et qu'il faut faire l'unité. C'est là une erreur grave, une conception sauvage à laquelle doivent résister tous les membres de semblables groupements. La réalisation d'une telle donnée est d'ailleurs impossible. Ce n'est pas ainsi que se fait l'unité ; c'est

ainsi que se créent, au contraire, les inimitiés et que se font les ruines. Il y a donc là un véritable crime contre la France et, par conséquent, contre le catholicisme, puisqu'il l'heure actuelle les deux causes se confondent.

La division existe. C'est le fait dont il faut partir pour discerner ce qui est possible ou impossible. Pouvez-vous, dès lors que vous avez votre drapeau particulier, entraîner ceux qui combattent sous un autre étendard et pour un autre idéal que le vôtre? Evidemment non. Vous êtes, au contraire, sans aucune action sur eux. Vous plaisez aux uns ; c'est une raison pour que vous ne plaisiez pas aux autres. Alors que deviendront-ils si vous les empêchez de se grouper ou si tout au moins vous leur rendez le groupement difficile? Pourquoi vouloir étouffer ceux qui ne sont pas nous? Quelle petitesse d'esprit que celle qui nous mène à raréfier l'air pour tous les organismes autres que ceux que nous dirigeons ! Et quel orgueil fou de croire que nous avons l'esprit assez ^vaste pour tout voir, tout comprendre, tout entreprendre, tout réussir !

Il ne semble pas que l'unité soit désormais possible en France. Il n'en est pas de même de l'union. Celle-ci peut encore être réalisée, mais ce n'est pas par l'absorption. Toute ligue qui vise à l'absorption n'est pas utile ; elle est nuisible. En faisant tendre les efforts de ses adhérents à la destruction des ligues concurrentes au lieu de les employer uniquement à la destruction de l'adversaire, elle ne féconde pas ces efforts, elle les stérilise.

Au lieu de détruire réciproquement nos forces, nous devons les faire converger. Pour cela, il suffît qu'en dehors des conceptions qui nous sont particulières, nous en ayons une qui soit à la fois directement opposée aux vues de l'adversaire et susceptible de solliciter l'activité de tous. Cette conception peut être fournie par l'étude de la question judéo-maçonnique, qui nous éclaire sur la vraie nature de nos maux, qui nous enseigne les procédés qu'ont employés les ennemis de la France pour la vaincre et qui nous révèle ceux par lesquels nous pouvons avoir raison d'eux.

Mais l'étude, n'est-ce pas encore un effort que chacun de nous doit faire sur lui-même? Nous sommes donc toujours ramenés là : c'est en nous que, même dans l'ordre politique, se trouve actuellement notre A^éritable champ d'action ; c'est là que nous pouvons faire quelque chose pour la France. Quoi d'étonnant, puisque c'est là que le Pouvoir occulte s'est efforcé de l'attaquer?...

Mais, comme conséquence, chacun de nous, dans ces conditions, peut, s'il le veut, quelque chose; et, par suite, il encourt des responsabilités' auxquelles, en face de l'Eternelle Justice, il lui est impossible de se dérober.

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