Voir le Livre IV au tome I
par un travail de trois siècles, de Palestriiia à Beethoven \ qu il projette une lumière nouvelle sur le passé comme sur l'avenir de l'art en général. On dirait que l'idéalisme banni de la vie et du théâtre contemporain s'est réfugié de nos jours dans la musique. Le révélateur incomparable de cet idéal moderne, c'est Beethoven. Le cerveau prodigieux de Shakspeare reflétait l'homme dans toutes les variétés de l'espèce et savait le mettre en scène. Eh bien, cet homme complet, universel, Beethoven le sent s'agiter en lui-môme, il l'est par le fond de sa nature, et c'est pour cela qu'il l'exprime avec une telle puissance dans la langue originaire des sons, sur le mode triomphal de la symphonie. Mais il y a plus encore en lui; il y a par-dessus tout l'étincelle prométhéenne, l'enthousiasme sacré qui veut la délivrance des frères. Voyez-vous ce maître de farouche apparence, qui marche le front baissé, sans rien voir de ce qui se passe autour de lui? Tantôt il semble prêt à foudroyer les méchants, comme le Christ justicier de Michel-Ange, tantôt