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iiitellecluelles sont nombreuses. Il faut en attribuer une partie à l'immense développement de l'industrie, des sciences et de la critique. Depuis cent ans les découvertes sur le domaine de la nature et de l'bistoire se sont multipliées en des proportions prodigieuses.
La nature, il est vrai, n'est ni domptée, ni sondée; le jour où elle le serait entièrement, la vie môme aurait cessé. Elle est par essence indomptable et insondable. Mais le globe est à peu près connu, le ciel se mesure, les origines de l'humanité se débrouillent, et tendent à se rejoindre avec les origines du monde organisé. L'industrie s'ingénie chaque jour à fournir à l'existence humaine de nouvelles facilités. Au milieu des matérialix et des trésors qui s'entassent autour de nous jusqu'à nous étouffer, que manque-t-il donc à l'homme de nos joiu's? Rien que de se retrouver lui-môme, de s'affirmer et de façonner le monde à son image ; c'est-à-dire ce qui importe le plus. L'inscription qui brillait jadis en lettres d'or sur le temple de Delphes ; Coiii)ais-toi loi-même et dont l'esprit
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rayonna comme un soleil merveilleux sur toute la civilisation hellénique, est devenue lettre close pour lui et fait l'objet de ses dédains. Aussi ne vit-il point connue un noble dans sa maison, mais comme un parvenu au milieu de son luxe emprunté et de son bric-à-brac de curiosités prétentieuses. Entre le catholicisme, qui ne songe plus qu'à faire de ses adeptes des machines obéissantes, et les sciences, qui absorbent leurs ouvriers dans l'infini détail de la nature et de l'histoire, y a-t-il un domaine où l'homme moderne puisse s'épanouir? L'Eglise, nous dit-on, représente le passé, et la science l'avenir. Soit; mais la seconde de ces propositions est de plus incomplètes. La science et l'industrie ne pour ront jamais changer que les dehors de la vie. Trois puissances pourront seules la réformer à l'intérieur et par le fond : l'art, la philosophie et le libre sentiment religieux. Qui sait si ce n'est point de leur action combinée que jaillira le secret de l'avenir?
Pourquoi dans ce livre consacré à l'une des formes les plus importantes du théâtre, nous sommes-nous arrêtés si longtemps à une personna-
lilé et à son œuvre? Parce que l'exemple de Richard Wagner uous montre d'une manière aussi éclatante qu'inattendue ce que peut en notre siècle la force créatice jointe à la foi en l'art. Bien comprise, cette réforme de l'opéra ou cette renaissance du drame musical, loin d'être l'asservissement à un système, pourrait être au contraire le signal de la vraie liberté. Nous n'y trouvons pas la destruction des formes précédentes de la musique et de la poésie, mais un développement nouveau par une fusion plus intime. L'idiome éloquent de la symphonie beethovienne, les rhythmes prosodiques qui sont le mouvement môme du langage passionné, la mélodie qui en jaillit et en est la vibration, le récitatif ainsi régénéré, les chœurs transformés en personnages agissants et jusqu'à la simple chanson populaire, toutes ces formes reparaissent dans le drame de Richard Wagner, mais toujours justifiées par la place qu'elles occupent, fondues l'une dans l'antre par le flux de la vie, jointes en un tout organique que l'opéra n'avait pas su nous donner jusqu'à ce jour Nous nommons cela : liberté; car qui dit