‹ Le drame musicalChapitre 10 sur 34 · XVIII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

XVIII PRÉFACE DE LA PREMIÈRE ÉDITION

Je tiens cependant à signaler une fois pour toutes au lecteur impartial les causes qui ont enténébr é jusqu'ici la question du drame musical en France et celles qui ont empêché particulièrement la juste appréciation des œuvres de Richard Wagner.

Il y a deux sortes de critiques fort à la mode chez nous et qui, généralement, mènent le public : celle qui s amuse de tout, et celle qui a peur du nouveau. La première [est à peu près la seule qui ait parlé librement de Richard Wagner en France. Le jour où elle découvrit le sobriquet de musique de ï avenir, tout fut dit pour elle. Ce mot devint un sujet inépuisable d'anecdotes et de plaisanteries. Comme une armée de gnomes sortant de dessous terre, ces bons mots et ces quolibets viennent au moment décisif s'emparer de l'œuvre du compositeur et l'affubler d'un accoutrement burlesque aux yeux du public ébahi, qui prend ce déguisement pour son costume naturel. On rit; le tour est joué. — L'autre critique a bien quelques notions du caractère et delà portée de l'œuvre dont il s'agit; mais c'est pour elle une excellente raison de se taire ou de crier de temps en temps au scandale.

Page 1