TANNHAUSER
ituquel je r , le ciel me sourit, le
printemps non cœur s'écrie, impé-
tueusemeni rs elle ! — Lorsque sa
voix se joii le septuor attaque uu
entraînant Irette entrecoupée par
des fanfarf 'mine le premier acte
aux accent itante. On y reconnaît
un appel invitation de nobles
rivaux à di
Nous voi rg. D'un pas rapide et
léger Élisa la yrande salle, dont
la colonnad res donne sur la forêt
de Thurin(j adieuse, le sourire au
front, les bras étendus. C'est là qu'autrefois son âme s'était éveillée à la voix de son poète, depuis , elle n'y est plus e retour, qu'il va té, son cœur bonéchos de la voûte cœur. Dans cette s mélange, sans Son apparition avec celle de la élroitcercle d'or réole, ses longues léger sur son corateau de velours dre d'un pan d'a même. Wolfram pite aux pieds de du revoir, aveux ces émotions se
-6 l'ŒLVRE de RICHARD WAGNER
pressent entre eux. A la q-M^^u d'Elisabeth : « Où tardlez-vous si loiiyte^? » il répond :
Lein d'ici, bien loin, e^ys étranger, un épais rideau d'oubli s'est abaissé entre hier et aujourd'hui... » Il dit vrai; à ce moment, le passé est enfoui. Et elle es JP heu-
reuse surtout pour ir ^'élation
de l'amour s'est faite laste et
ravissant de la poési la fle^r
s'entr'ouve et parfun te à s é-
panouir dans la vier< :e char-
mante. Comment Tar 'nnerait-
il pas à ce bonheur ^s deux
n'exhaleraient-ils pa . nn^c en
entonnant l'hosanna de l'Amour * ?
Tannhaûser s'est retiré, le landgrave entre, la fête va commencer. A son oncle qui lui demande de s'ouvrir à elle, ÉUsabeth répond ; « Regardezmoi dans les yeux, je ne puis parler. — Eh bienl reprend le landgrave, qui devine les vœux de sa fille, les merveilles qu'a fait naître le chant, au'd (es dévoile aujourd'hui, que Fart gra tenant se fasse action. » La salle s comtes, de barons, de châtelains au:
marche brillante; une mélodie plus plus douce accompagne l'entrée Quand tous ont pris place, le landgi solennellement aux chanteurs un s délicat, subhme et troublant, vaste s
' Liszt compare ce duo, pour le senliment e1 ïflle, pour la pureté dans la passion, à celui d ^énie dans Gluck.
lèbrent l'Amour!
Is dévoilent son le prix au vaindéfraya l'immor- !re et d'Agathon, s lyres. Sur comavers les temps!
le. Voix célestes uent ou guerre à on nom iiKervient les luttes humaiqui est l'axe du I élève un instant ;e que pour nous terrible et pour uation déchirante e. Le sort a dési- Lcer, Son chant ; âme contemplaessus de la pasmais de que! senoit dans l'amour jrâces qu'il n'ose nir, La toucher En cela, dit-il, je ! de l'amour. »
Tannhaûser est
leur da Prjiio^l aileaire, à une Juite poélii conservé le csrsctèr« ]ueslioa rapportée par
gS L 'œuvbe
tombé en rêverie Ce sujet redoutable brasse les deux ext wne divine espéranc venirs. Au chant < répondre, et nous €
veille f soupour i l'or-
chestre le motif in
fetidique agit-il à
A la puissante dée!
(jré lui? Une vagu
fait que grandir. C
va s'animer dans
tuant avec les ryll
donnés du Vénnsberg, jusqu'à
impure de la montag
sèment dans la salle.
tranquillement « Wol
la fontaine merveillei
pourquoi ne m'en ap
m'en approche, pour
lèvres?Brûle à jamai
tanche à la source! Sache Wolfram, c'est
que je reconnais l'essence la plus vraie de
mour. » ÉHsabeth, placée au fond de la
un heldaquin, fait un léger signe
ment- * ; Tannhaûser, qui ne la voit
peut l'apercevoir; l'assemblée demeur
ble. Mais voici Wallher qui, renchér
' Ce Irait, que la pruderie seule pourrait trouvei Èlissbelh, nous semble su contraire la marque de i sa noblesse parfeiles. Spontanément, involontsireme me par ce signe imperceptible que la femr"" "■■" me se donne entièrement quand elle s^ ■'"
larme u'il fit
et ne
laiiser
;ccen-
lésor-
que la magie
r audacieu-
iser répond
li je connais
ns le désir,
s? Et si je
!rais-je mes
mais je m'é-
ns la vertu ». —
ne pouvons conimpalienté, aimons re. Point d'amour •s grondent parmi rangs, et avec une ;hevaliers au comles femmes. « Mais icieux, ne vaut pas lu de la vie et de er. Tes plaisirs, à up d'épée ! » A ces
fourreaux, le cli- ;cor(Is de la harpe.
i; Wolfram essaye
pur amour. Mais île s'est déchaîné adversaire. Excité
par le sarcasme, xaltation, entonne toi que je chante iange,àIoi, source eille. Celui-là seul ans ses hras avec
connaissez point, e de Vénus! »
lation s'élève dans ia disparition mjs nfer, il a séjourné [alédiction sur lui.
et les chevaliers ur le malheureux
Co l'œvvbe 1
pour eu finir avec ] a souillé le sancti Elisabeth, qui a sul anxiété et qui resté la révélation finale, nues et couvre le comme d'un bouclit crie-t-elle, je ne c blessHre de votre 1 j'ai reçu de lui? Re a tranché la fleur < profond de son âm< allégresse, j'imploi se repente, que 1 rendu!,.. » Cette \ virginale compassi< vengeance et peu è guerriers farouche Tannhaûser, qui démon intérieur à l'audacieuse affîrn bravait le monde e ves menaçants cens quante, lorsqu'il voi lui, tombe de son prostration subite et itistant s'opère en lu:
Du fond de l'antre d leur j mais savait-il, terrible, inattendue < Elle lui vient à travei il a porté le coup
ste, ■ible $ous
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byCOOl^lC
6i ilation qui lui grandeur d'Élimesure la disvolupté de la t que partager vec lui qui l'a e perdre pour lit trop grande, repentir l'en- ( pèlerins cherque pour obtei s'est offert en
ius le paysage i-ci aux lueurs ire au bord du Les pèlerins îlle, Anxieuseattend, mais il ont passé, elle jrâce. Son derns la fervente les réminiscenl'étreinte de la inceul de mort, né, elle y croit, de jeunesse et (it prête à s'ésouffle du bon- .
e prière. Lorsla sainte déjà '. l'observait de
(ia l'œu
loin, lui dema D'un geste ine dévouement fi <}u'e]le doit sou le chemin du c Après le cha soir qui suit de vierge en des s lugubre se cou apparaît en hf pâle, chancelai et loin d'y troi damnation été contre les hon retrouver le cl Qui donc le poi yis-à-vis du me mais unique m( d'Elisabeth, la devenue la sie ange, » voilà c ces et tortures
monde impitoyable, qui ne pardonne transgresse ses lois, l'a c souverain pontife. Haine, lui! La clémence de Dieu i-aillerîe ! Peut-il reparaît donner le spectacle de ss Non; s'il rentre au Vén' volupté qu'il y cherche, c nel ensevelissement. Le r Rome, que Tannhaiiser a
du la lie
= i,,Cnoiîlc
(i3 qu'il y ait au i drame. Dans ppés aux plus
chant, le récire sardonlque.
mine par le terlédiable ', Ts'ous
impuissant de icrasant. L'hornmble quand, à oix des sirènes ent de la fonU
de Vénus avec ;hantes. Mêmes iteresses qu'aulation du héros, jn enfer mons- Voici sous une ;sse elle-même X endolorie qui cette influence ux bras de son il va retomber
la séductrice, abeth prononcé , « Perdu pour
le : une louijue
i grand adeur.
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loin, lui demande ler.
D'un geste inelîabh son
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qu'elle doit souffrir nce
le chemin du châte^
Après le chant su du
soir qui suit de ses s la
vierge en des sphèr lugubre se couche i apparaît en habit ' pâle, chancelant, la me,
et loin d'y trouver s ; sa
damnation éternellt aye
contre les hommes ée :
retrouver le chemîr ms.
Qui donc le poussaii irds
vis-à-vis du monde, fer,
mais uniquement I -vis
d'Elisabeth, la souffi est
devenue la sienne, cet
ange, » voilà ce qui au-
ces et tortures tout s le
monde impitoyable, qui ne pardonne pas à qui transgresse ses lois, l'a condamné par la voix du souverain pontife. Haine, lui ! La clémence de Dieu ' raillerie ! Peut-il reparaît doiiner le spectacle de sa Non; s'il rentre au Véni Volupté qu'il y cherche, c nel ensevelissement. Le T' Rome, que Tannhaûser a
D,izMinGooiîlc
«3 1 qu'il y ait au Je drame. Dans lappés aux plus e chaut, le récirire sardonique.
irmine par le termédiable '. Nous le impuissant de,
écrasant. L'horcomble quand, à voix des sirènes rtent de la forêt e de Vénus avec ichantes. Mêmes interesses qa'au- :uation du héros,
un enfer mons- . Voici sous luie fesse elle-même )ix endolorie qui i cette influence aux bras de son
il va retomber e la séductrice, isabeth prononcé e. « Perdu pour it.
ime : une lonijue
j ([ue la comprend insufËsant et ridi- ,t le grand acteur.
ni une déclamation.
fi 4 l'œvvr
procession funèb cercueil d'Élisabe volontaire. Tann ces restes adoré:
rendant son deri cette âme le sau jamais le purifie 1 fiancés ! une inv désormais 1 Sur soleil ; l'hymme t cent bouches et :
les corps inanim souffrir. Il s'élèv soupir de l'huma monte incessami emporte sur ses
< Dans ce récit, nou uaraclère de la musii appelé le système de pli cation intelligente d apparaît déjà clairem dans le Vaisseaa-Fan motifs saillants et la dire cependant que 1 •jènécale, Tannliaiise l'ancien opéra. Dans I mailre n'a pas toujo rond en un seul lout ment que le combat di 1ère des divers poèt lutte morale ne se tra
teiir de l'idée poéliqu parfaite, na complète pas à se tromper ; es jusqu'aux moindres il priformé dans la m' acteurs tdchent d'efTai qui reste çà et là d(
sur le type de ;c l'histoire de me. Ce fait se dans le poète.
1 avant la coii- 1 étudiait avec léme temps que ir cette double lans le pays de
laquelle choiboutissaient au en-âge le fascifen. Le génie lille ambitieust!
éclat une cerenfante le type berousse, celui 'ic H. Jusqu'à entures, de tra- Impire, expédite des papes et s son ensemble i considère son [is, le génie qui
fond une puisen tout sens, et irit de domina-
Je rêve d'une i celui d'Alexan- !,un étrange et
Ère Force. Alors s«it-
DigizMbïGooglc
6(> l'œlvb
haut idéalisme, !
nie en
leur mission et
alures
dit titfe reuses, aux
s sont
à la fois hommes
Tic II,
nirieux alliage d
mand,
pliilosophe, léf)if
par-
dessus tou(, s'eni
ouba-
dours et de femn
génie
de cette famille f
rude
Allemagne et la
et le
spirituel, la maîti
ardes
et la couronne di
eu de
son empire, sa
cesse
vers la Palestine
it, oii
la légende popula
nysti-
que et supra-teri
rande
fut la splendeur <
dans
le bien et le mal ;
;i der-
nier rejeton finit
Richard Wagne
génie
de cette race e
après
s'être arrêté un i
t l'es-
qiiisse d'un dran
rédé-
rie II. Ce drame,
isSait
en Sicile, l'histoir
et le
(jéiiie des Holieii
i fois
dans Manfred et
e du
héros, inconnue di
tesse
qui soulève le peu
i son
trrtne compromis,
con-
fessant son amour
Mais, r
ous dit l'auteu
de ce
jirojel, « l'image
de Manfred s'effaça
quand
1 mon cpil 1 dehors; traits infia fois être iavantage , dont la :achait la ! désirais neat dans
éfmitif du I de son rs l'opéra
de l'idéal à pleines musique, ient rare- 8 se gêne légende le place iché pour dire avec toute la ne figure
r? Deux uveau, le et le ciel la grande moderne, de l'âme.
zc^inGoo^lc
Ceux-là SOI inaccessiblt éireindre t( Ce doubl En son co mondes ex' sèment. 11 yeux de toi le centrai] d'une ma ni et féal ami quête. II m aime il veu toucher la deurs de li descendre la heauté s ivresse da devant l'ai de milieu i sens à l'e; de la foi, parvient à qu'il cherc pureté, de toute Tard l'a conquis qu'il s'agit le conflit. ] chant, il irruption, chanter ^
DiglIMbyGOOglC
TAN.NHArSEE (^
destin. Jamais il n'a été plus lui-même qu'en ce. moment terrible, où ses deux vies n'en font plus qu'une seule; c'est le triomphe de Tannhaûser et c'est sa mort, car en s'sftirmant ainsi il se perd a\cc celle qu'il aime.
Lorsque après l'expiation de la souffrance, le hérop rend son âme devant le corps inanimé d'ÉlisaLeth, nous ne pouvons nous défendre d'une 4^molion religieuse. A notre tristesse se mêle one satisfaction suprême. Et cet apaisement, ce souffle religieux nous vient d'un sentiment purement humain. Car la grâce est ici le miracle de l'Amour et du Sacrifice, non celui d'un Dogme et d'une Église. Elle sort du cœur humain, du cœur d'une femme aimante. Le héros succombe, mais sa mort exalte la pensée qui fut sa vie. Sur son cercueil, deux mondes comme deux torrents se rejoignent avec allégresse. Les générations futures accompliront-elles ce qui ne peut être l'œuvre d'un individu? Le rêve de Faust, le désir véhément de Tannhaûser sera-t-il jamais une rêarité?L'homme saura-t-il réconcilier l'âme moderne avec la beauté antique? Qu'importe ! dans l'art ils le sont d'avance. L'humanité célèbre son plus beau triomphe quand un de ses fils tombe pour une grande idée.
bvG(^o^lc