‹ Le drapeau blancChapitre 10 sur 61 · I. 2*^ LIVRAISON · texte numérisé non relu

I. 2*^ LIVRAISON

( 66 ) heurs de s^otre Roi , qui avez pleuré , qui pleurez en core sur sa mort , mais qui devez vous reprocher de n'avoir fait aucun effort pour enchaîner cette minorité criminelle qui le traîna au supplice; ah! c'est à vous qu'il appartient de prouver , de plus en plus , que là nation fut étrangère à ce crime ! Ralliez-vous autour du Roi et de son auguste Famille , dédommagez-les de ce qu'ils ont souffert pendant tant d'années , consolez-les des pertes douloureuses qu'ils ont faites, par les témoignages multipliés de votre respect, de votre amour et de votre fidélité; imposez silence à ces charlatans politiques , à ces hommes funestes qui cherchent à vous agiter, à vous diviser et à vous traîner à leur suite pour ébranler encore une fois le trône et le renverser. Les imposteurs ! ils ne parlent de sûreté personnelle que pour attenter à celle des autres , d'humanité que pour être barbares impunément, de peuple que pour l'asservir, d'égalité que pour s'élever au-dessus de tous , ^ie liberté que pour rétouffer , de patrie que pour la déchirer cl la détruire. Tout ce qui est nécessaire à votre bonheur, tout ce qui peut l'assurer, vous le trouverez tians cette Charte que le plus sage des Rois nous a donnée , dans cette Charte dont ils ne voulurent pas se contenter en 1789 , lorsque l'infortuné Louis XVI nous offrit lui-même, dans la séance mémorable du 23 juin, tous les bienfaits qu'elle nous assure; dans cette Charte, en un mot , sous l'empire de laquelle nous avions le bonheur de vivre au 7.0 mars i8i5, et qu'ils repoussèrent également à cette fatale époque , pour se rallier au despote le plus farouche qui ait jamais pesé sur l'espèce humaine !

M AURICE-MejaN ; ayocat à la Cour royale.

Aux pénibles réflexions que nous inspire tous les ans l'anniversaire du 21 janvier, il s'en joint une d'une espèce particulière. Nous nous étonnons de ce qu'il peut y avoir des citoyens qui refusent de se joindre, ou qui ne se joignent qu'à regret aux prières que le reste de la France adresse au ciel , pour en implorer le pardon du crime affreux dont son sol a été souillé. C'est sous le prétexte qu'ils n'ont point pris part à ce crime, que ces citoyens croyent pouvoir en éloigner d'eux la responsabilité. Jusqu'à présent nous avions pensé que tous les membres d'une république étaient solidaires , tant pour le bien que pour le ip^l. Dans toutes celles-de l'antiquité, nous voyons les jours où de grands crimes ont été commis, marqués à jamais dans le calendrier comme des jours malheureux , parce que la cité entière croyait devoir expier l'erreur d'un seul de ses membres. En Angleterre, aujourd'hui même que la famille des Stuarts n'occupe plus le trône , et que le parti des Whigs triomphe depuis pkis d'un siècle , l'anniversaire de la,anortde GharlesP'' est encore célébré, non point comme en France, par une simple cérémonie religieuse , à laquelle assiste qui veut, mais par un deuil et un jeune universels, auquel nul citoyen ne peut s& dérober sans attirer les yeux de tout le monde- Comment se peut il donc faire que, dans une nation connue autant par sa sensibilité que par son respect pour toutes les bienséances publiques et privées , il y ait des gens assez orgueilleux pour se croire seuls exempts de la règle générale ? Quoi qu'il en soit , nous croyons devoir leur proposer une tran-

saction qui ne pourra manquer de meltre leur déli* catesse à l'abri. Personne n'ignore que les armées ont unanimement exprimé leur horreur de la mortde Louis XVI, et que ces généreux guerriers ont combattu avec d'autant plus d'ardeur, qu'ils croyaient devoir laver cette honte dans leur sang. Qu'à eux soit donc accordé l'exemption: ils l'ont bien achetée. Quant aux héros sur le papier, aussi étrangers à nos victoires qu'à nos crimes, nous leur proposons aussi de les décharger de toute responsabilité au sujet de la mort du Roi , à condition qu'ils s'engageront, de leur côté , à ne jamais prétendre aucune part dans la gloire de nos armées. A compter d'aujourd'hui , ils s'abstiendront d'implorer la miséricorde divine pour un crime qu'ils n'ont point commis ; mais ils s'abstiendront aussi , dans leurs ouvrages , de toute allusion aux victoires auxquelles ils n'ont pas non plus contribué. Les noms de Fleurus, de Marengo, d'Austerlitz ne sortiront plus de leurs bouches. Ils ne peuvent ignorer que , par un article du Code , toute société où un associé se serait réservé une part des profits, sans participer aussi aux pertes^ serait nulle de plein droit. Qu'ils choisissent donc, ces citoyens consciencieux, de rendre leur association valable en supportant avec nous ses cljarges , ou de renoncer à celte association , et par conséquent aux profits qu'ils en pourraient retirer.

( ^9 ) CORRESPONDANCE

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