I. 2*^ LIVRAISON
des explications à ceux qu'elle doit surveiller et qu'elle peutaccuser?En suivant l'esprit de la Charte, et procédant par ordre , selon la marche naturelle indiquée par ces conséquences rigoureuses, déduites d'un principe constitutionnel, la Chambre des députés, si elle n'est point satisfaite des renseignemens officieux que les ministres ne peuvent leur re* fuser, ne serait-ce que par politesse, a le droit d'exiger des communications officielles qui déterminent sa résolution définitive.
Comme dans l'état actuel de nos institutions politiques , le droit de pétition ne peut être établi que provisoirement , je ne pousserai pas plus loin la discussion sur celle matière. L'architecte aura fait un beau dessin, mais de quoi lui servira-t-il , si Ton ne lui donne les matériaux nécessaires pour bâtir
son édifice?
Sarran.
NOUVELLES DIVERSES
On assure que le général Grouchy est autorisé k revenir à Paris. On ne dit pas encore s'il échangera contre la dignité de maréchal de France, le titre de maréchal d'Empire que Buonaparte lui conféra pendant ^es cent jours. aùv,'.a \
— La Cour royale de Nismcs vient d'être instituée. Elle était composée de quatorze juges, dont aucun n'avait prêté serment à l'usurpateur, lorsqu'il rompit son ban. Treize de ces dignes magistrats ont cessé de l'aire partie de la Cour; huit sont définitivement destitués; cinq, qui comptent presque tous plus de trente ans de magistrature , sont envoyé»
( 83 ) dans les cours les plus éloignées ; un seul a été exempt de la disgrâce. Il avait mérité cette exception; sa conduite pendant les élections a paru un gage suffisant de ses principes futurs.
Correspondance prwée.
On a cru s'apercevoir , depuis quelque temps j que le Morning-Chronicle était entré dans une liaison intime avec la Mineri^e. Voici une lettre extraite des papiers anglais : elle peut servir à faire voir jusqu'à quel point cette conjecture est fondée.
Paris y 8 janvier.
« Nos nouveaux ministres , en général , et M. Decazes, en particulier, conservent encore leur popularité; mais ils peuvent la perdre aussi rapidement qu'Us l'ont acquise. C'est par ces faits que nous allons les juger. Un grand nombre de ces tonclionnaires si indignement destitués en i8i5 et i8i6^ s'attendent à rentrer en place. : , ,.
« Mais autant notre espérance est vive , autant notre irritation serait extrême, si nous nous voyions encore désappointés. M. Decazes se trouverait alors dans une position plus délicate que sous l'ancien ministère; ses partisans n'auraient plus la ressource de tout rejeter sur M. Laine. En vain chercherait-il à gagner quelqu'orateur ou quelqu'écrivain de l'opposition. Qu'est-ce qu'un individu de plus ou de moins? Ce sont les masses qu'il faut diriger.
u Mais il est un autre obstacle bien plus puissant. Croit-on que la disposition d'esprit qui, il y a quelques jours , fit appeler au timon des affaires les membres les plus influens du côté droit , ne puisse
point se reproduira? Il faudra donc que les nouveaux ministres transigent avec ces dispositions, ou qu'ils les surmontent , ou enfin qu'ils se retirent. Je voudrais bien ne pas décourager ; mais , franchement, je doute que les choses puissent marcher d'un bon pas, avant que la Chambre ne soit renouvelée en totalité , par Teffet de la loi des élections.
« Les Chambres ne font rien , et n'ont rien à faire. La proposition relative au duc de Richelieu n'est qu'un artifice pour colorer, aux yeux de la Russie , le renvoi de ce ministre. On présume que cette puissance en prendra beaucoup d'humeur. Mais pourquoi vouloir récompenser si largement M. de Richelieu? N'est-ce pas lui qui, annonçant à la tribune le déplorable traité du 20 novembre 181 5, dit que l'armée française avait élé décimée à Waterloo , expression plus digne d'un général russe que d'un ministre français ?
— Des lettres écrites de Madrid par des personnes dignes de toute confiance, annoncent que presque toutes les bandes qui infestaient plusieurs provinces , sont détruites. Quelques chefs ont été pris par les délachemens envoyés contre eux, et leur prompt «Supplice imprimera une terreur salutaire aux briî^ands que l'indulgence et la faiblesse ne font qu'encourager. t< Notre roi Ferdinand, disent ces lettres, réunit tes qualités les plus précieuses, les plus dési. râbles dans un Monarque : une fixité immuable dans ses principes de gouvernement, une laborieuse activité, uncvolonté ferme, constante, une religieuse fidélité à sa foi, et une franchise chevaleresque qui ne lui permet pas plus de dissimuler son mécontenf-cment qtie «a salistaction. 11 est respecté, chéri des
( 85 > bons Espagnols , et craint des méchans , qui se vengent de l'impuissance à laquelle il les réduit , en semant dans les pays étrangers des calomnies contre ce prince , et de fausses alarmes sur l'état de son royaume. Ces nouvelles sinistres, ces déclamations injurieuses, trouvent sur-tout en France des gens toujours disposés à les propager, aies amplifier; et comment ces gens se refuseraient-ils le plaisir d'outrager, de calomnier le roi d'Espagne!... C'est toujours un Bourbon. Mais toutes ces clameurs mensongères ne peuvent rien contre les faits. Depuis que Ferdinand VII est remonté sur son trône , ses sujets n'ont pas eu la douleur de le pleurer une seconde fois.
MÉLANGES
Nous avons dissimulé à nos lecteurs l'humeur que nous éprouvions en leur livrant le premier nu^ méro sans l'emblème caractéristique qui devait en parer la couverture , et rendre sensible à leurs yeux l'image que nous offrions à leur esprit et à leur cœur. Notre petit porte-drapeau n'était pas prêt , et nous avons préféré partir sans lui que retarder notre, départ, bien sûrs que nos amis pardonneraient à notre empressement cette petite négligence dans notre toilette. Nous avons vbien grondé le graveur, qui prétendait pourtant ne pas avoir tort, et s'excusait sur le défaut de temps; c'est lui , c'est lui seul qui a empêché un soldat de la Garde royale d'être à son poste à l'heure indiquée ( heu?'e militaire ) .
Pouvions-nous confier notre drapeau hîanc à de meilleures mains mi'à celles d'un militaire de cette
(86) Garde, anssi brave c|r.p fidële, dont il sera plus facile de clianger l'organisation que d'altérer l'excellent esprit? Ce corps d'élite sera toujours le modèle de l'armée , et ne cessera jamais de mériter l'estime et la reconnaissance des bons Français.
Un insolent bureaucrate (i) a cru adresser une injure aux mililaii es de la Garde royale , en les appelant les arîstocrQtes de Tarmée. Jl n'a dit qu'une sottise. La Gartle et l armée ne sont ni aristocrates ni démocrates ; elles sont royalistes. Elles repoussent ton le dénomination de parti , et ne connaissent que le Koi et la France. Elles savent, et n'oublieront jamais , qu'on ne se bat point pour la patrie quand on se bat pour un parti oii le Roi n'est pas.
L'armée est instituée pour faire respecter la patrie , représentée par l'autorité légitime. Une armée démocrate ne serait que le brigandage organisé ; et le soldat le plus audacieusement ou le plus adroitement factieux, deviendrait bientôt lechetde l'armée, et le tyran de la nation.
Honneur aux braves à qui la France a confié son trésor le plus précieux! Honneur aux braves pour lesquels cette préférence est un objet d'émulation, et deviendra une glorieuse récompense!
p' ii^e le Roi! la Garde royale! l* Armée française et le drapeau b la nef
— La courte république de Texas ne trouvera-t-elle pas un historien? Quelque IVère et ami , aujourd'hui i la solde du génie de la liberté, et habile dans l'art de rédiger des bulletins (art qu'il apprit quand il était salarié par le génie de la victoire) , ne se don-
(i) Pour peu qu'il nous y inyile, nout le nommerons,
( 8? ) nera-t-il pas la peine de brocher quelque petite carmagnole sur la grande catastrophe qui a détruit la colonie guerrière? C'est dans Tespoir de fournir des matériaux utiles à l'écrivain patriote qui essayera de transmettre à la postérité le récit de ce mémorable événement, que nous consignons ici une pièce officielle assez curieuse. On sait que les tribus sauvages voisines de la colonie héroïque , voj^aient de tort mauvais œil ces nouveaux hôtes qui , pour les familiariser avec les bienfaits de la civilisation et les douceurs de la gloire , avaient commencé par leur faire connaître les avantages des réquisitions , les commodités des exécutions militaires , et toute la félicité dont la présence de conquérans armés comble le pays conquis. Ces ingrats sauvages ne furent-ils pas assez stupidement fanatiques, pour regarder comme des libérateurs les Espagnols, ces esclaves à demi brûlés par l'inquisition , qui vinrent supposer aux progrès des lumières , et les replonger dans rignorance!
Ils se battirent de fort bonne grâce contre les planteurs de lauriers , et firent prisonniers quelques héros qui cherchaient à s'échapper du fort Lallemand. Ces braises ne moururent pas , ils sa rendirent. On les crut perdus. Deux jours après, le chef des sauvages les renvoya porteurs d'un message conçu en ces termes : « Voici tes hom- «mes, dont j'étais fort embarrassé. Nous autres t( sauvages , nous ne tuons pas les gens pour le plaîu sir de les tuer, comme on dit que vous avez fait « plus d'une fois. Quand il nous arrive d'égorger u nos prisonniers , c'est pour nous en régaler au fes- V tin de la victoire. Mais l'aspect de tes compagnons
( 88 ) u a inspiré à toute ma peuplade un dégoût , une ré^ « pugnance semblables à ceux que fait naître Tas- K pect d'animaux infectés de maladie contagieuse. « Tout le monde aurait tremblé d'en goûter. Re- <c prends donc tes hommes. Que veux-tu que nous u fassions de gens qui ne sont bons ni à rôtir ni à K bouillir? »
Le Grand-Casse- Téte-Rouge, .
Chef de la tribu des Chikiskas.
— M. Azaïs aspire au fauteuil de l'abbé Morellet ; mais il paraît que cette compensation n'aura lieu jque lorsque M. Azaïs aura enfin obtenu une réponse de deux lignes seulement , a toutes les lettres dont il accable M. de Chateaubriand. S'il en est ainsi , espérons que le noble pair. gardera le silence (pour la première fois nous l'aurons désiré) j il aura bien mérité de l'Académie! >
— Le chef détat- major d'un ministère qui changera de nom plus aisément que d'esprit , taxait d'exagération les plaintes du général Cliappedelaine sur les rigueurs qu'il a éprouvées à la Force, a Par «( exemple, disait- il , /e générai assure qu'il a e'/p
a jçié auprès de trente galeux Je dois le savoir ,
(( moi ; eh bien , je vous certifie c/u'il n'y en aidait que' Ki quinze ; ensuite amusez-yous à plaindre ces mes^ (( sieurs , et sur tout à les croire I » Nous ne discuterons point l'exactitude mathématique de ce tait , dont M. M*** paraît tiop sûr, mais enfin, s'il n'est poiht médecin , il s'est du moins acquis un nom dans les sciences avant d'en avoir un dans le ministère. Nous le prierons de nous dire combien , à son avis , il faut de galeux pour (jye la contagion de cet hor-
(8.9) TÏble mal lui paraisse* à craintlre, sur-tout quand il s'agit d'un conspirateur royaliste.
Nous réclamons dé plus , au nom de rhumanité , la première place qui vaquera au conseil de salubrité des prisons; M. M*** doit y être nommé à Tunanimité.
— Les hostilités commencent d'une manière régulière , d'abord entre les infiniment petits. Les petits indépendans de Louis-le-Grand ont secoué le joug du petit ministère , dont le président a été frappé un moment de terreur panique ; mais il s'est remis , et la rétribution universitaire n'en ira pas moins son train ; cet orage passager, suivi d'un beau que Ton croit fixe, pour l'un et l'autre ministère, rappelle naturellement la jolie comédie des /?/cocAe/5. Quand on cumule comme M. R*** c*** ^ant de moyens de succès, devrait-on s'alarmer d'une insurrection de collège?
— • Le lendemain du jour où les petits révolutionnaires du collège de Louis-le-Grand avaient fait leur i4 juillet eu miniature , un personnage très* grave , par sa place, se promenait d'un air soucieax dans le'jardin du Luxembourg. Un doctrinaire de ses amis ( ces doctrinaires-là ne sont pas de la doctrine chrétienne) l'aborde, et lui demande quel est fobjet de la profonde rêverie où il semblait plongé, u Mon cher, répond-^il d'un ion magistral, et en passiant lentement la main sur son front, ceci commence à devenir inquiétant : nous avons affaire à une jeunesse pensante , réfléchissante , agissante , qui
paraît ne vouloir ni de Dieu ni des ; pour
ceux-ci... à la rigueur... Mais Dieu ! î que mettre à la plsLCè? Cest difficile... J'y songe.))
— H est tout naturel que des visites amicales suivent la signature d'un traité de paix, d^alliance et de fraternité. La Minen>e çst devenue la comjnensale du ministère. Le jour où la vénale Sagesse alla faire sa première politesse au plus influent des ministres, emportée par la ferveur d'une amitié récente , elle oublia l'étiquette que commande la dignité d'une déesse armée ; et pour rendre son salut plus civil , elle ôla son casque. Aussitôt un brou- Jiaha s'éleva dans le cercle des assislans. La déesse, qui est frileuse , avait sous son casque un bonnet de laine rouge. Son excellence fut assez bonne pour n'avoir pas l'air de remarquer ce dessous négligé.
— Les 5-^,000 francs que Aliiwive trésorièrc ne savait plus à quel usage employer depuis que la république naissante de Texas s'est évaporée , vont, dit-on , servir à fonder un petit collège d'asrle, pour les écoliers (jui ont été chassés des collèges de la Flèche et de Louis-le-Grand , comme chefs de révolte. Là ils recevront une éducation plus libérale encore, s'il est possible, que celle qu'on leur donne dans l'université dont M. R*** C*** est le chef. Ils auront pour tout livre de prières le catéclfisme de Saint-Lambert ; ils ne liront Homère que dans la traduction de M. Aignan-Hochelort ; Virgile, que dans celle de M. Tissot-Manège. La Mincn^e , les Lettres normandes , ïlloninic gris charmeront leurs utiles loisirs. On n'admettra point de classique français qui remonte au-delà tlu dix-huitième siècle, cet âge heureux de la philosophie. Dans les exercices annuels, les élèves joueront quelques tragédies de Chénier , peut-être même quelques pièces dent la représculation publiqvie aura clé défendue. On dis*.
(9- ) tribpera pour prix, aux écoliers couronnés, tous les chefs-d'œuvre de la philosophie moderne ; ceux inènie dont on croira les facultés intellectuelles assez perfectionnées , pourront recevoirle Dictionnaire des At])ées de Silvain Maréchal , de pieuse mémoire. On désigne M. fabbé Grégoire comme grand - maître do cette belle institution; MM. Jay et Tissot seraient directeurs des études. On ne recevra parmi les professeurs et répétiteurs, aucun ecclésiastique, à moins qu'il ne soit marié.
— ^ On sait que MM. Chevalier et Reynaud viennent d'être condamnés à l'emprisonnement pour avoir publié dans le supplément de la Bibliothèque historiifue , dont ils étaient les rédacteurs et les éditeurs , une espèce d'apologie raisonnée des régicides. I/indignation qu'a excitée ce plaidoyer, en faveur des bourreaux du plus innocent des hommes , du plus clément des Rois , n'a point empêché la pitié de s'attacher à ces deux jeunes Séides de la révolution , qu'ils n'ont pas connue , et dont leur esprit aveuglé défend les principes, tandis que leur cœur, nous aimons encore à le croire, en repousse les horribles conséquences. Cette pitié ne pourra qu'augmenter encore, s'il est vrai, comme on le prétend, qu'ils portent la peine d'un délit dont ils n'ont été que les jnstrumens. On assure que ce n'est pas leur main qui a tracé cet odieux écrit, qu'ils l'ont reçu des pays étrangers, et que l'auteur de l'apologie des régicides est un régicide lui-même, qui, au lieu d'expier son crime par les remords , a l'audace révoltante de vouloir le justifier. On attribue l'article dont MM. Chevalier et Rejmaud ont eu l'atFreux courage d'accepter la responsabilité, à cet homme per?
( 92 ) yers et pusillanime , féroce par lâcheté , qui fut le panégyriste de Carrier, de Joseph-le-Bon, dont les sanguinaires excès révoltaient même quelques montagnards ; à ce peintre badin des massacres et des assassinats , qui trempait en souriant son pinceau dans le sang des victimes , pour peindre les fêtes du carnage ; qui mérita le sobriquet à' Anacréon de la .guillotine; qui brochait les carmagnoles de Robespierre, et qui aurait été digne de rédiger les bulletins de Buonaparte... J'ai nommé Barrère.
— M. Decazes se croit l'objet de la haine des royalistes : il a grand tort; quoiqu'il ait fait beaucoup pour la mériter, il n'est pas encore parvenu à l'obtenir. Ils lui veulent au contraire tant de bien , qu'ils appellent de tous leurs vœux le jour oii l'on fera , dans la Chambre ^es députés , la proposition de demander pour lui une récompense nationale, dût la motion être faite par M. Courvoisier, et soutenue, en vertu de la nouvelle alliance, par IVINI. Bedoch, Manuel et Lafayette.
— Puisque la jurisprudence actuelle donnant un démenti aux anciennes lois du royaume , regarde le duel comme une action indififerente qui n'intéresse en rien l'ordre social , les journaux ont raison de se croire autorisés à régaler leurs lecteurs du bulletin du Bois-de-Boulogne : il doit être placé immédiatement après fétat énumératif des pendus , des noyés , des asphixiés , des empoisonnés , des cerveaux brûlés , etc. , etc. Aussi nos feuilles publiques nont-elles pas négligé de taire retentir toute la France du duel dans lequel iM. le colonel Fabvier n failli être dangereusement Liesse par M . Diiclos. il e6t presqu'impossible qu'aujourd'hui un duel ,
(93) comme tout autre événement encore moins sérieux, ne devienne une affaire de parti. Nous iie doutoné pas que M. Fabvier n'ait été suivi sur le champ de bataille des mêmes vœux qui l'accompagnaient à hi police correctionnelle ; mais son destin était de recevoir , en plaidant comme en se battant , une blessure également légère.
Ceux qui désiraient sa victoire n'ont pas employé de nobles moyens pour venger sa défaite. La calomnie est l'arme la plus vile , mais la plus commode : c'est celle qu'ils ont choisie. Il n'est pas de bruits faux et absurdes qu'ils n'aient essayé de répandre srtr' le compte de M. Duclos. w C'est un ancien chouan , »* ont-ils dit : jusque-là il n'y aurait pas trop de quoi' «'offenser. « Il a arrêté les voitures publiques, » ajoutaient-ils. Ceci devient plus grave , et demande explication. '" "^^ ^^'
Nous étions dans un lieu public où le propos fut' tenu : un particulier décoré, et d'un extérieur imposant, prit la parole. « Je connais M. Ducios , dit-il' « avec une teinte d'accent méridional^ quelle c'ît^ u soit l'estime que je lui porte, je suis obligé de ce*?-' a venir que le reproche est fondé. M. Ditclos a arrêt', « les voitures publiques . » (Ici , Ae vijfétgQrdtti cale. niateur rayonne de joie.) u Je fus* riic^iioii'. .; 'u moin, continuel chevalier de Saiiït-ïi©ûls ^ « jour, à Bordeaux, il tenta, lui quinzi^iiîl, c. /. .- « ter les oharretlesqui conduisaient des Viè'-èâies'l-Q^ V guillotine. L'escorte épouvantée recula- li:. :::.:.-:. i a suspenditunihstantsafaulx.MaiSjhélai^i^ï^xi'^?,^ . « renfort arriva aux bourreaux ; le coi*tâfe;6 ïuiàùhx"- « reprit sa marche ; et une fuite rapid<^^,iîi,^;<f.i*T'j (( par le peuple , sur le<j«el une aeti&ii^5sfci::«? -i".
(94) « ne perd jamais ses droits , préserva seule M. Dun clos et ses amis du sort dont ils avaient voulu sauce verTinnocence. Voilà, messieurs, ce qu'on appelle (( arrêter les i^oitures publiques. Les charrettes de la t( guillotine étaient vraiment les diligences de la ré-, c« volution. ))
— Erratum essenlieL Nous ne rectifierons pas quelques légères fautes typographiques qui ont pu se glisser dans le premier numéjo du Drapeau blanc ^ mais nous ne pouvons passer sous silence une erreur qui d'abord produit v\xi contresens ^ et, déplus, ai toute l'apparence d'une mauvaise plaisanterie ou d'un sot compliment adressé à un ministre. Le traducteur des papiers anglais avait écrit en abrégé le B"" abbé Louis ; le compositeur a mis, et le prote a laissé passer, le Bon abbé Louis. On croit bien que ni Tun ni l'autre n'ont l'honneur de connaître Son Excellence : ils n'auraient pas commis la faute. Si jamais les ministres obtiennent des surnoms comme les rois, M. Tabbé , ministre des finances, ne sera pas appelé Louis-le-Bon ou le Débon^ jiaire.