‹ Le drapeau blancChapitre 21 sur 61 · LE LÉZARD ET LE SERPENT · texte numérisé non relu

LE LÉZARD ET LE SERPENT

FABLli

Dédiée à certains indépendans.

Comme au lézard le serpent

Clierchait à livrer bataille ,

Celui-là, leste et prudent,

Fuit au trou d'une muraille ^

Et pendant l'hiver- entier

y demeura casanier.

Quand vint la saison charmante

Qui nous ramène les jeux ^

Le reptile venimeux

Quitta sa robe brillante.

Et ses anneaux ëcailleux.

Au lézard qui, de son gîte,^

K'osait encore bcai^er,

Il vient taire une visite:

Tu peux sortir sans danger,

Ami, viens que je t'embrasse,

Dit il ; enfin mon courroux ,

Aux sentimens les plus doux.

Dans mon âme a laissé place.

Viens, mon cher, et qu'entre nous

Pour jamais la paix se fasse.

Eh quoi! d'un accord si beau,

Sentirais-tu quelque peine?

Je le jure de nouveau,

IVJe tiépoui liant de ma peau

J'ai dépouillé toute haine.

C'est tort bien, dit le lézard;

Mais tu crois, maître bavard,

A plus sot avoir aiïaire-,

Va , je sais trop qu'un serpent

Change ])lus facilement

J)e pe>iu que de caractère.

Le marquis de Vàlai^ovs.

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