LE LÉZARD ET LE SERPENT
FABLli
Dédiée à certains indépendans.
Comme au lézard le serpent
Clierchait à livrer bataille ,
Celui-là, leste et prudent,
Fuit au trou d'une muraille ^
Et pendant l'hiver- entier
y demeura casanier.
Quand vint la saison charmante
Qui nous ramène les jeux ^
Le reptile venimeux
Quitta sa robe brillante.
Et ses anneaux ëcailleux.
Au lézard qui, de son gîte,^
K'osait encore bcai^er,
Il vient taire une visite:
Tu peux sortir sans danger,
Ami, viens que je t'embrasse,
Dit il ; enfin mon courroux ,
Aux sentimens les plus doux.
Dans mon âme a laissé place.
Viens, mon cher, et qu'entre nous
Pour jamais la paix se fasse.
Eh quoi! d'un accord si beau,
Sentirais-tu quelque peine?
Je le jure de nouveau,
IVJe tiépoui liant de ma peau
J'ai dépouillé toute haine.
C'est tort bien, dit le lézard;
Mais tu crois, maître bavard,
A plus sot avoir aiïaire-,
Va , je sais trop qu'un serpent
Change ])lus facilement
J)e pe>iu que de caractère.
Le marquis de Vàlai^ovs.