I. 5^ LIVRAISON. i
qu'il devenait dangereux pour les royallsfes délaisser en place 5 on devait — (^ue ne devait-on pas faire? Les assurances les plus positives lurent données par celui qui, plus tard, n'ayant pas le moyen de les tenir toutes , n'a pas été bien aise , après avoir fait dans la capitale de vaines sollicitations, de retourner dans un pays où ses camarades les royalistes auraient pu lui reprocher un peu vivement un manque de loyauté dont il a cependant pâli tout le preii.ier; car que ne lui avait-on pas promis à lui-même?
C'est ainsi qu'en politique on s'embrasse la veille, on se brouille le lendemain 5 c'est ainsi qu'à Paris, oîj tout devrait se faire en grand, les évènemens ne vont pas plus haut que ces petits évènemens de province ; c'est ainsi que déjà, dans la Chambre des députés , les joyalistcs de gauche et le centre ne parlent plus le même langage; que l'un dit la Cliarle, quand les autres disent la liberté; c'est ainsi que, malgré la nouvelle alliance , le ministère s'est vu au moment de ne pas obtenir la récompense nationale de M. le duc de Richelieu , parce que les loyalistes de gauche n'étaient pas satisfaits d'un ministère peu prompt à réaliser toutes les espérances qu'il avait fait naître. Tout s'est arrangé pour le moment , comme je l'avais prévu dans ma première lettre : les concessions politiques ont produit leur cfiet accoutumé, et le ministère, qui sait que les petits présens entretiennent familié , a fait le sacrifice de quelques hommes monarchiques aux royalistes, qui , en attendant mieux , ont bien voulu se contenter de ce léger à-compte. La loi Richelieu a passé, parce qu'au surplus son objet, en général de peu d'importance,* n'est pas le plus intéressant pour les royalistes , dont
le but, si l'onr en croit quelques bonnes têtes, n« tend à rien moins qu'à se mettre en mesure de don^ ner une récompense nationale à la monarchie.
La discussion sur le projet de loi relatif à la responsabilité ministérielle, développera de plus grands intérêts. Les royalistes de gauche sont assez disposés à tout accorder aux ministres , pourvu que^ les ministres ne leur refusent rien. Mais le ministère , divisé dans le fond en trois intérêts , tels que je les ai signalés dans mon n^ I , sera-t-il également tiaitable sur tous les points? L'intérêt du despotisme surtout se pliera-t-il à tous les caprices de l'intérêt de la démocratie? Le troisième intérêt ne reculerat-il pas devant les suites probables de l'influence que le triomphe de certaines doctrines en France pourrait faire réagir sur l'Europe?
La loi répressive des délits provenant de la liberté de la presse éprouvera peut-être moins de ditficultés. On dit, à ce sujet, que les royalistes de 1819, qui étaient autre chose en 181 5, autre chose en 1810 , autre chose en i 799, autre chose en 1798, ont un intérêt particulier à seconder les mesures restrictives de cette liberté , parce qu'on assure que ce qu'ils faisaient quand ils étaient autre chose que des royalistes , ne pourrait être dit sans blesser !a délicatesse de leurs oieilles; et l'on assure que ces messieurs ont beaucoup de délicatesse dans les oreilles. Il y a quelque temps , la Minerve s'est hasai^dée à nous annoncer ce projet de loi comme étant trèslihéralj ce qui s'accoïde parfaitement avec la certitude que rien ne peut nous ôter maintenant de voir l'imprimerie et la librairie soustraites à finfluence légale de la justice, et confiées; pour le plus grand
bien clés lettres , pour le plus grand honneur des écrivains , et surtout pour la plus grande indépendance des opinions politiques , à une direction générale dépendante du ministère, ou, si vous aimez mieux, du ministre de rintéiieur, qui conserve à) sa porte les factionnaires de la gendarmerie, attribut dislinctif de l'ancien ministère de la police générale.
Le centre, qui a de l'esprit à sa manière, sera peut-être plus difficile à manier que les royalistes de gauche, dans la discussion des deux projets de loi, parce qu'il n'est pas de son intérêt d'émanciper le ministère , qui , avec la responsabilité ministérielle telle qu'on la propose, et la liberté de la presse telle qu'on la suppose , serait plus facilement dispensé d'avoir recours à son obligeance ; et le centre , dont l'obligeance est le caractère distinctif, ne doit pas s'exposer à perdre le droit d'obliger le ministère. Les royalistes de gauche feront peut-être aussi lear mêmes réflexions. Tout cela créerait des obstacles que le côté droit n'aiderait pas à surmonter dans ces^ deux discussions , dont l'une est inconstitutionnelle, et l'autre promet de l'être. Le côté droit vote pour les principes , et les principes ne perdent rien de leur force , même quand le eu té gauche et le centre les ap-» puyent.
Voilà tout ce que je puis vous apprendre des nouvelles de la capitale. J'ai rempli cette tâche le plus raisonnablement que je l'ai pu. Si j'ajoute encore quelques lignes à celles *que j'ai déjà tracées, c'est uniquement dans l'intention de vous engager à vous faire royaliste; c'est un bon métier , depuis que messieurs tels et tels s'en mêlent. Mais vous me
( 2'3 ) direz : J'ai été royaliste jusqu'à ce moment, je m'imagine même l'être encore; ma place se trouve tout naturellement parmi ce qu'on appelle aujourd'hui les^ hommes monarchiques; les royalistes de i 8 1 9 ne voudraient pas de moi.... Détrompez -vous; ces messieurs veulent de tout le monde. Pourvu que vous marchiez sans hésiter dans la bonne voie , on ne vous fera pas un crime de votre dévoûment à \amona?'chie ; vous serez aussi bon royaliste que si vous aviez signé TActe additionnel aux Constitutions de lEmpire , ou que si vous étiez monté à la tribune de l,a Convention , pour parler et voter contre le sursis demandé par le martyr du 21 janvier. Levez les yeux, et voyez les éloges prodigués par la Minerve à tant de grands personnages qui avaient aussi leurs petits péchés à faire oublier. Qui s'avise maintenant de faire ua crime à MM. Gouvion-Saint-Cyr, Louis et Decazes, de leur dévoûment à la monarchie pendant les cent jours? à M. Dessole, des conférences qu'il eut en i8i4j dans l'intérêt de la monarchie*, avec l'empereur de Russie, sur l'esprit duquel le caractère estimable du général produisit un effet si favorable à la belle cause qu'il défendait? à M. de Serre, d'a^ voir combattu pour la monarchie , sous les ordres de l'aïeul du duc d'Enghien? Prononcez-vous, on vous fera grâce; et si vous êtes bon royaliste, que saiton? On a vu des fortunes si rapides ! Voyez plutôt M. Portai; on n'avait jamais entendu parler de M. Portai ; voilà M. Portai ministre , pourquoi ? Parce que M. Portai est royaliste. Ainsi , soyez royaliste , et vous prospérerez ; mais sur-tout ne soyez pas homme monarchique : voyez ce qu'ont gagné à cela les généraux Canuel et Donnadieu , qui
ont en le malheur de sauver la monarchie, et qui s'obstinent à ne pas vouloir être royalistes , comme ceux qui ne veulent ni de la monarchie ni des hommes monarchiques . Je vous le répèle donc , soyez royaliste , et royaliste comme si vous ne l'aviez jamais été. Je suis, etc.
Sarran.
P. S. Je n'entre dans aucun détail relativement à l'affaire du pauvre Saint-Marcellin. La dernière livraison vous a donné les détails les plus exacts sur cet événement. Pourquoi s'est-il avisé , depuis i8i4 , de prendre la défense des principes monarchiques, après s'être couvert de nobles cicatrices dans les rangs de nos braves ? L'infortuné a cru mourir roya"
/«/e , il s'est trompé.
Sur les actes ministériels secrets qui râpe lient des J'égicides jaunis par une loi solennelle,
Monsieur, j'avais cru jusqu'ici qu'il ne pouvait exister en France d'autorité supérieure à celle de la loi. Je la croyais même plus sacrée pour les dépositaires de l'autorité du Roi , que pour ses autres sujets , puisqu'étant une des trois branches du pouvoir législatif , il est plus tenu de respecter l'ouvrage auquel il a concouru. J'ai été cruellement détrompé, en lisant, dans votre journal, la liste des proscrits et des régicides rappelés par des décisions secrètes, malgré la loi positive et solennelle qui les bannit à perpétuité. Je n élèverai pas ici la question de sa^ voir si cette loi est bien en harmonie avec la Charte , ou si elle ne fut qu'un sacrifice exigé par les circons*
tancps. ]\îais quelle qu'elle soit , elle ne pouvait être détruite que par une loi; et après une ausvsi éclatante violation , de quel droit pourra-t-on désormais exiger noire soumission aux lois?
Quels sont donc les hommes'qui ont paru mériter une aussi funeste déviation des principes constitutionnels ? Ce sont , pour la plupart , des hommes qui, teints du sang du plus vertueux des Monarques, ont indéfiniment proscrit sa famille à peine rétablie. Quel aBreux renversement des principes de justice , de pudeur et de convenance! Quelle est la forme dans laquelle a été renversée cette loi destinée à venger un double forfait? Un simple rapport qui n'a point été discuté dans le conseil! Quelle entreprise dans un Gouvernement représentatif! Elle me rappelle involontai^eftent la réponse du prince Eugène à l'empereur d'Allemagne, qui venait d'ériger la Prusse en royaume (i).
Quel terrible compte aura un jour à rendre celui qui a si indignement trompé la confiance et la bonté du Roi , celui qui a montré un tel mépris pour la volonté nationale! Après un acte aussi audacieux, aussi outrageant pour la nation, il ne restera plus qu'à proposer la suppression de cet anniversaire déjà aitaqué comme impolitique dans d'incendiaires écrits; car ce n'est pas tout que d'avoir rappelé ces chers coupables, il faudra les soustraire à la fausse et cruelle position dans laquelle ils pourront être placés. N'en doutons pas, les prochaines élections en ap-
(i) On sait que le prince Eugène , consulté après coup sur cette érection , réporù:: hrnsquement : « Sire , le ministre qui a donné ce conseil à Totre Majesté^ mérite d'être pendu. «
pHleront certainement plusieurs hla législafmxî. Aux approches du 21 janvier, le sort fera peut-être sortir de l'urne quelques-uns de ces teiribles noms. Quel parti prendront ces élus ? Auiont-ils laflVeux courage d'accepter la députcitiun de Saint-Denis? Iront-ils, par la plus affreuse profanation , verser d'hypocrites larmes dans le temple de l'Eternel . sur la tombe de leur victime? Leur seul aspect ferait fuir avec horreur tous les Français que cette cérémonie expiatoire aurait appelés aux pieds des autels. Il sera donc indispensable d'anéantir ce faible dédommagement de la douleur publique, pour éviter aux auteurs d'un si exécrable forfait , la honte ou le scandale de leur présence. Voilà à quoi mène le funeste système des concessions, li a perdu le; malheureux frère de
notre Roi Et n est-ce pas se p^cipiter au devant
des dangers , que de s'environner de ses ennemis naturels, que de leur confier le soin de ses destinées?
Eh qu'on ne dise pas que mes craintes sont exagérées ; elles ne sont que trop justifiées par les antécédens. Quelle progression dans le fatal système si souvent dénoncé, si mal déguisé aujourd'hui! Quels terribles symptômes va révéler la récapitulalion de faits malheureusement trop authentiques !
IJintmiwahle assemblée de i8i 5 commit peut-être des tautes , mais inséparables des circonstances. Celle qui a causé sa destruction, fut d'avoir irrité des minislres assez peu familial isés avec les principes constitutifs du Gouvernement mixte, pour oser punir Topposilion , (jui en est la vie. I/assemblée fut dissoute, et l'on déchaîna contre elle i\çs écrivains plus uu moins ilétris des stigmates révolulioi)naires j iU
( ^17 ) remplirent celte horrible tâche avec une fureur à laquelle il n'a manqué que le cachet de Tordure, ,pour ressembler au père Duchesne (i). Les suppo-
(i) Voici quelques citations fidèlement extraites de plusieurs écrits très-connus, tels que la Minerve ^ les Lettres normandes , etc. y et dont pas un n'a été déféré aux tribunaux , malgré leur audace effrénée , et les arriére-])ensées qu'ils révèlent :
Zes royalistes so?it le plus vil des partis; ils sont les plus ardens révolutionnaires ; ils ne respectent rien ; ils veulent rétablir la superstition , le fajiatisme et la féodalité (depuis si long-tempS détruite). Dans leur for interne , ils se jouent de tout, même de la religion du serment. Nous serons forcés d'en faire des ilotes politiques f ils sont les éternels ennemi^ des peuples et des rois; ■un autre s'irrite de voir auprès de la statue de Henri IV., le jour de son inauguration j l'affreux cortège des chevaliers félons y et y dans une philippique atrocement brutale y présente la fidélité comme un crime de lèze- nation ; un autre , à propos d'un ouvrage sur l'éloquence militaire y distile son fiel contre notre antique gloire y et flétrit sans pitié la mémoire des généraux qui ontiai' mortalisé et agrandi la France dans divers règnes ; etyparlaplijS imprudente irréflexion , vient nous révéler son arrière-pensée , en voulant exhumer l'axti quité républicaine, sahs laquelle oir
NE PEUT ESPÉRER NI GLOIRE, NI GENERAUX, NI SOLDATS; Un
autre , quoique sons la férule censoriale y après avoir parlé de la résignation de la France ^ ajoute qu'ayant donné toutes les garanties qu'on a exigé d'elle , elle a le droit d'en exiger à son tour. Ft laquelle? L'établissement des gouvernemens représentatifs dans toute L'Europe y etc. , etc.
Telle est , eu substance , la doctrine tolérée de ces fongueux écrivaiiûs qui vérifient à la lettre ces terribles mots d'un de leurs plus ardens coryphées. JW esprit révolutionnaire^ a dit Regnauil de Saint-Jean-d'Angely, est un , irréconciliable , ne reculant jamais, constant dans le malheur, implacable dans la victoire.
Ainsi , aujourd'hui comme en 1789 et 179^, on exalte impunément les passions du peuple; on désigne des victimes à sa fureur; les tables de proscription sont dressées; les matières inflammahles s'amassent, et n'attendent que l'étincelle Que deviendra le trône isolé ?
Ainsi, aujourd'hui comme en 1789 et 1793, pn présente la fidélité comme une félonie ; on transfoime les vestu^ en crimes , en attendant d'éris^r les crimes en vertus.
Ainsi, aujourd'hui comme en 1789 et 179''), leur paiti est la
sillons les plus invraisemblables, les calomnies les plus afroces, rien ne lut négligé pour justifier le coup d^éiai.he moi ul/rà-7vyaiis/e fut créé; il exerça à son tour, et exerce encore la funeste influence des mots mal entendus , des qualifications vagues et indéfinies. Les royalistes, sous ce nom, sont éliminés, dénoncés, abattus^ abîmés dans la stupeur. Il a fallu l'apparition de quelques feuilles rédigées par des écrivains dont le courage ne saurait être assez loué, pour redonner l existence à ces appuis du trône.
A ce déchaînement succèdent les doctrines les plus désastreuses; la liberté des journaux est éloufiée ; ce fanal éteint, on propose, on escobarde des lois, dont les élémens démocratiques creusent un abîme sous la Charte et le trône. Celle sur les élections est un véritable appel aux demi-prolétaires ; celle sur Torganisalion de la Garde royale n'est qu'une combinaison perfide, pour disloquer ce
nation , en attendant de proclamer la souveraineté du peuple.
Au joiirdMiui , comme eu 1789 et 1 79^ , on veut laisser les royalistes sans asile , en les j)résentant comme les ennemis tles j)euples et des Rois , puisqu'il n'est pas de nation sans peuple ou sans Roi.
Ainsi, aujourd'hui, les révolutionnaires les chargent tic leurs propres crimes, pour iaire revivre l'internale tactique qui a poussé tant de victimes à l'échalaud , pour tles forfaits dont les auteurs s'étaient «iloriliés. Affreux dix août !... Quel souvenir !... Quel monument !...
Aujourd'hui on veut qlie les Gouvernemcns représentatifs régissent l'Europe, comme on voulait en 1793', la république',universeile , en attendant de réorp;ani.ser une lésion de tyrannicides.
Voilà l'esprit de pnix et <le conciliation qui anime les révolutionnaires, cl ils se «lisent libéraux!... Et au milieu de ce déboi*d'etnent , M. le procureur- f;énéral lîellart j^arde le plus profoml silence. Pourquoi donc tant (!(; tolérance aprrs tant de passion? Son zèle ne ])eut-il donc être enflammé que ])ar (\cs conspirations chimériques "i
( ^H) ) corps délite , pour enlever a\i Roi les moyens de puissance et de popularité. Le» hommes des cent jours sont appelés de toutes parts au soutien de la légitimité, qu'ils ont proscrite. Ceux qui lui ont fait les plus constans, les plus douloureux sacrifices, les généraux qui Font sauvée, sont traînés, torturés dans les cachots, sous prétexte de conspirations imaginaiies, legs aflreux de Robesijierre. Ils obtiennent enfin une justice tardive, trop lonf;temps entravée par un magistral qui a pourtant l'honneur de présider le parquet, et de représenter une nation libre. Mais en attendant celte lente réparation , ces atrreuses impostures n'ont pas moins compromis les noms les plus augustes , n'ont pas moins exercé la plus irréparable influence sur les collèges électoraux. Mais ce n'est pas assez de saper la Charte et la légitimité f des fonds provenant d'une source impure reçoivent une destination plus impure encore, celle de calomnier une grande partie îles Français chez l'étranger, el de nous rencire la risée âes nationsjet, pour comble d'infortune, une administration insensée , dilapidatrice , et récompensée a\ ec une scandaleuse munificence , dévore nos ressources , paralyse toutes les industries , les remplace pai* un agiotage effréné (i) , rend tous les jours plus pré-
(i' Qui le croiiait^ ou a vu tlcux ministres adresser dos tirrulairr« dans les déparreincns , pour inviter à envoyer autant d'aromt (jiron pourrait a Paris pour favoriser le jeu sur les rllets puMits. (Vtkait dire, en d'HUfres termes, laissez languir raf^riruiture les manufactures et le commeric, pour alimenter nii vérit^^lc coupe ^orgc , pour engraisser d'avides agioteurs , sangsues de la société, el qui , pour la plupart, ayant leur fortune en portc- Iruille , ne contribuent, point aux charges publiques, et sont i;\'S indiffcrens à nos malheurs, à nos dangers, à notre avenir... Ouelle aduiinislralion !
Caire l'existence d'une population santé , augmente le malaise gén ainsi les criniincllps spéculations publics , pour amener une \ asto ce Députés des départemens , pairs pectable élite d'une nation intortii encore
A ces temps de vertige et d'errcu ye la chute des rois funeste avam-coi
Dans cette affligeante cumulation toutes les espérances se reportent pondrez-vous , ou persislerez-vou6 sommeil de mort ? La France est su très-rapide 5 elle va rouler dans \\ demande de toutes parts la mise ei vernement représentatif , qui seul qu'elle a si chèrement acheté 5 de ce germe de liberté , de gloire et de t universel sera-t-il neutralisé par 1 ques vanités blessées? D'après la C de cette heureuse révolution appar nement , c'est-à-dire aux ministre vous espérer d'eux ce généreux ( blessé. conseille toujours mal. D'c voyez , ils en sont encore h gou conspirations. Vous avez dans vos i
Donneraî-je une boule blanche ou nuire à la Jixe le commencement de l\innée Juiancit
Dans la question qui se présente, deux pu considérations entraînent l'opinion tantôt d'ii tantôt d'un autre. Ici je vois d'innombrabl» découler d'une perception prématurée , du] ception qui n'est point régularisée. Ici la bo d^un cultivateur sans lumières et sans détiau' être surprise, à ciiaque quittance, par des reaux qui n'ont point une base certaine : là, tucieux percepteur peut lever à son profit i que tribut sur la confiance et ta crédulité, que cela était possible, puisque le t'ait est c rivé, et qu'il n'est guère de députés dont le les n'aient été frappées de ces plaintes révo La classe entière des contribuables , \ ic.ime < gnant de l'être , réclame à grands ci is contre dre de choses dont la moindre imperfection ridicule; car il est souverainement absurde d( des journées entières sur nos bancs curules , délibérer si l'on ajoutera, ou si l'on retranc à^s dépenses qui sont déjà laites, et fixer 1 tité d'un impôt dont la plus grande partie ( entrée dans les coffres de lEtijt. Qui ne sera
1» Il f
mots, pour échapper à la force delà chose, et a voulu nous persuader, par des délinilions sopliistiques, par d'ininteligibles raisonnemens , qu'en sûreté de conscience, nous pouvons, contre le vœu de cette jnème conscience , enfreindre les sermens les plus sacrés. Enfin Ton a dit tout , excepté ce que l'on devait dire ; et ce que Ton doit dire, est que l'impérieuse nécessité est la première , ou doit être la première régulatrice de nos institutions; et que lorsqu'elle se trouvera en opposition avec la Charte (quelque profond respect que L'on doive à celle arche de salut), elle doit prévaloir. Mille exemples viendront à mon appui , et attesteront que cette infortunée Charte a déjà souffert cruellement et des attaques de ses ennemis et des fausses interprétations de ses amis ; qu'elle a été déchirée dans la loi des élections , indignement balafrée par celle du recrutement ; que c'est avec peine qu'elle échappa naguère aux entreprises des conseillers de celui même qui en est Tauteur. Ne voulaient-ils pas disposer des domaines, dont elle assigne l'inaliénable propriété au Souverain , en faveur d'un ministre dont les grands succès resteront aussi équivoques pour la postérité que les talens ! Y avait-il d'autre urgence pour cette transgression que le désir de messieurs les ministres d'état en place de donner à leurs successeurs un grand exemple de générosité et de magnificence , dont ils profiteraient à leur tour? Si la.plupart de ces. outrages ont eu lieu sans être commandés par des circonstances impérieuses, pourquoi hésiter dans un moment où celle mesure , attendue depuis plusieurs années, comblera les vœux des habitans des villes et dus campagnes? Pourquoi vouloir comprendre dans
le ressort général d'une loi, les incidens qui y sont exceptés? La Charte ne pouvant prévenir ce qu'elle ne prévoyait pas , est obligée , par son laconisme , de se renfermer dans le présent , sans porter ses regards sur le futur. Ses rédacteurs pouvaient-ils dépouiller les trois pouvoirs qui concourent au maintien de son exécution, du privilège de modifier, d'étendre et de restreindre suivant la force des évènemens? Un honorable défenseur de la loi nous a dit que cette Charte , dont on opposait l'inviolabilité comme un égide contre ce qui déplaisait , n'était rien moins qu'intacte; que son premier pas était fait depuis long-temps ; et que , dès qu'elle s'était alors prêtée, avec complaisance ace qu'on avait voulu d'elle, les circonstances présentes lui faisaient un devoir de n'opposer aujourd'hui aucune résistance. L'esprit occupé de cette double argumentation, je ne prévoyais pas qu'il en pût éclore de nouvelles de la discussion, et ne découvrais dans l'arène que d'un côté la Charte, suppliant avec dignité qu'on lui épargne un nouvel affront, et de l'autre une masse énorme de population demandant à grands cris qu'on lui accorde ce qui est utile à tous et ne peut préjudicier à personne. Emu de leurs sollicitations , je me déterminais pour l'acceptation , et destinais une boule blanche à l'urne qui fut si souvent pour la France l'urne de Pandore , quand une nouvelle idée fixa mon attention. Si une atteinte portée à notre palladium (me dis-je) est si pénible pour moi, sielleme paraît a peine légitimée par la nécessité , deux infractions successives ne seront-elles pas une calamité , ne seront-elles pas pour ma patrie des élémens de désordre et d'anarchie? L'aiticle 49 de la Charte,
précetlé de Tarticle 4^» n'est-il pas suivi du 5o? Pourquoi aurait-on plus d'égard pour le troisième que pour les deux premiers? Dans un Gouvernement représentatif, les deux Chambres sont les inspecteurs, les censeurs de tous les mouvemens de la machine. Or, depuis l'écolier, qui dans tous les coins de la France se livre au plus saint des devoirs contre les maîtres qui leur en ont inculqué eux-mêmes la doctrine , jtisqu'aux ministres , nul ne voit de bon œil ses mentors. L'arrivée des sessions est un événement fâcheux ; il faut se mettre en état de répondre, avoir soiri d'obéir quand on a contracté l'habitude d'interroger ou de commander. M. Cornet d'Incourt nous a appris que les ministères finissaient et se renouvelaient. Si donc le ciel attelait au' timon de l'Etat dvs hommes à courtes vues, à pélils moyens, sans caractère et sans énergie, aussi nuls dans le succès q,ue vils dans le revers , tels enfin qu'il les donne dans sa colère aux Etals dont la décadence prochaine s'annonce par la confusion des pouvoirs et par la subversion des principes ; un tel ministre, effrayé des reproches qu'il saurait mériter , et désirant éii' retarder l'humiliation , ne peut-il reculer l'époque de la convocation des Chambres jusqu'à celle où la loi de l'impôt expire, et nous ramenant à la' nlêmé position dont nous voulons sortir , nous proposer ce qu'on nous propose aujourd'hui? Le résultat en serait alors de fixer en deux sessions l'impôt de trois ans, et dé nous faire sauter à pieds joints par dessus une session, ce qui serait bien renverser de fond ëti comble l'édifice de notre monarchie constitutionnelle'. Cet avenir m'a paru trop nébuleux 5 et efli'ayé
^f?s sinistres conséquences d'une loi dont le premier aspect ne paraît point si menaçant , je lui réserve un relo bien prononcé.
Crignon d'Auzouer,
CORRESPONDANCE
u4 M. le rédacteur du Drapeau blanc.
Monsieur ,
Vous avez inséré , dans votre deuxième numéro , une anecdote relative au brave maire de Versailles, M. Richaud , qui , dans les fatales journées de septembre» exposa ses jours pour sauver la vie à une foule d'infortunés proscrits par la terreur , détenus aux écuries de la Reine , dont les brigands de cette époque avaient fait une prison; mais vous n'avez pas dit que ce courageux magistrat fit limpossible ^our arracher à la mort les prisonniers d'Orléans , qui furent égorgés dans la rue de l'Orangerie , par des assassins étrangers à la ville, et par quelques jacobins de Versailles. J'ai vu M. Richaud sur les chariots qui contenaient les victimes , et sur sa tète les sabres des bourreaux. Il fut enlevé et porté mourant chez l'apothicaire Calmes, parfait royaliste, qui lui prodigua des secours qui le rappelèrent à la vie.
Ce n'est point pour rappeler des temps funestes que je vous écris cette lettre , messieurs , et que je vous prie de l'insérer dans votre prochain numéro, c'est pour rendre hommage à la vérité. Les faits dont je vous entretiens ne seront point i^évoqués en