‹ Le drapeau blancChapitre 52 sur 61 · f UYRAISOA · texte numérisé non relu

f UYRAISOA

suyé quelques-uns. et quils ont été obliges d'entrée en capitulation pour vaincre plus d'une résistance. On parle de certain duc, ancien ministre de Buoraparte. qui ne v^oulait pas absolument rentrer à la Chambre des pairs par la faveur d'une nouvelle nomination , mais qui tenait à s'y voir réintégré en vertu des lettres que Napoléon lui avait e.xpédiéfs en t8i5. M. de Ch***^* est un homme qui a des principes; on regrette qu'il ait cédé. Son exemple a entraîné beaucoup de ses collègues , dont on a d'ailleurs atlaibli la répugnance et dissipé les scrupules, par la promesse g-a/'a/2/ze de se charger de l'établissement de leur majorât.

Quoi qu'il en soit de tous ces bruits , il est certain que la Journée ne s'est pas complétée sans difficultés. La crainte du ridicule a même fait long-temps hésiter quelques-uns des pairs-impromptus : ils ont ea peur, et cette peur était bien fondée , qu'on ne comparât leur entrée dans la Chambre des pairs, aux irruptions de ces colonnes d'applaudisseurS;, dans nos salles de spectacle. Ils claquent , parce qu'ils sont payés pour cela, et, de préférence, tout ce qui est mauvais, parce que c'est payé plus cher.

Dans un moment où les ministres désespéraient presque de parvenir à porter leur liste au complet, deux actrices, irhs-ardenics pour la bonne cause, leur ont écrit, dit-on, pour leur proposer sept ou huit chefs de cabale intrépides, disposés surtout à applaudir avec fureur les vers ou la prose qui ont une petite saveur de révolution. IVf . Duval les a toujours employés avec succès. Nos ministres en auraient été fort contents ; mais leurs Excellences ont pensé que du parterre de la comédie à celui de la Chambre des

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pairs , le saut eût été un peu trop haut. On réserve à ces claqueurs zélés , de l'emploi dans les tribunes de la Chambre des députés, quand l'occasion s'en présentera; et chaque bourrade qu'ils pourront recevoir leur vaudra une bonne gra-tification. •

— Les journaux français n'ont donné que des fragmens de l'énergique proclamation que le général Elio a adressée aux habitans de Valence, après le supplice des traîtres qui voulaient faire de cette ville le théâtre des premières scènes d'une révolution à la française. En voici la traduction exacte et complète ; on devinera facilement pourquoi les journaux censurés avaient tronqué cette pièce intéressante.

« Valenciens pleins d'honneur, militaires fidèlç^, mes compagnons d'armes :

« Le spectacle qui aujourd'hui s'est offert à votre \iie cesse d'être horrible , en considérant les délitsc|ui ont conduit ces monstres à finir leurs jours par un supplice honteux. Anéantir la monarchie, détruire les lois , se livrer au val , à la vengeance, au meurtre, enfin verser des flots de sang, étaient les objets qu'ils se proposaient : ils prétendaient aussi vous déshonorer à jamais aux yeux de la nation, en voulant vous faire passer comme coopérateurs et exécuteurs de leurs plans atroces ; et cependant ils ne s'adressaient pas à vous pour les réaliser. Ils se contentaient de faire à la loyauté du peuple de Valence, et à celle des troupes qui Taccupent,^ une si horrible injustice; et ne se^sentant pas euxmêmes assez cruels pour mettre à exécution leurs projets, ils appelaient à leur secoure tous les assas-

sins, et ils voulaient rendre la liberté aitx plu» grands criminels , comme les seuls soutiens de leur parti , afin de consommer avec eux leur énorme attentat ; mais la Providence , qui veille sur nous , s'est servie de moyens extraordinaires , quelqu'indigne* que nous en soyons, pour anéantir les ennemis de tout trône, de toute loi, et de notre religion, qui déchirent l'Espagne, en mettant entre mes mains et sous mes yeux , les moyens nécessaires pour arrêter et convaincre de leurs délits les treize misérables que vous venez de voir expirer.

u Valenciens , ce ne sont pas là les seuls hommes perfides qu'il y ait parmi nous : ils ont des satellites et des compagnons dans ce royaume et dans le reste de l'Espagne ; et c'est à vous , honorables citoyens , à vous , militaires espagnols , qui dans tous les temps avez été l'exemple de la fidélité auRoi , et de la juste soumission aux lois de vos pères , c'est à vous qui , avec les sentimens et les démonstrations les plus estimables , m'avez prouvé que vous détestiez ces monstres, c'est à vous, dis-je , qu'il appartient de me les faire connaître, et à moi de les exterminer. Votre bien-être , votre félicité y sont intéressés: tant qu'il en demeurera un seul , n'espérez point de tranquillité dans vos maisons; et jusqu'à ce que les maximes erronées de la liberté soient détruites , pères, vous n'aurez point d'enfans soumis et tendres ; épouses , vous n'aurez point de compagnons doux et constansjil n'y aura point d'ami pour l'ami; il n'y aura point de bonne foi dans les traités et dans le commerce ; la loi sera anéantie ; et on perdra jusqu'à la mémoire des vertus sociales; nous finirions par nous égorger mutuellement , et par voirie fils tuer

le père qui lui a donné l'être, et la mère qui Ta élevé.

« Si ce tableau vous paraît horrible et imaginaire , tournez les yeux vers la France , et vous le verrez réalisé dans l'histoire de nos jours. Les maximes qui perdirent cette monarchie sont les menées que professent nos ennemis, et avec lesquels ils veulent nous conduire à notre destruction; mais non, non, ne craignez pas; Dieu , protecteur de cette nation catholique, a donné au peuple espagnol de plus grandes vertus, et personne ne pourra lui enlever la fidélité qu'il doit à son Roi et à sa sainte religion. Pour la conserver et pour soutenir le trône , il y a dans le royaume un grand nombre de chefs d'une loyauté éprouvée , il y en a dans celle de Valence ; et à la tête de tous les gens de bien , pour confondre les révoltés, vous aurez, tant qu'il respira , votre général

Elio. ))

Valence, 20 janvier 1819.

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MÉLANGES

Certains Bàziles réunis dans un atelier de calomnies , très-connu du public , sont , en ce mo'ment , occupés de la composition d'une brochure contre M. lemarquisBarthélemy: on assure queviLis MANus tient la plume. On prend le noble pair depuis le jour de son baptême jusqu'à celui de sa proposition. Les honoraires des auteurs seront doublés , si l'ouvrage est écrit avec esprit , bien rempli, de méchancetés , et surtout s'il présente quelques vraisemblances. Toute latitude est donnée à l'in^'ention. Au surplus, on ne veut autre, chose qu'amuser Ip

lapis par cette innocente malice. Les inimslérîels et les libéraux ne manqueront pas d'apolaudir; les royalistes seront vexés et garderont un prudent silence, de peur qu'il ne leur en arrive autant. Avant que le noble pair ait répondu à cette attaque, saproposilion aura été écartée, et c'est tout ce que l'on demande. L'issue de cette gentillesse ne peut être autre chose qu'un petit procès à la police correctionnelle; mais, d'une part , les coupables auront grand soin de se dissimuler; et ensuite, s'ils viennent à être connus , vingt- quatre heures de détention et ^5 francs d'amende sont-ils faits pour déconcerter un noble courage ?

— 'M. Dessoles a parlé de cette agitation produite dans la capitale par la proposition de M. Barthélémy : celte agitation , comme on le sait , n'existe que dans les pamphlets révolutionnaires; et quand elle existerait réellement, il serait très-déplacé à un ministre, comme l'a fait observer le Conseri^ateur , d'en parler pour repousser une proposition constitutionnelle. Aussi M. Decazes est-il monté à la tribune pour ajouter que Tagitation n'existait que dans les esprits. Le collègue a voulu réparer lui-même son étourderie; et après la séance, il a dit dans la conversation qu'il ne fallait pas prendre au pied de la lettre ce qu'il avait avancé à la tribune, etc. Nous avions cru jusqu'ici que c'est surtout à la tribune qu'il faut peser ses discours ; mais ce n'est pas ainsi que pense et que se conduit M. Decazes , qui est un charmant jeune homme à la tribune et au conseil , et im profond politique à table et au salon.

— Cette agitation à laquelle ne croient pas ceux <]ui voudraient y faire croire . cette agitation n'existe

( 4i5 ) que dans l'espérîmce des agitateurs, qui ne négligent rien pour exciter quelques mouvemens. Ces manœuvres sont trop usées pour pouvoir réussir encore. Elles ont inspiré l'impromptu suivant :

Ennemis du trône et de Dieu,

Que des ministres téméraires,

De leur iionte faisant l'aveu ,

Et disant à l'honneur adieu ,

Appellent pour auxiliaires:

Contre des actes salutaires ,

En vain vous poussez , en tout lieu,

Des cris révolutionnaires.

Ces clameurs nous étonnent peu j

Ce sont de vos tours ordinaires.

Mais en dépit de votre vœu,

En dépit de vos circulaires,

En dépit de vos émissaires ,

Personne ne croira , corbleuî

A ces terreurs imaginaires,

A ces alarmes populaires :

On connaît trop bien votre jeu ;

Vous êtes des incendiaires ,

La torche en main , criant au feu !

— Le noble comte Lanjuinais , qui a déclaré Louis XVI coupable, et qui est pair de France sous Louis XVIII; le noble comte Lanjuinais, qui a présidé le tripot des cent jours, où il a piolesté de son dévoûment àBuonaparte, et qui est encore pair .de France sous Louis XVIII; le noble comte Lanjuinais devrait bien, pour l'honneur de la pairie, pour l'honneur du titre , de Thabit et de la cocarde qu il porte , éviter dans ses discours à la Chambre des pairs , des ressemblances trop frappantes avec les discours qu'il prononça dans la Convention nationale, et ne pas forcer les gens qui ne demanderaient pas mieux que d'oublier, à faire des rapprochemens comme eelui-ci.

Dans la séance de la Chambre des pairs du a mars, M. le comte Lanjuinais a prononcé ces paroles expresses :

« Les ennemis déclarés ou secrets de la Charte t( ont, dans les départemens de l'Ouest, assemblées Il secrètes , armée secrète , avec cocarde particun lière. (Tel l'orateur a élé rappelé à Tordre.) Cette ar- <( niée , qui existe par échelons, qui se montre dans t« les bois et sur les chemins, est soldée , inspectée, <( va à l'ordre chaque jour en certains quartiers. Son t( matériel est de cent mille fusils anglais ; de»s assem- <( blées secrètes en cette partie du royaume , ont t< précédé de plusieurs jours la proposition qui nous « occupe.

« Les faits qui ont accompagné et suivi cette u proposition , ne sont pas moins remarquables. Ea « deux départemens de fOuest les plus populeux, il « se poursuit deux procédxires criminelles relatives M aux aiTnemens illicites. A l'heure même que je «parle, se continue une information qui doit être « de plus de cincjuante témoins. »

Ouvrez le Moniteur du i8 mars i';93, lisez }a séance de la Convention nationale , et vous verrez ce qui suit :

Lasource, au nom du Comité de sûreté générale, présente un projet de décret portant u que les pri- « sonniers prévenus d'avoir trempé dans la conspi- <' ration qui avait éclaté dans la ci-devant Bretagne. «' seront transférés à Paris pour être jugés par l^ u tribunal révolutionnaire. »

Ce projet de décret est adopté.

ÏMnjuinais. « Je demande à proposer un article V additionnel. Dans le moment où nous sommes, \{

( 4r7 ) *(c se manifeste , sur tous les points de la république , « des symptômes affligeans de contre-révolution. Ce «« sont les émigrés et leurs valets, les prêtres insères mentes qui s'agitent en tout sens, et qui entraînent M avec eux des millions de paysans. Déjà les conspi- <{ rateurs ont eu des succès dans la ci-devant Breta- « gne; et pour les arrêter, il faut des mesures promp- ¥ tes, des mesures qui frappent à l'instant, et sur les « lieux mêmes. Je demande donc que la loi contre

« LES ÉMIGRÉS PRIS LES ARMES A LA MAIN , SOit appU-

« quée à ceux qui s'opposeront au recrutement , ou « qui porteront la cocarde blanche. Je demande, en « outre , que les biens de ceux qui seront tués dans « ces insurrections, soient confisqués (i). «

Un membre se lève, et s'écrie avec indignation : « La mesure proposée par Lanjuinais est /a mesure « la plus insensée , la plus indigne d'un être pensant « et bien intentionné. Elle ne tend à rien moins qu'à « faire égorger les vrais patriotes. Ce ne sont pas « leshommes égarés contre lesquels il faut sévir, etc.

Quel était ce conventionnel si raisonnable , si humain , que révoltait la sanguinaire véhémence de Lanjuinais ? Il faut tracer son nom en lettres d'or au milieu des noms de ses collègues , écrits en caractères de sang; ce conventionnel, c'était

Marat : oui, Marat , qui donnait dXultrà-répuhlicain Lanjuinais une leçon de modération et de philaniropie , dont M. le comte pair de France ne paraît pas avoir profité. Si ce bon monsieur Marat n'était

(i) IjC noLle pair, que sa mémoire ne sert pas toujours fitlèlemeiit, s'est vanté, dans une brochure récente, de s'être toujours opposé aux mesures iniques ^ et particulièrement rms confiscations.

pûs morl, qui sait ce qu'il vseiait devenu? Il aurait peut-être encore cette fois-ci rappelé à l'ordre son ancien collègue , à l'occasion du discours le plus insensé , et le plus indigne dun être pensant et bien intentionné.

— Nous sommes à l'époque àes/usions : tout ce qui s'y oppose , en quelque genre que ce soit , doit être rejeté comme partie hétérogène de notre système politique et littéraire. Or, comme iouïe fusion quelconque serait impossible entre les opinions das grands écrivains du siècle de Louis XIV et celles de M. Lemontey, l'académie française, par considération pour le nouvel élu , va proposer, dit-on , dans une de ses prochaines séances , de rayer de ses archives les noms de Boileau ^ de Racine, etc , etc. , €t d'effacer l'inscription mise sous le buste de Molière. Ce n'est pas seulement le dernier ouvrage de M. L*** qui a décidé l'académie à cet acte de justice ; elle a pensé que le vil adulateur qui a écrit l'épître au Roi, sur le passage du Rhin , n'était pas digne de figurer à côté du fier et indépendant auteur de la Famille du Mont-Jura et de Thibaut , comte de Champagne, et que l'humble historiographe de Port- Royal n'aurait pu convenablement avoir un fauteuil en présence du chef de la librairie des cent jours !

— Les dames de la Halle, après avoir été danser et boire devant l'échoppe d'un savetier qui a gagné un quaterne à la loterie, se sont transportées successivement chez les differens pairs de France nouvel lement nommés. Elles ont félicité, embrassé les notules personnages, en leur recommandant bien de défendre toujours Pégalité. On a remarqué que la violette dominai^t dans les bouquets que cc« lUme*

( 4>9 ) ont offerts aux nobles paiis : c'est la fleur de Mars.

— Avant que le Moniteur eût publié Tordonnance pour la convocation des collèges électoraux dont la députation est incomplète , le ministère avait déjà expédié les agens qui doivent travailler les électeurs et manipuler les votes, le tout par respect religieux pour la loi des élections. Elle est si bonne, si précieuse , qu'on ne s'en sert qu'avec précaution. M. Decazes aurait fait une grande injustice à M, Charrier de Sainneville, s'il avait jeté les yeux sur un autre , pour exploiter le terrain électoral du département du Rhône. Cet ex-lieutenant de l'ex-police est parti pour Lyon; il a donné à son maître trop de preuves de dévoûment , pour que le ministre ne soit pas certain du zèle avec lequel sç.& ordres seront exécutés, lors même qu'il entrerait dans les instructions de M\ Sainneville de faire nommer député le général Canuel.

— De même qu'à l'époque du 20 juin et du j o août 1 7g:i on invitait les bons citoyens à réunir tous leurs efforts pour combattre \q comité autrichien et le tyran Louis XVI , de même on les excite encore aujourd'hui , par des circulaires , à s'armer pour renverser le despotisme du château des Tuileries ! . . . .

Une de ces circulaires a été adressée , tout récem- Tîtent, par la petite poste, à un brave et fidèle officier de la Garde royale , à qui l'on a fait l'injure de le croire capable de répondre à cet appel , parce qu'on l'avait vu dans une maison fréquentée par des ennemis de la légitimité, et où la reconnaissance pour d'anciens services l'oblige de se présenter quelque- -fois. Mais cette lettre n'a fait qu'augmenter son zèl«

pour la défen&e du trône ; et il s'est empressé d'en donn-er communication à des personnes qui Tont déjà mise, à leur tour, sous les yeux du Roi.

— Une dame de province, qui reçoit tous les journaux royalistes , ayant éprouvé le désir de lire la Minerve , mais ne voulant pas y souscrire en son nom , imagina de prendre un abonnement sous celui de son chien, qu'elle appelle Priniems deLabrie, et envoya aux rédacteurs de cette feuille une adresse fiinsi conçue : A M. C. Printemps de Latrie. Ces messieurs, qui, malgré le libéralisme qu'ils affichent, aiment assez la particule de (témoin M. de Jouj) , furent tout tiers d'avoir un grand nom sur la liste de leurs souscripteurs ; et croyant que la lettre € était l'abréviation du mot co?nfe, se hâtèrent d'adresser leur ouvrage à M. le comte Printems deLabrie.

On devine aisément combien ciette petite anecdote, dont le spirituel auteur des Niaiseries de la Minerue ne manquera pas sans doute d'enrichir son recueil, a égayé la maîtresse du chien, ainsi que ses compatriotes ; et combien il a paru piquant que la fidélité se trouvât récompensée par les hommes mêmes qui n'ont pas cessé de s'en déclarer les ennemis.

Il serait à désirer, au surplus, que l'usurpateur, tout en élevant au rang de comte beaucoup d'hommes qui l'avaient mérité par leurs talens comme par leurs servicos, n'eût pas fait, en même temps, de j:!as fâcheuses méprises que celle de la Minerve, Malheureusement il a accordé le même honneur à des animaux d'une espèce moins douce j et plus d'un tigre a été l'objet de ses faveurs.

— Si les royalistes n étaient pas une faction in-

corrigible; si le roi de Prusse publiait enfin Une constitution par laquelle la noblesse fût abolie ; si l'Espagne renonçait à son horrible inquisition, que les Espagnols aveugles préfèrent à la police , même supprimée , de quelques royaumes ; si surtout les jésuites ne s'établissaient point en Suisse , tout irait assez bien sur le continent européen. L'Amérique n'est pas aussi généralement pacifiée. Mais soyons rassurés : M. de Pradt continue sts écrits en faveur des insurgés , et les libéraux font des vœux pour le triomphe de findépendance. Lors de ce gothique JADIS , qui fait soulever le cœur dès qu'on y pense , on eût trouvé bien étrange que, pendant plusieurs années , des écrivains français eussent avoué leur prédilection pour quelques bourgades révoltées contre leur Souverain légitime j et si ce Souverain eût été un roi d'Espagne, un petit-fils de Louis XIV, il se fût élevé clameur de haro ; mais le ridicule d'autrefois compose le mérite d'aujourd'hui , tant nous sommes avancés en perfectibilité.

— Il n entre point dans notre plan de faire l'éloge ou la critique de l'ouvrage de M. de Pradt, sur le congrès d'Aix-la-Chapelle; nous ne parlerons que de la manière dont un journal ultrà-WhèïdX rend compte de cet opuscule politique. Par une transition inattendue, l'ordonnance du 5 septembre se trouve amenée au travers de la discussion. Il ne faut pas trop s'en étonner, M™****rabien fait entrer dans un roman (i) ; mais ce dont on ne se douterait point en France , sans M. de Pradt et sans Le journal son écho, c'est que l'ordonnance du 5 septembre est la véritable cause de l'évacuation du territoire

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(i) Le monde et La retraitCt

français. Dbs lors, à quoi bon la récompense nationale décernée à M. de Richelieu , qui enfin n est pas à lui tout seul une ordonnance?

— Les missions trai^esties , tel devrait être le titre de plusieurs articles de journaux ; mais les faibles armes tournées contre les missionnaires ne les atteignent pas , et le bon goût reste seul blessé. Depuis Voltaire , tout est dit en fait d'impiété; ses sarcasmes sur ce que nous avons de plus sacré ont été le chefd'œuvre du genre; on n'ira point au-delà ; et glaner dans un champ déjà si stérile , est une entreprise lort maladroite et peu honorable. Les Annales croient-elles , d'ailleurs , avoir été bien piquantes en disant : «Depuis la mission , le directeur des spectacles de Toulouse fait mal ses affaires , mais les marchands de cire et de cantiques font fort bien les leurs?» M. Azaïs travaillerait-il par hasard à la rédaction de cette feuille? Quoi qu'il en soit, on peut juger de l'excellent effet que produisent les missions, par tout le mal qu'en disent certains écrivains et certain parti.

— M. le marquis de F""** disait hier, en parlant des ministres : « Les insensés , ils se jettent dans les '( bras des révolutionnaires! Ils ne savent donc pas <( qu'il y a plus de dangers à courir avec ceux qui <c élèvent la guillotine, qu'avec ceux qui savent y f,( monter. »

— On prétend que la Chambre des pairs devant se trouver incessamment beaucoup trop petite, on va en faire élever une au milieu du Champ-de iMars , et que, par économie ou par allégorie , on employera pour la construction; les débris delasalleduChampde-Mai.

— On dit qu'un prince faisant compliment à M. le lieutenant-général G*** de sa promotion au nec plus ultra des dignités constitutionnelles , le nouveau pair lui répondit : «Monseigneur, dans toute autre circonstance, je recevrais votre compliment avec la plus vive reconnaissance; mais aujourd'hui, il n'y a pas de quoi se féliciter, et encore moins se glorifier d'une pareille nomination. « Vive Dieu! ily en aura de bons , d'excellens parmi ces nouveaux pairs. On en compte plusieurs, ainsi que nous l'avons dit, à l'élévation desquels toute la France eût applaudi plus tôt ou plus tard , et qui ne méritaient pas l'affront de la fouillée. Les moins bons sentiront peutêtre, et feront sentir aux ministres que le candidatpair de la veille n'est pas le pair irrévocable du lendemain.

Naïveté d*un admirateur,

Royer-CoUard venait de pérorer ; Un sien ami ne cessait d'admirer.

Certes, c'est beau ! Je conçois que l'enyie Veuille obscurcir ce prodige d'esprit.

Quelle raison I quel savoir ! quel génie! Que je voudrais comprendre ce qu'il ditî

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