DU GÉNIE RÉVOLUTIONX^AIRE
Le génie révolutionnaire se reconnaît à un double caractère : il est fécond en ruines, impuissant à réparer. Quelle est l'institution ancienne qui ait résisté à ses coups? Quelle est l'institution nouvelle qu'il ait pu établir? Il a renversé, en se jouant, l'antique monarchie ; en a-t-il élevé une plus solide et sur des fondemens plus durables? Qu'est devenue la Constitution de 1791, celle de 1793, celle de l'an III, celle de l'an VIIÏ, et les Constitutions impériales? Où est même le publiciste capable de démêler les débris qui nous restent de tous ces monu-' mens du génie révolutionnaire, destinés par leurs fondateurs à braver les siècles et à durer autant que le monde?
Dira-t-on que nous avons la Charte, refuge de nos droits publics , échappés au naufrage de ce# Constitutions englouties tour à tour dans le gouffre révolutionnaire? Nous avons la Charte I Mais la Charte est le fruit de la restauration , et non de la révolution ; noiis avons la Charte ï et à Dieu ne plaise que cet asile de nos libertés soit souillé par les inspirations du génie révolutionnaire! la Charte ne résisterait pas plus à un tel dissolvant que toutf^s les conceptions éphémères qui font précédée. Nous avons la Charte! et si nous voulons la conserver, ce ne sera pas en livrant son iiaterp relation ou sa défense aux principes de la révolte ou aux commentaires de l'usurpation.
Continuons l'histoire du génie révolutionnaire.
Les mêmes mains qui avaient renversé le trône, démolirent les sanctuaires de la justice. Le génie ré-