I.TV.1AT.S0N
peu près comme les filles de Pelée rajeunirent le vieux roi de Thessalie, en le plongeant dans l'eau bouillante. Elles furent séduites par les promesses de la magie, comme on fut séduil par les promessesde la philosophie; et ce n'es! pas moi, c'est le philosophe Hobbes qui se sert de cette terrible image, et il ajoute : « Voilà le peuple livré aux extravagances des novateurs (i). » Je n'ignore pas que les écoliers de cette philosophie, le livre de madame de Staël à la main, vont me crier : c( Ce n'est pas Louis XVI qui a laissé faire , ce n'est pas nous qui avons fait la révoluiion; c'est l'œuvre du siècle qui s'accomplissait , et rien n'était capable de l'empêcher de s'accomplir. )i L'année dernière c'était l'espril du siècle; cette année c'est l'œuvre du siècle : nous avançons. Je prie néanmoins qu'on me passe une observation. Si , par aventure , l'œuvre du siècle ne se fût pas accomplie alors, parce qu'on eût offert aux séditieux une dernière raison , telle qu'on l'offre par-tout k ceux qui, rassemblés en tumulte, ne se payent pas des premières , que feraient et que diraient , à présent, les prédicateurs de l'œuure du 5z'èc/e.^ Vraisemblablement ils songeraient à toute autre chose , et les plus vieux auraient pris , dès longtemps , leur parti. Madame de Staël aurait exercé sa belle et aventureuse imagination sur d'autres matières ; les philosophes réformateurs eussent trouvé qu'il n'y avait ni sûreté ni bénéfice à poursuivre la perfectibilité indéfinie ; et le siècle eût produit d'autres œuvres. A la vérité, moins de gens auraient occupé d'eux le public, ou f Europe , comme on dit superbement aujourd'hui ; mais les renommées,, (i) Chap. XII , cfc vampire.
(•523 ) pour être moins nombreuses , n'en seraient pa^moins durables. Nous aurions moins de ces u réputations de verre ^\fnma vitrea , comme les appelle le poète vénùsien. Hélas! que de pauvres abusés ont cru laisser un nom illustre, dont on ignore le nom! Combien n'en vois-je pas encore qui se sont arrogé l'immortalité de leur vivant, qui se portent bien , mais dont l'immortalité est si malade , qu'il prend de temps à autre envie de leur diie ce que disait un médecin à je ne sais quel empereur au lit de la mort : Votre Éternité tia plus que quelques momens à uwre.
Ils ne rignorent pas eux-mêmes ; une fièvre intérieure les tourmente : c'est la fièvre de l'orgueil déçu. Aussi font-ils et feront-ils tous leuis elïorts pour consacrer , pour légitimer le désordre , pour le réduire , si je Pose dire , a un état de paix. En eflèt , que cet élat s'établisse , et leurs devanciers et eux restent de grands hommes, et nati natorurh. , et qui nascentur ah illis. Alors il vient une postérité à leur guise , laquelle se déclare irrévocablement pour ce qui s'est fait depuis 89, à l'exclusion des quatorze siècles qui ont précédé.
Cependant (étrange contradiction, si tout aujourd'hui n'était pas contradiction!), ceux-là mêmes qui n'admettent pas un retard possible à l'accomplissement de l'dsuvre du siècle , n'y ont pas même vu un çbstacle, pas seulement un épisode dans un despotisme de quatorze ans de durée , ce qui est bien quelq\ie chose dans la vie humaine, et même dans un siècle. Bien loin de là , c'était la plus belle époque ^ c'était: ... comment disaient-ils?... la consommation, Xalplta et Yoméga de l'œuvre du siècle. Aussi bien /•
( 5'4 ) la Consliluante, limperceplible Législature, la Convention , le Directoire et les Conseils , jeune et vieux , le Consulat, l'Empire, que sais-je? la restauration, les cent jours, le Roi encore, peu importe, ces genslà ne se montrent pas difficiles quand l'occasion presse ; l'encens , le blasphème sont toujours prêts, selon qu'ils craignent ou qu'ils espèrent , comme si les dieux s'ostoyent et se remeloyent , selon l'affaire de Dion (i). » Ainsi nous avons vu des hommes qui professaient ouvertement l'atliéisme , venir nous apporter une religion : ils permettaient Dieu.
Au reste , au point où ils pensent avoir amené les choses , ils se soucient peu des objections. « Le siècle avance, » disent-ils ; et ils poursuivent avec le siècle ; aussi bien le siècle ne s'arrête pas. Une ignorante et vaniteuse génération s'élève , qui prend en pilié les traditions , vieilles archives de la sagesse passée de mode. Cette sagesse d'autrefois ne savait qu'enseigner ; quelle différence aujourd'hui , et quels progrès! on enseigne qui nous enseigne; on applique merveilleusement les sciences aux arts mécaniques et industriels; on perfectionne le luxe et les commodités de la vie ; on fait de l'argent; on joitit. La perfection est indéfinie, et peut-être arrivera-t-on à i^ivre indéfiniment (2) , selon la promesse d'un philosophe à la veille de s'empoisonner. On a surtout fort avancé l'art d'échapper à l'action des lois, pour assouvir d'énormes passions. Il 3^ a unt» jurisprudence à l'usage du crime : il sait , à paragraphe nommé , où il doit s'arrêter pour n'être pns
(1) Montaij^ne tirant Dio^èno Lacrce , on la rie de Bion.
(2) Tableau historique des progrès de L'esprit humain , ouyraf;e posthume de Coiulortct.
( 5^5 ) puni par le bourreau ; et tel accusé amené sur les bancs d'une cour d'assises, prouve au tribunal qu'il connaît mieux que lui les dispositions du code qui lui sont applicables, et qu'il n'a encouru que la détention à temps. A-t-on mal combiné les chances 5 est-on pris au dépourvu 5 les voix recueillies , estce la sentence de mort ; eh bien , on mo^nte indifféremment sur l'échafaud , on dit adieu à l'assemblée, et l'on se jette dans le néant.
Ce délit envers la société , sinon envers le ciel , que les lois ne pourraient punir que sur le cadavre du coupable, bientôt les feuilles publiques renonceront , faute d'espace , à en rapporter les journaliers exemples. Cela ne fait pas même la plus légère sensation. On voit se tuer avec la même indifférence qu'on se tue. Le respect du aux pères , celui dû au Souverain , sont traités avec un égal mépris ; et ceci est au moins conséquent, ces deux choses n'étant qu'une. Je ne parle pas du serment ; bientôt on comptera ceux qu'on a prêtés , comme certaine femme d« l'ancienne Rome comptait ses amans par le nombre de ses cheveux.
Or, que cet état moral de choses soit l'inévitable conséquence de ce qu'on veut ou de ce qu'ion laisse vouloir, c'est ce qu'il serait trop inconséquent de nier. On joue un jeu sûr pour tout perdre ^ selon l'expression de Pascal , et pour le coup, on le joue les cartes sur la table. Je ne vois d'un côté de constance que pour le mal; de l'autre, je ne vois de force que pour la faiblesse. Quel avenir attendre d'hommes qui ne sauraient rien souffrir de ce qui a subsisté ? qui détruisent les vieilles mœurs comme les vieux monumens ? qui ne veulent pas plus de la foi de
( Si'.6 ) Bayaicl que de son château? qui ne se sentent à l'aise que parmi les décombres? Et remarquez ceci, ce sont pourt jnt ces décombres qu'ils tenteront ensuite de rçissembler, pour construire l'édifice de leur politique moderne j car enfin leur laudra-t-il bàlir quelciue chose. Insensés qui , pareils à ces eunui^ues de l'empire dégradé , assez forts pour la des- Jruction , seront trop faibles pour créer, et qui ne soupçonnant pas même le désordre, tant qu'ils n'ont pas-arrêté le soleil, après s'être long-temps tourjnentés pour terminer l'œuvre de leurs devanciers, se trouveraient , au bout de leurs fatigues , n'avoir fait qu'ajouter les ruines aux ruines, et la mort à la morto Soj'ons justes poiirtaivt. Il se pourrait qu'on ne youlût pas tout ce qu'on semble vouloir; qu'on annonçât plus pouF obtenir moins ; qu'on nous fit passer par des précipices pour nous rendre tout supportable 5 tranchons le jaot , qu'on feignît la république et ses horribles écueils, pour arriver à la monarchie. A la monarchie! eh, quoi! ne l'avonsnous pas?.... O gens à courte mémoire ! vous avez donc oublié aussi celte discussion où le débat ii.é-r tait ouvert que sur le choix du souverain , où l'on donnait le spectacle d'une diète nommant à un trône électif, où enfin l'on offrait la couronne de saint Louis à'tqut le monde, le seul Roi de France excepté ! On en veut revenir là , et l'on vous dira ensuite qu'on a été forcé d'abandonner le monarque , pour ne pas tout perdre, et sauver du moins la monardiie. On en veut à, la race de nos Rois , afin que tjuelque^ hommes puissent: dire : <« Ce que nou^ avons fait, est bon. » Chaque jour ces hommes font ^n pas de plus : on vous le dit , on vous le cric, >ç^
( 5., ) yous demeurez sourds à nos avertissemens et k nos cris 5 et quelque jour la postérité ne voudra pas croire que la même catastrophe soit arrivée deux fois dans le même pays ; que l'on ait annoncé cette catastrophe , et qu'elle se soit cependant accomplie de point en point , ainsi qu'on l'a annoncée jusqu'à réversion du roj^aume ; et alors ce que nous nommons civilisation, perfectibilité, on le comparerai la stupidité de ces sauvages d'Amérique, qui se réjouissent quand on va les brûler, et qui , considérant les apprêts de leur supplice, disent apathiquement : Cela ça bien.
Exagération que tout cela , esprit de parti , chimères , vaines alarmes ! diront ceux qui ont peur de la lumière , et aussi celte sorte de gens qui, pour rien , non pas même pour le péril , ne sauraient se résoudre à être dérangés de leur repos ; qui regardent agoniser la monarchie , et qui , la veille encore du dernier jour, diront, comme le sauvage : Cela va bieji.
Ainsi se consommera pour nous , sans obstacle et très-paisiblement, Xœuvre du siècle, en attendant que le tour des autres peuples soit arrivé ; puisqu'il est écrit qu'on ne saura opposer à la révolution que
la révolution.
Le marquis de Coriolis d'Espinouse.
SUR LA LYTHOGRAPHIE.
Autrefois , quand on disait qu'un homme avait fait un livre dangereux , publié une gravure injurieuse aux mœurs, il s'agissait tout simplement de prouver l'indécence de la gravure et le danger du
livre, et l'on n'était pas, pour cela , accusé d'avoir voulu décrier l'imprimerie ni l'art du dessin. Cv temps de bonhomie n'est plus ; nous avons ailaire à gens bien autrement pointilleux ; et lorsqu'on veut signaler aujourd'hui la coupable application que certain parti s'empresse de faire des découvertes les plus innocentes , il faut s'attendre qu'au premier mol de critique, la coterie blessée criera au scandale; et couvrant son intérêt attaqué de celui de l'art que vous n'attaquez pas, vous distribuera libéralement les noms de barbare, d'ennemi des lumières , d'esprit gothique , ou même d'homme monarchique, dernier degié de l'absurde dans une monarchie, comme chacun sait.
Et que sera-ce donc si , pour corroborer l'eccusaiion, la coterie, armée de son microscope révolutionnaire, s'en vient à découvrir, entre vos prénoms et votre nom , le moindre vestige de cette vieille particule DE, si iéodale , si tyrannique? Qu'aurez-vous à répondre alors, et qui vous sauvera de l'anathème du siècle? Car enfin, bien qu'à la grande rigueur il ne soit pas absolument impossible qu'un gentilhomme ait le sens commun , il 3 a toujours dix mille à parier contre un qu'il ne V^ pas : et c'est une terrible présomption contre un écrivain.
Pour émousser des ^rmes si puissantes aux mains du llbéraiisuie , il ne reste qu'un moyen : c'est une déclaration fianche , faite dans ces termes clairs devenus si rares, et qui , par hasard ou par bonheur, signifient encore quelque chose , et la même chose pour tout le monde.
H4tons - nous donc de dire cpie la lylhograplii» nous avait paru d'iibord un procédé si utile aux arts,
( ^29 ) ^jus nous avions regretté qu'il n eût pas été découvert au temps où les grands maîtres de Vécole italienne auraient pu y trouverun moyen de multiplier, en faveur des amateurs peu riches (auxquels nous prenons un vif intérêt) , ces collections d'esquisses, d'études, de pensées , rares et précieux trésors réservés aujourd'hui aux rois ou aux banquiers ; et si nous nous sommes consolés que la lythographie ait manqué à l'auteur de la Iraiisjiguratioîi , ce n'était qu'en pensant qu'elle se présentait encore à temps au peintre du Déluge.
C'est dans cette espérance que nous en guettions les prémices. Quel a été notre désappointement, lorsque nous avons vu nos artistes célèbres gagnés de V itesse, et comme supplantés par un tas de misérables anonj^mes , barbouilleurs politiques à la suite d'une faction , crayonnant l'injure ou le mensonge comme leurs maîtres l'écrivent, à tant la feuille, et aussi étrangers à Tart du dessin , que familiers dajîs l'art de corrompre les mœurs (i) et d'égarer les esprits ! N'est-ce pas en effet un spectacle déplorable, de voir toutes les rues tapissées de ces images , où la perfidie de l'intention !e dispute à la niaiserie de l'exécution et à la plalitude uu dessin?
Et malheureusement , ce qui vicie abonde.
L'inspiration à gages est inépuisable ; les bouti-
(i) Notre intcntioTi n'est pas <le paiîrr, dans cet article, des gravures ohscènes : pour les combattre ,il faudrait les décrire, et ce serait les inontrerdeux lois. D'ailleurs, cette justice appartient à la police , qui , dans le grand nombre , en lait disparaître une de loin à loin, pour rassurer les amis des bonnes mœurs.
Nous accorderons le même silence aux caricatures dédiées au Drapeau blanc : les auteurs ne réussiront pas .i le salir, même e» y touchant. Or, dans tous les genres , l'iuipuis.saiKe est un si gran«t iHalheur, qu'flle a droit aux éK"\s ù^'i- personnes charitables.'
( 53o ) qups ne suffisent déjà plus à l'étalage, et les marchands sont contraints de salir, chaque matin, les murs de leurs voisins , du chef-d'œuvre de circonstance que la nuit a enianié par ordre. On aura beau dire qu'où la qualité manque , il faut bien se retirer sur la quantité; toujours est-il vrai que ce vaste piuséuni de la sottise , qui en d'autres temps ne mériterait que risée et mépris , renferme un poison qu'il est nécessaire de signaler aujourd'hui.
Mais ici nous prévoyons une nouvelle malice de la coterie chicanière. Sans doute elle va , feignant de prendre le change sur les objets de notre indignation , rappliquer traîtreusement à ces gravures retraçant dé beaux faits d'armes qui honorent nos soldats. Il faut encore ôter ce plaisir à la coterie, et l'avertir, une fois pour toutes , que c'est une accusation gauche à porter contre des Français , plus Français qu'elle , et qu'il lui sera mal aisé de persuader que lé Drapeau blanc renonce si maladroitement à son patrimoine, en répudiant la victoire.
Il faut aussi avertir la coterie que nous n'en voulons même pas à une foule de portraits , quoique Ja plupart des modèles soient pris dans ses rangs. Au contraire , ils nous ont souvent infiniment divertis ; car plusieurs sont infiniment ridicules, tantôt par le nom des originaux , tantôt par leurs traits , et souvent par l'un et faulre ; du reste , rien de plu§ innocent. Qui pourrait être d'assez méchante humeur pour trouver mauvais que des individus se donnent, en payant , le plaisir de publier leurs visages par la commodité de la ly thographie , aux risques et périls de ces mêmes visages? Et qui serait assez; barbare pour mettre oh/iacle à la satisfaction que
c^s clames et messieurs éprouvent de se rencontrer ^insi au coin des rues , où plusieurs ont même l'attention délicate de se tenir, quand il ne pleut pas, auppès de leur copie, pour donner au public Tagréjnent de juger la ressemblance? Or, si dans ces staiions il enire un peu de vanité , on avouera qu'il y a au moins autant de patience et encore plus d'obligeance.
TSe savons-nous pas d'ailleurs que, de temps immémorial , cette multiplication de soi-même est un goût dominant dans les premières comme dans les dernières classes ?Z^e5rz/e5 , l'empoisonneur, a légué son portrait aux méditations des philosophes-physionomistes, et nous avons lu qu'un fameux général de voleurs avait laissé à un peintre arrêté par sa troupe, la vie et même la bourse , à condition que celui-ci ferait son portrait en grand uniforme de chef de brigands. Faut-il donc s'étonner qu'aujourd'hui des personnages peui-èire moins connus dans Pai'is , mais plus honnêtes assurément , se flattent de commencer, par le même moyen, une célébrité fort agréable, ou bien de ressusciter une immortalité morte depuis quelque temps? Faut-il s'étonner que nos lythographes soient aux ordres de la beauté en vogue , de l'homme d'Etat à la mode , comme à faffût du scandale de la veille, et du ridicule du jour, et qu'il leur suffise qu'on ait figuré dans un procès à titre de témoin, de victime ou de bourreau, fût-ce à deux cents lieues, pour être, par eux, dûment exposé ^ur les boulevards? N'est-il pas même utile à la justice que les carions d'estampes puissent suppléer ainsi au recueil des causes célèbres? N'est-il pas avantageux pour les arts , que les cours d'assises 'le-
( 53. ) viennent des ateliers de peinture? Ce pot-pourri de portraits, souvent mêlés dune manière très-bizarre par le caprice de TétalagistC; a d'ailleurs son point de vue philosophique. On peut, d'un coup d œil ,
Passer du grave au doux, du plaisant au sévère ,
et il est assez piquant de se procurer au même prix madame Manson, Tex-reincllortense, le général Lafayette, Missonnier , Bastide et M. Carnot. Quelle leçon pour les vanités humaines!
Mais il est d'autres gravures dont le ridicule seul ne peut pas faire justice ; car celles-là sont injurieuses au Roi, à l'armée et au malheur. On peut les diviser en deux classes : caricatures grotesques et caricatures sérieuses, toutes deux concourant an même but, les unes en calomniant le gouvernement légitime, les autres en ridiculisant le dévoûment à la légitimité, et par conséquent tendant à refroidir celui-ci , pour mieux renverser celui-là. On jugera des premières , par l'estampe représentant un jeune et vigoureux soldat portant sur son dos un ancien colonel , chevalier de saint Louis , et dont le costume et la physionomie expriment avec une admirable naïveté l'idée qu'on nous a faite des voltigeurs de Louis XIV. On lit au bas : Jtt le porte sur mes épaules. Derrière le groupe coule une rivière, ce qui est fort commode quand on est embarrassé d'un fardeau. On voit qti'il y a ici de l'esprit jusque dans le paysage : c'est à la manière du Poussin.
Ce morceau ne se vendit pas d'abord publiquementions les jours. Un de nos amis l'acheta quand il parut. Le lendemain, nous le cherchâmes rn vain. Il ne reparut que le surlendemain. Alors , il y
( 533 ) arait au moins inlermillenGe. Mais depuis que la police générale a fermé les yeux , et ne veille plus que sur soîi intérieur, ce chef-d'œuvre est devenu quotidien.
Son pendant représente encore un vieux colonel auquel un ramoneur demande de Touvrage.Le royalisle répond : Je n'ai pas de maison; je ne chercherai même plus à en ai^oir..,. pat ce que je crains
trop le FEU. Cette exécrable plaisanterie n'a pas
besoin de commentaire , et en servirait à tout ce que nous voyons. Elle trahit d'elle-même les souvenirs qui l'ont inspirée, les espérances qu'elle sème, et le parti qui les doit recueillir.... Eh! misérables incendiaires, contentez- vous de chercher sous la cendre des maisons que vous avez brûlées , le feu qu'il vous faut pour en brûler encore. Vos torches sont prêtes, et nous les attendons. Mais du moins n'insultez pas au malheureux qui n'a sauvé des flammes que la fidélité qui console et la religion qui pardonne , et dont le seul crime à vos yeux, est sans doute de n'avoir pas disparu aussi dans l'incendie. Ah ! pardonnez-le lui, ce crime, ne fûtce que pour vous avoir encore ménagé une jouissance î
Parmi les caricatures sérieuses , il faut classer cette foule d images de soldats isolés ou accouplés,, tous blessés , tous couverts de haillons , tous attendant ou demandant le pain de la charité 5 en un mot , environnés de tout le luxe de la misère; et comme dans toutes , une expression de rage et de vengeance se reproduit presque sans variantes, nous choisirons, seulement à cause de l'inscription qui y ajoute quelque chose, la gravure intitulée courage et ré-
sîGNATiON. Or, comme rien n'est moins résigné que la figure des deux héros, cette inscription n'est assurément pas une explication du sujet. Ccst donc une exhortation à propos du sujet. Mais alors le premier mot est de trop-. Où l'arUeur a-t-il vu qu'il fût si nécessaire de recommander le courante à des Français? Ignore-t-il que c'est une exhortation qui d'ellemême et toujours retentit au fond de leur cœur au premier coup de canon? Quant à résignation, qui est é\ idement synonyme de patience , rien de plus significatif. On saisit d'abord tout ce que ce mot donne à entendre , et même à attendre; et , en attendant, il calomnie le Roi, qu'il accuse d'abandonner le courage malheureux ; il calomnie farmée , et il régarerait , si d'avancé elle ne savait , comme nous, qu'on chercherait en vain, parmi tous ceux qui font honorée de leur bravoure, le modèle de ces victimes imaginaires.
On aura beau renforcer fefï'et de la gravure, de Téloquence d'un orateur officieux aposté tout exprès devant la boutique, et qui , dès qu'un militaire vient à s'y arrêter, commence aussitôt avec luimême, à demi -voix, un colloque d'exclamations dans le genre de celles-ci , que nous ai'ons entendues !• « Pauvres gens!... les voilà bien avancés!... Après « tant de victoires! Qui s'y serait attendu en 1812?... « Servez donc la patrie pour être traité comme ex cela!!! etc. etc. etc. » Le Cicéron en plein vent produit , Dieu merci , aussi peu d'effet que le Raphaël de carrefour. Les soldais du Roi , qui , comm'e leurs officiers, ont le sens droit et le cœur fidèle, passent sans y donner attention; et comme ils ont regarde sans reconnaître y ils écoutent sans comprendre.
( 535 ) Oui, nous le répétons, il n'en est pas un qui puisse se retrouver lui-même ou retrouver un camarade clans ces odieuses caricatures ; soit qu'appelés encore à défendre le drapeau de saint Louis, qui leur doit sa ("orce, comme ils lui doivent leur éclat, ils rendent la légitimité invulnérable sous l'égide de leur dévoiiment; soit (jue, retirés dans leurs foyers où la munificence du Roi les a suivis, ils goûtent le repos , digne fruit de leurs travaux passés , aucun n'avouerait le tableau calomniateur. Ah! si, pour rétablir la vérité, ils pouvaient user du moyen qui propage rcneur; quelles scènes diiïérentes ils nous présenteraient! Nous les verrions, ces vieux guerriers, rentrant dans leurs familles, si long-temps veuves ; chargés de hauts faits et de souvenirs, désormais en paix avec eux-mêmes , comme leur patrie l'est avec le monde , cultivant le champ qui les vit naître , et qui leur promet un tombeau ; et au lieu de courage et résignation , la pointe de leur sabre graverait au bas du tableau : bonheur et reconnaissance !
L immobile.
p. s. Un remords de conscience nous fait reprendre la plume. Nous nous apercevons que, bornés à la critique des productions lythographiques , nous n'avons montré qu'un côté de la médaille, et oublié le revers ; c'est-à-dire quelques sujets puisés dans les fastes de la fidélité. Il est vrai qu'ils sont clair semés , et que les marchands tournent le moins qu'ils peuvent la médaille de ce tôié. Cependant., en cherchant on trouve : il n'y a que manière de sy prendre. Pour dénicher une gravure royaliste , i\
( S'^^' ) ^ re faut souvent que sou-lever l'image libérale qui 1 étouffait. Ainsi , sous une Vue du champ d'a- 67/e, on ciperçoU les vénérables traits de l'in^'alide Leckrcy qui s'en est venu , à i o3 ans , pleurer sur le cercueil d'un Condé , et qu'un autre Condé est allé, le lendemain, remercier de ses larmes. Sous îin portrait qu'on dit celui du général Travot. ou Jrouve le tombeau de La Rochejaquelein , de ce héros des deux Vendées, gloire éternelle de la première, comme il est l'éternel regret de la seconde. La bataille de Chollet, gagnée pour la république , le 17 octobre 98, recouvre quelquefois les derniers momens de Bonchamps couronnant, le 17 octobre 93, par la clémence d'un cbrétirn, une vie pleine de la vaillance d'un chevalier (j). Des sujets si touchans, et particulièrement le grenadier à cheval de la Garde irtyale saluant le mausolée de son f^énéral, gravure charmante, où le peintre s'est montré digne du héros, reposent doucement la vue, quand la vue peut les découvrir. Que les artistes royalistes ( et il y en a beaucoup ) augmentent donc cette colleclion vraiment nationale ; les sujels ne leur manqueront pas. Qu'ils opposent crayons à crayons ; les arts et les lettres se doivent un mutuel appui; et puisqu'il est une lythographie qui a pris la Boussole pour guide, qu'une autre lythographio arbore enfin le draneau blanc.
(i) Nous saisissons cette occasion «l'annoncer une J^ie de M. U viarquLs de Bonchamps , par M. C.'iaineaii , iiHulecfn. L'aulcar a SU renfermer, en m9ins tie 3oo ])H<:;es, un des plus beaux t:>i- Rodes de la inonarclnc française. .Sou style est simple et se Ijoi jic k raconter : c'est ainsi qu'il convient l'c loticr cps^loiros qui sf louent elles mômee.
Au rédacteur du Drapeau blanc.
Aux environs de Nismes, ce a mars i&iy. u Quel Français, monsieur, na pas applaudi à ce qui a été dit dans la sixième livraison du Drapeau blanc , sur la convenance et Tutilité de ces moiiumens à ériger à la mémoire de nos grands roisi Quel Français ne voudrait voir s'élever sur nos places, les statues de Charlemagne, de Saint-Louis, de Charles V, de Louis XII , de Louis XIV! Mais si la gloire doit avoir ses monumens , le malheur aussi ne devrait-il pas avoir le sien ! Voilà déjà vingf-six lois que nous avons revu ce jour de douleur, ce jour d'opprobre que la France voudrait effacer de ses
annales , au prix même de sa gloire Voilà déjà
plus d'un quart de siècle que le 21 janvier a vu commettre le plus grand des forfaits 5 mais il n'a pas encore vu, au lieu 011 il lui consommé , ce monument d'expiation que l'œil y cherche inutilement î C'est en vâ!n que le monument de Whithall accuse l'absence de celui qui devrait être déjà sur la place Louis XV ; c'est en \ ain qu'on i.'étonne aux rives de la Tamise, que les rives de la Seine n'aient pas, encore vu , sous des Bourbons si désirés, s'élever la statue du plus infortuné des Bourbons ; tandis que celle du plus infortuné des Stuarts est toujours debout, sous les rois mêmes d'une autre dynastie qui occupeleur trône... Une scandaleuse inditiérence, peutêtre même un indigne motif, ont jusqu'ici rendu vaines les intentions du Prince , hautement manit'esiées àson premier retour. Déjà^ eh 1 8 1 4, nne enceinte respectueuse avait marqué le lieu consacré par le fliarlyre du meilleur des rois j elle en écartait les l, l'i^ LIVRAISON, 35
( 538 ) profanes , et empêchait un pied téméraire de souiller la place où la royale victime avait été immolée...
u Mais cette enceinte a disparu, et avec elle un projet clpiit la convenance avait d'abord été sentie. Les pas du crime peuvent fouler chaque jour le lieu même d'oii le fils de saint Louis est monté au ciel; et celoi qui a versé le sang du martyr, passera encora d'un air dis'rait sur le sol qui en fut baigné ! " (( Tristes imitateurs, pour me servir des expressions d'un illustre pair, n'aurons-nous imité que le crime , et n'imiterons-nous jamais la réparation? La place de Whithall , après avoir instruit au régicide la place de Louis XV , ne saurait elle au moins nous instruire nous-mêmes à l'expier! Et après s'être étonnés de ce qu'on a vu dans ce lieu que la magnificence de nos rois avait destiné à d'autres spectacles, les Français auront-ils encore à s'étonner de ce qu'on n'y voit point?
(( Cepentlant, des salles de spectacles, des bourses se sont élevées; mais le monument de la douleur et du repentir ne s'élève point. C'est beaucoup, sans doute, que de pourvoir aux plaisirs du public, et à ta commodité àf's marchands ; mais ce serait quelcjue chose aussi que d'accomplir un devoir dont l'honneur de la nation lui fait une loi , et de chercher à cifacer la tache de notre histoire, si cette ta^ che, hélas! n'est pas inellaçable.
uUn monument de deuil , sur la place Louis XV, servirait plus à rétablir la morale des ptuples, que des théâtres et des bourses ;
Ncji hoc isla siUi tempus spectacida poscit ;
VlRO.
et ce .ferait, une grande leçon pour les rois qui
(5%) 4'aperoevraient de leur palais. Le rétablissement de la statue d'Henri IV honore sans doute la nation qui s'est hâtée de payer ce tribut à un grand roi, et au père de son peuple ; mais le monument qui est Tobjet des vœux des bons Français était plus pressant encore, parce que le repentir et la justice doivent passer même avant l'admiration et l'amour.
u De deux choses Tune 5 il faut condamner le moiiument de Whithall , ou Timiter ; et les Anglais doivent renverser la statue de Charles P^, si celle dé Louis XVI ne doit pas s'élever.
t( Voilà mes regrets , voilà mes vœux , voilà sans doute enfin ceux de tout bon Français ; et j'emploie, pour les exprimer , un écrit qui sert d'organe à toU» les nobles sentimens, et d'interprète aux vœux des amis de leur Prince et de leur pays.
Henry de Bonald.
Le Gou^^ernement veut-il .réellement qu'il y ait en France une représentation nationale ?
Singulière question , me dira-t^oii ; n'avez-vous pas la Charte, la loi des. élections , la Chambre des députés et la Chambre des pairs , qui Vous répondent suffisamment ? -
' (^uant à la Qiarte , nous savons très-bien que c'est une mine d'or que les libéraux prétendent exploiter à leur profit, et que le ministère ne manque pas d'ouvrir.
Quant à la Loi des élections, elle prouve bien que nous avons, des députés,, des éligibles et des élec" teurs; mais elle ne prouve pas que nous ayons une représentation nationale, puisque le Gouvernement
peut modifier et changer cette loi quand bon luî semble, et qu'alors la majorité d'une année devient ia minorité d'une autre; ou plutôt que la nation étant représentée au gré dû Gouvernement , tantôt par des hommes blancs, tantôt par des hommes noirs, n'a réellement de représentation permanente que dans les agens ministériels.
Zi Quant à la Chambre des dépulés, le jour où sa majorité exprime une opinion qui déplaît aux ministres , ceux-ci menacent de la causer, comme ih l'ont déjà lait.
Pour la Chambre des pairs , elle doit savoir maintenant que toutes les fois cju elle sera en oppositioù avec le ministère , celui-ci , pour s'en venger, décorfsidérera la pairie , en la prodiguant à ses créatures , Vàntichambre d'un ministre étant désormais là succursale de la Chambre des pairs 5 et que de nouvelles promotions viendront y rétablir sans cesse la majorité ministérielle.
■ Voilà cette représentation nationale que l'on fait sonner si fort aux oreilles des Français! Il faut que les ministre^ 'aient une idée bien désavantageuse de l'esprit et du bon sens de la nation, dont ils osent se jouer ainsi !
Extrait du Co u ri ex , 1 1 mars .
a Ce serait avoir là vue courte que de ne considérer dans cet événement (là nouvelle /bz//7?c^f' des pairs) que la circonstance actuelle. C'est sur Pavenir qu il faut porter les yeux. Dan^ ces partis qui , sous différens noms , marchent tous vers un seul^t même but ( le ienversemeut de la dynastie legitiiiu*), ne se seront-ib pas animés d'un nouv^eaa courage, èh
lîQyant leurs chefs non seulement amnistiés, mais promus aux honneurs? Le volcan qui dormait sous la cendre . ne va-t-il pas se réveiller? Puisse le ciel détourner ces présages! mais ils ne sont, hélas? que trop certains, n
Ejrtrail du Times, ii jnai's,
. Nota. Il est bon d'observer que si le Times s'exprime ici dans le sens du Councr, ce n'est point par habitude ou esprit de parti , puisque c'est le Times qui a publié jusqu'ici la fameuse correspondance pri-. vée, et témoigné le plus de dévoûment au ministère français.
( C'est le rédacteur qui parle. ) « En voyant les ministres du roi de France entasser dans sa Chambre des pairs les partisans les plus ouvertement avoués de Buonaparte, ne nous semble-t-il pas entendre ce qu'aurait dit Charles II , si on eût osé lui proposée de s'entourer de ce fameux conseil d'officiers , qui ^vait si puissamment aidé Cromwell à renverser le trône et à abattre la tête de Charles P''?
(( Oui , nous le disons hautement , ce qui se passe présentement à Paris , n'intéresse pas seulement I3, maison de Bourbon^ pas seulement la France entière , mais tout père de famille , tout ami de la paix , quelque loin de l'Europe qu'il habite. «
Extrait du Courier, i5 mars.
Nota. Cet article , comme ceux que nous avons déjà donnés, sont généralement attribués à un ancien ami de M. Pitt , qui occupe encore une place distinguée dans le cabinet et le conseil-privé du prince régent.
M Le Monifei/r^ enfin donné une sorte d'explication officielle de la nominal ion des nouveaux pairs. Cet article est ex\rêmement remarquable. L'auteur a Taudace d'y avancer cjue cette mesure n'avait nullement pour objet de tirer les ministres d'un pas difficile.
« Non , c'était simplement un moyen mûrement réfléchi d'ennoblir la révolution, en apelant au soutien de la couronne ses plus implacables ennemis.
« Certes , nous ne prétendons pas poser en prin-* cipe que le Gouvernement de Louis XVIII doive à jamais exclure tout individu qui a pris quelque part à la révolution 5 ce serait déclarer la guerre à trop de monde.
(( Mais il y a deux classes de révolutionnaires dont la présence ne devrait jamais polluer [pollute) les conseils du monarque. Les uns sont les régicides , les autres les traîtres du 20 mars.
u Voilà les individus qu'il faut pour toujours exclure des honneurs , des emplois , et surtout de toute confiance l
*( Si nous étions réduits à faire un horrible choix .eintre ces deux races d'hommes , nous préférerions encore les premiers. Ils peuvent alléguer la démence qui égarait la nation , la peur du poignard levé sur eux ; mais quelle excuse ont les conspirateurs du 20 mars? N est-ce pas du plus profond de leur cœur qu'ils se sont plongés dans cet abîme de turpitude? Tant qu'il restera sur la surface du globe quelques vestiges de morale et d'honneur, jamais nous n'oublierons leur rébellion et leur parjure.
t< Et le Moniteur ose nous parler des sen'ices ré' cens de ces hommes! Ah! sans doute, parmi ces
services , il faut placer les cent jours! S***, M***, D***, etc. , ont donc rendu un éminenl stivice à la France , en supposant de tous leurs eHorls à la restauration des Bourbons ! Mais vous mènits, ministres de Louis XVJII, vous avez puni de mort ces sen'ices dans Labédoyère , JSej-, LavulctlCy et voiM venez aujourd'hui les récompenser dans leurs complices!
« yucl horrible dédain pour la justice et la décence publique, dans ces monstrueuses anomalies?
«C'était encore une consolation poui nous, de penser que cette étrange mesure avait éié dictée par la nécessité, soit réelle, soit fictive; mais la voir hautement avouée daprùs Ls principes , celle impudence lui donne un caractère ijuc nous ne voulons pas qualifier. »
Extrait du Nevv-1'imcs , iG mar^.
Nous remarquons dans le Morning-C hronicle un paragraphe intitulé : ylugnmntation du la Chambre des pairs de hrance , par M . Etienne. Ce titre ofTro un exemple assez singulier d'exactitude liistoiique produite par une faute d'impression.
M.Etienne , qui depuis deux ans s'est fait écrivain politique, a employé aussi long- temps les presses de Londres et de Paris , à défendre les principes d(î la révolution; on peut bien, d'après cela, re^^arder comme lun k\es fruits de ses travaux , l'élévation à la pairie, en J819, d'un si grand nombre des truilre« et de» rebelles de ibi5.
Une députatioQ de rinslLtut alla complimenter
Çuonaparfe àson arrivée de l'île d'Elbe, elM. Etienne;, qui la présidait, s'exprima en ces termes :
«Une d3nastie réprouvée depuis vingt ans et plus, ^< du peuple français, a fui devant le héros que le « vœu dn peuple français a appelé au trône. Hâtez, «sire, le moment où placé entre votre auguste «compagne et votre fils, vous renouvellerez avec (( la France ce contrat sacré qui est gravé dans tous « les cœurs français , etc. »
Peut-on s'étonner qne l'orateur qui prit sur lui d'adresser à un usurpateur couvert de sang ces servîtes adulations , parle avec éloge de l'accroissement que la Chambre des pairs a reçu par l'ordonnance du 5 mars?
Il nest pas rare d'entendre dire, en Angleterre, ^ des partisans modérés du système libéral , recommandables par leur probité , leur sagesse et leurs lumières , que la France est sortie de la terrible épreuve des résolutions avec une existence politique meilleure que celle qu'elle avait auparavant. Nous sommes loin de partager cette opinion ; et notre respect même pour ceux qui la professent ^ nous impose plus rigoureusement le devoir de la combattre.
L'existence politique actuelle de la France est infiniment pire que celle de i'-jSH. Alors, ce royaume était chrétien ; les athées siègent maintenant aux deux Chambres de la législature , et à son conseil d'Etat, Ce sont eux qui dirigent la presse , et on les voit nccupt^rlps premiers emplois dans toutes les provinces. La France a un nouveau Code , oi\ le nom de Dieu n'est pas même articulé. Les écrivains irréligieux sqnt protégés par le ministère du Roi liés-chrétien j ,
e} Ton a consommé la spoliation de l'Eglise , en vendant les derniers restes de sa propriété territoriale.
La France , en 1788 , était une contrée loyale et fidèle ; maintenant il est commun d'y entendre plaider la cause des régicides, et parler du 10 août 1792, du io mars i8i5, comme des deux plus belles journées de la révolution. En 1 788 , la France avait des libertés et des franchises; les grands corps placés entre le peuple et le monarque, opposaient de fortes barrières à tous les genres de despotisme ; ces barrières ont été renversées; et qu'a produit la révolution pour modérer le pouvoir de Buonaparte, et celui , qui est encore plus absolu , de M. Decaze?
Enfin la France ne connaissait point , en 1788, cette mesure abrutissante de la tj^rannie révolutionnaire , la conscription , rétablie au nom du Hoi , qui J'avait solennellement abolie par sa Charte. Parler de liberté d^ns un pays où la conscription répand une sorte de frénésie militaire dans toutes les classes de la société, c'est faire pis que d'imiter le babil insignifiant de la première enfance. Le même moyen par lequel Buonaparte avait enchaîné la France, sert aujourd'hui à préparer l'asseryissement de la France par un second Buonaparte.
Le 29 juin 1 8 1 5 , le deuxième régirnent des chasseurs à cheval de la Garde impériale, partait de l'Ecole militaire pour se rendre à Vincennes; passant sur le boulevard Poissonnière, entre neuf et dix heures du matin , des cris de t^ive /e Roi! se firent entendre. Quelques militaires quittèrent la colonne; et le nommé Rainfray fut frappé de plusieurs coups
( 546 ) iîe sabre, et laissé pour mort. M. Leblanc, lieulfnant à ce régiment, fut désigné comme l'auteur dû meurtre , et Traduit en conséquence devant un conseil de guerre, qui le condamna aux travaux forcés à perpétuité. Le Roi commua d'abord la peine , et fit ensuite grâce pleine et entière. Les auteurs de la Mmewe se sont emparés de celte affaire, pour en tirer le sujet d'un de leurs articles les plus virulens , auquel la réclama lion suivante doit servir de réponse.
(( Que M. le Blanc se plaigne du jugement rendu contre lui en 1816, par le deuxième conseil de guerre de la division; qu'il proteste de son innocence, ses juges n'élèveront pas leur voix pour couvrir la sienne. Leurs fonctions ont cessé 5 rentrés dans la vie privée, ils applaudissent du fond du cœur au nouvel acte de clémence de S. M. , qui le réhabilite , et n'auront pas la barbarie de dresser contre loi une nouvelle accusation pour justifier leur jugement.
« Mais garderont-ils le silence sur les calomnies dirigées contre leurs personnes? Se croiroHt-ils assez défendus par ce qu'on appelle Vautorlté de la chose jugée, contre les imputations qui leur ^ont faites dans la cinquante-neuvième livraison de la Minerve et la dix-neuvième de l'Homme g?is? Serait-il vrai que ces juges se fussent conduits par les mêmes principes que les juges de 93 — ? Ils vont s'effojcer de contenir la juste indignation que leur inspire une pareille assertion , pour examiner avec sang-froid les prétendus faits sur lesquels on veut s'appuyer.
((Ze jugement, dit la Minerve, a élé rendu par une commission militaire.
« Première erreur. Le sieur le Blanc a été jugé par ie deuxième conseil de guerre permanent de la première division, légalement composé.
« Le sieur le Blanc ^ ajoute le libelle, n^ était pas à Paris le jour où fut commis le crime.
({ Deuxième erreur. Il était à Paris , dans le lieu et à l'heure où fut commis le crime. Cela révsulte de ses réponses consignées dans son interrogatoire.
« La Mineri^e continue. Le coup a été porte par un maréchal-dcs-logis ,
« Troisième erreur. Le coup a été porté par le sieur le Blanc; voici sa réponse à cet égard : (Interrogatoire du i3 avril 1816.)
t( Ce particulier proféra mille injures contre la « Garde impériale ; autant par indignation que pour « repousser cet homme , je lui portai un coup de c( sabre , etc. »
« Tels sont les faits véritables que j'oppose à des faits controuvés. Que les auteurs de la Minen^e ne croyent pas devoir en tirer la conséquence que le «ieur le Blanc était coupable, ils en sont les maîtres, ffous n'entendons pas non plus reproduire ici les élémens d'une nouvelle conviction contre lui. (Nous avons déjà fait notre profession de foi à cet égard.) Notre prétention est plus modeste ; nous voulons seulement prouver aux auteurs de la Minerve , que si le sieur le Blanc a été condamné , ça n'a pas été , comme ils le prétendent , en l'absence de toute charge , même indirecte.
Le vicomte de Courteille, ex-président du 2» conseil de guerre permanent de la ife division militaire,
« P. S. Je déclare que je m'abstiendrai de nouvelles
(54») explications sur cette affaire , à moins qu'on ne lïi'y force par de nouvelles calomnies. »
Paris , 20 mars 1819.
CORRESPONDANCE
Nismes, ce 3o février 1819.
J'ai lu , monsieur, cjans une des dernières livraisons de la Minerve , qu'on avait vu à Nismes des cocardes blanches entourées d'un liseré uert, et des pantalons à bandes rouges: el qu'à cette apparition , tous les profestans avaient tremblé , et qu un grand nombre avaient fait leurs malles pour abandonner la ville.
Nous sommes sans doute bien reconnaissans de ce tendre intérêt que nous témoigne la Minerve , lorsque l'occasion s'en présente, et même lorsqu'elle ne se présente point. Mais , en vérité , nous ne saurions nous empêcher de nous plaindre un peu de cevifintérêt, s'il allait jusqu'à nous taire passer pour une nation de poltrons au milieu de la nation des iDraves , et nous voudrions bien que Messieurs de la Minerve se souvinssent quelquefois que, pour être protestans, nous n'en sommes pas moins Français, dahs toute la force de ce mot. Eh quoi! parce que des chiffons verts et blancs auraient apparu à quelques chapeaux , et des bandes rouges à quelques haut-de-chausses (supposé que tout cela ait apparu ailleurs que dans le cerveau de la Minerve ) , ne voilà-t-il pas tout un peuple nombreux en émoi , et tous ces généreux citoyens que la Minerve a si souvent et avec tant d'obligeance représentés comme l'élite de la ville, faisant courageusement leurs malles, et remplissant toutes les voilures jju-
tiliqués pour aller porter leurs frayeurs dans d'autres climats?
Mais ce vert et ce blanc, dira-t-on, présageaient fe tfhute d*^nn ministre qui nous est cher. Ah! sans doute nous sommes bien redevables à ce ministre resté debout.... Qu'il a puissamment contribué à adoucir notre position ! Comme il a su réunir habilement les partis dans nos contrées î Comme il à heureusement efîacé les préventions dont la révolution nous avait rendus l'objet ! et comme il a su nous ramener les esprits elles cœurs, puisque, selon la Minerve ^ la simple vue d'un ruban vert nous fait
Songer à Tinstant à faire nos paquets ! Mais ce
ministre, enfin, le cOnserVerofis-nous toujours? Et si nous venions aie perdre [qiiod dii alertant I),iïo\.ïQ sûreté , notre fortune, notre église elle-ui' me, touj cela devra-t-il périr avec lui? Si le simple change^ ment d'un ministre nous met dans l'indispensable nécessité de faire nos malles, certes, il serait plus prudent à nous de les tenir toujours faites; ce serait beaucoup de peine épargnée dans un Gouverner ment représentatif, où ces sortes d'accidens ne sont j)as rares.
Quant à moi, monsieur, je puis certifier à la Minerve que ces liserés verts , que je n'ai point vus,, mais dont je ne songe à nier ni à.affi rmer l'existence , ne m'eussent pas plus fait trembler que ces pantalons à bandes rouges que je vois journellement j car la Minerve voudra bien permettre à la gcirde nationale , quoique dissoute , d'achever d'user ses ancien,s pantalons d'unilorme ; beaucoup même n'en ont pas d'autres ; et quoique la liberté soit devenue fort à la mode aujourd'hui , le sans-culotisme ne paraît pas en-
( 55o ) core avoir repris faveur. Mais, jevotis l'avoue, si, au lieu He cocardes cn'ourées d'un liseré vert, j'envoyais reparaître entourées de bleu et de rouge, et si , au lieu de voir le rouge au haut-^de-chausses, je le voyais gagner le sommet de la tête , et remplacer les chapeaux, alors, mon cher monsieur, je tremblerais de tous mes membres , alors je ferais malles et paquets , sans m'informer si messieurs de la Mi-^ nerve seraient forts pressés de faire les leurs.
Votre très-humble serviteur ,
Louis Martin , protestant de Nismes.
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MÉLANGES
Si une lettre anonyme est une lâcheté , un écrit pseudonyme , dont l'auteur n'emprunte un nom connu que pour le déshonorer, est un crime. Nous avons reçu, au sujet de farticle inséré dans notre dernière livraison , sur l'assassinat du duc d'Enghien , une lettre signée A. D'Ht. , mais dont le contenu, où le nom de D'Houtetot est d'ailleurs écrit en toutes lettres, prouve jusqu'à l'évidence que c'est ce nom qu'on a prétendu signer. Cette lettre est déposée au Bureau du Drapeau blanc. Nous ne doutons pas que la famille d'Houdetot, après en avoir pris communication, ne s'empresse de la désavouer avec horreur, et de déclarer qu'aucun de ses meinbiej n a pu tracer un pareil écrit ; nous désirons même que fexamen de l'écriture puisse l'aider à découvrir ce faussaire inlàme. Si cependant, contre notre espérance et contre toute espèce de probabilité, ce désaveu n'avait pas lieu, nous imprimerioas celte let-
(55.) tre dans notre prochaine livraison, qui paraîtra le 2 avril, et nous aurions soin de joindre au texte 1er commentaire qu'il mérite.
. — Bossuet a été fortement tancé dans îa Minen^e , pour avoir composé l'oraison funèbre de MichelLc" tellÀer; et un minervien, M. Etienne, dit de Jouy , vient de prononcer l'oraison funèbre de M. Regnaud , dit G?e Saint- J ean-d Angély l
En attendant qu'il nous soit démontré que M. Regnaud valait mieux qu'un chancelier de.France, et que M. Etienne, dit de Jouy , vaut mieux que Bossuet, ne pourrons-nous, sans troubler la paix des tombeaux, faire quelques petites annotations sur la harangue mortuaire du minervien?
« L'histoire, a-t-il dit, paiera un Jusle tribut d'é- « loges à l'homme que nous enterrons. »
Mais, M. Etienne, dit de Jouy j qu'aura de commun X histoire avec tous vos grands hommes du jour? Nos gazettes sont déjà lasses d'en parler.
Ensuite , prenez donc garde : vous dites que Thi^ioire paiera ce /«5/e tribut, parce qu'elle est [organe inflexible de latérite ! Il paraît que vous n'aspirez pas à ce que l'on dise de votre bouche ce qu'elle dit de l'histoire.
({ A l'âge de 2-^ ans, Louis-Michel-Elienne Re- « gnaud se distingua à l'Assemblée constituante. » - Certes, parmi les 4 ou 5oo avocats qui braillaient du matin au soir, et quelquefois du soir au matin, -clans celte pétaudière, le mort que vous enterrez méritait, en effet , une distinction : c'est qu'il parlait français. Mais savez-vous, d'ailleurs, comment il y était distingué des grands meneurs de cette assemblée désorganisatrice, que, sans pitié pour le& maux
de la France, vous appelez constituante? Ècouleif Cette pt'tile anecdote , qui n esi pas un conte :
Le sieur JRegnaud voulant devenir membre d'un comité , et se taire chari^er d'un rapport qui le fît un peu remarquer, se présente chezBarnave, qui était, comme vous pouvez le savoir, un meneur ^/-èW/5ùngLié à celte époque. L'avocat de Grenoble écrivait 5 sans lever les yeux de dessus son papier : u Qui ètes-vous?)) dit-il à lavocat de Saint-J«anu d'Angely. — Je suis Regnaud. — Ah! ah! EH « bien, mon cher collègue, j'aime mieux que vous « le soyez que moi ! » et 1 entretien finit là.
« Comme homme public, nous l'avons vu tou-^ u Jours fidèle au parti de \sl justice. »
Toujours , et plus particulièrement quand il vint au sénat, burlesqùement nommé conseri^ateur ^ déclarer que la guerre d'Espagne était juste et nécessaire^ lorsqu'il y revint demander trois cent mille animaux à deux pieds, sans plumes, pour en faire de la chair à canon , qui commençait à manquer après la bataille de Leipsick.
«Au vingt mars, M. Regnaud reprit sa place.... )>
Au ifingt mars! Eh quoi î M. Etienne, dit de Jouy , vous êtes donc entré à l'Académie sans avoir fait votre rhéforicjue? Personne n'aurait-il pu vous apprendre ce que c'est que la figure que l'on nommé réticence 7
(( Que cette terre, trempée des larmes deTarnîtié, « lui soit plus légère ! »
Une terre trempée plus légère î Il semble
que vous blessez à la fois ici le bon goût et la bonne physique.
Vous êtes cause, M. Etienne; dit de Jour , que
( 553 ) \ious avons relu Bossuet , et nous lui avons pardonné; mais qui vous pardonnera ?
Ah ! Ermite de la Chaussée-irAntin , qui , toujours degringolando y êtes devenu l'Ermite de la Guiane , puis enfin l'Ermite de la Minerve , souflrez que nous vous disions , comme le Petit chapeîvn rouge au solitaire :
« Non, bon ermite, pauvre ermite > « Non , ce n'est pas cela ! »
— Conçoit -on une audace égale à celle dont M. Benjamin Constant vient de faire preuve dans là. 59^ livraison de la Minerçe ? Après s'être plaint avec amertume de ['opinion de M. Duvergier de Hauranne, relativement à la proposition faiie pat M. le marquis Barthélémy, il en cite ces phrases ; Les hommes qui veulent l'illégitimité , les ennemis de la monarchie , qui se couvrent dun masque hypocrite , tes souvenirs démocratiques de i "^92 , la France, réduite par les tartufes de la liberté , à ne trouver de refuge que dans une nouvelle usurpation ; et il ose diemander, lui, dont plus de vingt brochures attestent les principes démocratiques; lui, qui ayant écrit le Il et le 19 mars 181 5, dans le Journal des débats , les articles les plus violens contre l'usurpateur, accepta , quelques jours après , une place dans soa conseil d'Etat; lui , en un mot, l'un des rédacteurs des fameux articles additionnels qui proscrivaient l'auguste famille des Bourbons ; il ose demander où sont ces zélateurs des pouvoirs illégitimes, ces ennemis de la monarchie ! . . . .
Mais la France entière lui répond : Tuesillevir!..;.
— On trouve, page 3o3 d'un ouvrage intitulé Dé i' esprit militaire , publié en t;85, et qui est juste-
L 12^ I.ITRAISON. ^6
ment estime, le passage suivant, qui semble avoir été écritdhier:^ ,■, ,^,. si;-, m,,, ubfi/. , ..i
({ Uanibition du crédit, de Topulence, des vains u honneurs , Yoil,à^ bien plus que le désir de la renom- «mée, ce qui fai^ Techerçher le^ grandes places « avec taiit d'ardeur. Voilà ce qui, t^nt de fois, les « peuplent d'iiommes médiocres qui , chargés du desu tin et delà gloire de TEtat , ne s'occupent que de Ta-j^ « grandissement de leur maison, de l'augnientatioa « de leurtbrlune, etbravent, en accumulant sur eux
ttjes richesses-^^,le^,4i^^A».^^.^'^:f^V^^^fl^ J^~ «condamne. ^,,.., ^.. .,; ,,,,. .,,,:) ij .:,^}f,r^y,r, h.sYa
u Ce cri public est, en France, la seule peine^
« que les ministres, même les plus coupables, aieut
« à redouter 5 car loin d'être punis par le Gouverne^
ic^ineiit, il n'en est point qu'il ne récompense, eJ;
« dont la disgrâce ne soit accompagnée d'une pea-^
tension par laquelle les services les plus signalé» se-
« raient paj'és avec assez de inagnificence. L'en-
«semble, çepeudaiit, ^e ces pensions énormes,
« dans une çpur.où, les, ministres de tous les dépar-
ii.temens se succèdent avec tant de rapidité, ïoime
«enfin une somme immense, qui lait passer une
(( partie des revenus de l'Etat dans les mains de ceujc
ic qui souvent ont fait son ^)^^]||eJ^^iv,,^L^?q\^^^^g-
« probre. ,3j^,iiT /,! V't [->vr en /
'^^^ Ce n'était pas assez de l'espèce xl'indifférence avec laquelle on avait célébré , cette année , la triste solennité du ii janvier : il a fallu encore que i^gssieurs les rédacteurs du Journal de Paris vinssent ajouter à ce scandale , celui d*amcndcr , de leur proe pre autorité, la loi de i8i4 qui Ta établie , eu dour Mant le nom iV erreur, à ce qu'elle signale elle*mêa5,yr
comme lui crime! Voici ce qu'on lii dans leur
numéro du i3 de en mois : '''^^ "^^ ^"^'^^
« Le jugement rendu par elle (la Convention nationale) lut inique; mais il ne fut qu'une erreur, une épouvantable (Mreur. Les juges n'ont point a répondre de leur opinion 5 mais cette assemblée usurpa le pouvoir judiciaire , que , dans aucun cas ,
elle ne pouvait exercer , et voilà ce qui la condamne. » Do'?'mJiM'à. ::jiiî'.bïjx.r.
'''^uoiî le jugement qui fit tomber sous le fer des bourreaux la tête du meilleur des Princes , ne serait quune erreur? Il faut être bien malheureusement organisé; il faut avoir un rare courage pour oser l'écrire , quand le plus farouche , le plus sombre, le plus cruel des usurpateurs, Cromwel, en un mot , ne put parvenir à persuader ses conjurés, qu'en avouant la maxime sacrée de Xin^iolabilité
royale. Vo^m"
«Si quelqu'c/n (dit-il dans la séance du 4 janvier
1549) AVAIT PROPOSÉ VOLONTAIREMENT d'aCCUSER LE ROI , JE l'aurais KEGARDÉ COMME LE PLUS GRAND DES
ïRAÎTRES. Et fai i'Oulu moi-même demander le rétablissement de S. M . ; mais J'ai senti ma langue se coller à mon palais , et j'ai pris ce moui^ement sùrnaiurel , pout^'ihi signe' que le ciel rejette ce Prince^ et nous ordonne de le juger. Puis donc que la providence ET LA NÉCESSITÉ NOUS IMPOSENT CE FARDEAU,
je prierai le ciel de répandre sa bénédiction sur vos conseils. »
Ainsi , d'après l'aveu de cé monstre , tout homme qui proposerait d'ûccM^er son Roi, serait le plus GRAttîD DES traItres. Que dirons-nous donc de ceux ^qtri l'ont y</o^é, et surlout de ceux qui l'ont cori'*^ 'danînd?..ié^ -'^^•< ^*»^ ^i* - ' '
Trait de dés intéressement.
jry^r^ Le 19 mars ï8i5, deux généraux que la cbu* av^it accueillis , se présentèrent devant M. de B!acas; l'un d'eux prit la parole, et dit au minisire de Ift Maison du Roi : «Nous Sommes détoués à S. M. , et déterminés h la détendre jusqu'à la mort; mai^ nos propriétés peuvent être confisquées, et n Os familles livrées à la rajsère. Nous demandons au Roi chacun une Somme de cent mille écus. » M. de Blacas hésita un moment; alors ces deux messieurs annoncèrent qu'ils allaient se retirer, et qu'on ne devait plus compter sur leurs seiTices. Les deux cent^ mille écus leur furent délivrés sur le champ ; le soir inême le Roi partit. L'un de nos généraux se rendit dans ses terres , qu'il augmenta par de nouvelles acquisitions ; l autre resta à Paris , où ^ s'occupa ^ placer ses fonds chez des banquiers solides. Cetté^ anecdote est véritable; elle est connue d'un hësgrand nombre de personnes dignes de Toi; et êï* quelqu'un en doutait, il pourrait s'adresser au président du conseil des ministres, qui est à même de' donner à cet égard les éclaireissemens les plus p6* iitifs. ..Jih hfrp ^nfib J9 : ....ïsitwfio tisl ^sq .i fls u • — Un amateur de petits gâtcauà a entendu , datiàP" une boutique de pâtissier, près des Bains-Chinois^ ' un petit dialogue qui prouve combien l'esprit dU^ peuple est éclairé, et de quelle émulation sont aftliiî mées les diverses classes de la société. Un garçôih^ pâtissier paraissait tout occupé des bfioclies confiée* à ses çpiûs^ son Ciàmarade, qui avait été prendre ^a de.mi-tass;e, et, vraisemblablement lire le journal art café voisia, rentre, et dit : Comment, Guilttyt, je te retrouYfLii» j[çriiJiiu\;3,t|^,n\'is donc pas cUé nonîî"»i4
paît de France? — Pas encore , répond Guîllot sans témoigner la moindre surprise; mais j'ai de l'espoir pour la secQadeybw/vie^e. ioifirq bi liiq- /u'^ ' ^^^
. \f- Un honnête homme exerçait en provihce lifi pelit emploi qni le tairait vivre; €t, comme de rai^ son, il vient de le perdre ; mais ce qui peut paraître étonnant, c'est qu'il ait conçu le projet ridicule de venir à Paris , afiji de solliciter la réparation d'xine injustice. Après beaucoup de démarches , il arrache, on ne sait comment, la protection de quelque personnage en crédit, et il parvient jusqu'au cabinet particulier d'un administrateur dont on lui a vanté l'obligeance ; it montre une lettre de recommandation : la signature était digne de figurer parmi celles des auteurs responsables de /ûi^//2eir^e,- aussi est-il parfaitement accueilli, Qn.Uu donne un fauteuil,, puis on s'informel de rojajjet de. sa visite ; on ajoute : En quoi puis-je youscjètre agréable? — Ah ! monsieur , en me rendant une place quiP l'on n'a pu m'enlever que par er-r reur ou par. suite de quelque calomnie. — La calomnie , vous dites très-bien; oest cela même , oit n'en a pas fait d'autres — ; et dans quel département* étieZ'Vous placé? •^— Dans celui de la Cl.. — ÎTxcellens, braves gens sur lesquels on peut compter; ainsi, vous êtes une nouvelle victime de la réactions^ je parie que vous avez été fédéré.. ..? — Moi , mon-^si,eur? au contraire, je faisais partie des volontaires.^ royaux. —-Hein? comment? répétez-moi cela, je^ vous prie. —Très-volontiers; j'ai toujours été roya-'^ liste ; c'est comme royaliste que l'on m'avait placé. ' -r-.Et combien y a-t-il de temps que vous êtes desti-" tué?-^ Tout au plus six semaines. — Six semaines! c'est différent ( ici l'administrateur se lève avec hu-
" -Thn-^i îz'îT:*- (a.'>58 ) 2n£r ■rf,'^ IOBUt) ; voilà comme ils sont; si on les écoutait, il n'y en aurait pas un de coupable. Monsieur, l'administration aepjeut; revenir sur ce qu'elle a décidé : c'est une règle générale ; vous ne serez ni réinsr tallé ni placé ailleurs : c'est moi qui vous en donne l'assurance. Kn effet , le solliciieur désappointé n'a rien obtenu ; il s'en retourne au pays avec (juelque chose de naoins que lorsqu'il s'est mis en route pour ^k capitale : il connaît mieux les hommes, et il n'a plus d'espérance^ob 87îëdlrqt> •ai)^firt?jb sb
^^I '^'^'fGow^siie M. Tîssot.
Jamajs l'apothéose de Voltaire par les garçons de boulique en 91 , jamais l'inauguration des buvste&de A'iarat ^ de Lepelletier en 94, ne furent accompagnés de plu3xidicu(cs acclamations que le triomphe de M. Tissot;Sur la calomnie, dans sa séance du 18 mars 1819.. On eut dit que tous les talens, toutes les vertus avaient été outragée dans la personne de . ,]Vl. Ti«sol^ D'abord, un orateur s'est levé, et a dé- , ^bijé ay^c une emphase àe ciubùce, une apologie de . tfois |kages, où se.trouvuienL beaucoup de grandes phrases sur les ^erius du ptofeseur, sur son dévoûmç}ni4',iin pionc^rgue constitutionnel y et pas un mol ,^ sur la preuve de calomnie. L'apologie terminée et contresignée pav tous les audikours de bonne volonté^, le vertueux professeur est arrivé enfin, et a été conduit jusqu'à sa tribune aveo- des battemens de main «prolongés- jNotve njémoii:<^>^''a'pu suffire à reçueiUir toutes les bellef choses, dites à cette séance. , Voici cependant une pluasc qui iu?us a frappés dans la bouche de M, Tissot» A ce vdrsde Virgile : Nec piinus Ewyali cœdcs,.., « qu-elle est, s'cst-il écrié,
(5%) * celte soif du sang dans un âge si tendre? Qne\ est tf« cet instinct du carnage qui est dans rio'tre nature, , ^ et qni 7wu^ rapproche de la bête féroce? i> -^ La séance ïi fini comme elle'avait commencé, par une apologie de M. Tissot'r^ celte fois prononcée 'par lui-même. Il a déclamé deu:t pièces de vers : un apologue contre ses envieux , intitulé ies chiens. On y voyait un chian de professeur qui haranguait ' des chiens d'auditeurs y etfinissaitparc/«r<5'//er, rosser, ' assommer un chien de critique gratifié , par marque de distinction , des épithètes de grùgnon , de galeux... etc.; ensuite un dithyrambe pour célébrer son amour de la liberté , de l'égalité , de la sainte in-' •^ dépenffahce , ' son zèle noblement [factieux ^ ardent
^■' -persécuteur deiS obsciirs préjugés tyrans de TEtat
^^^^ De tout cela, on composait lés 2^er/i/5 de M. Tissot, D'aussi beaux titres luimériteront, saïisd'oute, dans ^'tjûelque calendrier degS , uneplacehonorable parmi '^'iè^ saints de la révolution: On lui laissera choisir le ^"'iriois sans' en eicepter le mois dé septembre qui est ''^foi't brigué dans le nouveau décalogue. Tant de ^^ôuanges répandues , non pas à petites pincées, mais ^^k'pleînes mains , pour nous servir des expressions ^toujours élégantes etnobles de M. Tissot, n'avaient ^0^1 étouffer sa modestie, u Voilà bien des louanges , ^^ ê^-^t^îl'dit^ ^n confessant son indignité; il ne me ^o^ l'esté plus maintenant qu'à les mériter, » -"^''^ fi ^"^ Aihiî M. Tissot croit n'avoir pas encore assez Tait ^^jJOiit* mériter le* noms à' ami de la liberté et de Péga- '^i^é, A quoi donc devons-nous nous attendre? .a'jnF<^ M. fabbé Louis, prêtre, ci-devant chanoine *"^a'Mans, à adressé une supplique à la congrégation ^''èes séculiers à Rome, pour passer de la vie ecclé-
siasHque .H la vie séculière. Monsieur l'abbé s'e&t pourvu d'avance des habits séculiers et de l epée. Les faiseurs de calembourgs disent qu'il n'oubliera pas la bourse. On parle aussi de son prochain mariage avec une nièce fort aimable, qvii depuis longtemps fait les honneurs de sa maison. Il craint que monsicuçv-le. çijré de Saint - Roch refuse de lui donner la bénédiction nuptiale , s'il n'est muni d'unç bulle ad hoc et des dispenses. Nous connaissons as^ sez p^onsieur l'abbé pour croire que s'il n'obtient pas l'objet de sa demande, il est homme à passer out^e.
-y M, dePradt, avant que detre archevêque de Malines, était évêque de Poitiers. En faisant sa tournée dans ce, diocèse, il rencontra M. le mar-» quis de Foftt,,*.^ pajr -de France , qui, fort surpris de le yQi^.,,,),ui.dit i,,Que venez-i^aus dune faire ici , Vahbé.7 J'y t^iens enterrer la religion , répor^dit l'évê-! que. Il est vrai que si la religion n ayait eu que des ministres comme M. de Pjradt, il y a long-temps quelle serajt défunte^uio n t'i
— M. le marquis de La Fayette, qui doit se résigner à être marquis, malgré sa patriotique répur gnance pourJes titres de noblesse, malgré tout ce qu'il a fdit pour n'être plus noble , M. de La Fayette, qui est bien plus marquis encore qu'il u'est général, à ce que disent les Jîiéchans, vient de faire admirer cette précision de çoup-d'œil, cette justesse d'àperci^ qui, distinguent les grands capitaines, et qu'une longue oisiveté n'a point alléréfs chez;liii,,Il a prononcé ppb'liquement cette pvophélie ; J)(ous gagnerons la bataille des élections! et f événement a prèsqu'aussitôt justifié sa prédiction. ISe croit -on pas
(56r) entendre Turenne disant : Je ilens Montéciicnflî.- Heureusement il n'y pas de boiiléls de canon sur le champ de bataille oi^i triomphe- monsieur le marquis. Voilà donc encore une victoire à laquelle est atta- t ché le nom de M. de La Fayette, qui a gagné plus ' d'une bataille du même genre. On n'a point ou^ilié les lauriersdu siège de TAnnonciade, oii-le gênéial, ^seulement à la tête de quatre bataillons, emporia un couvent défendu par plus de trente religieuses. L'histoire conservera le souvenir de la bataille" de Versailles , gagnée lé 5 octobre ^ presqu'en dormant , et qui lui valut un triomphe dont Téclat efface ceux de ranciennéR'dme. Des têtes couronnées, courbées «ious le joug de l'esclavage, ornèrent aussi le cor- ' lége du triomphateur français; et les généraux ro« mains n'avaient pas, comme lui, l'avantage d'être nés les sujets ctes rois qu'ils traînaient après leur char. Mais si brillantes que soient ces victoires et cent autres pareilles, peuvent-elles soutenir la comparaison avec la bataille de Varennes , gagnée par M. de La Fayette , qui était à cinquante-cinq lieues de l'endroit où elle se livrait : le génie et la prévoyance ne connaissent pas ces distances-la. Avec de pafeils titres de gloire , n'y a-t-il pas bien de la modestie à se vanter du gain de la bataille des élections? N'était-elle pas déjà décidée avant que M. de LaFayette n'y vînt prendre part? N'est-ce pas même aux premiers sqccès des manœuvres des cohortes libérales, qu'il a dû l'avantage de pouvoir arriver a temps sur le ten ain? Mais tel est l'instinct guerrier de monsieur ïe marquis , qu'il he peut rester étranger à aucune victoire de la révolution : quand co n'est pas lui qui la remporte', du rnoins il la sonne.
Gcûéral ou trompette, c'e«t touiours un héro^. — Jamais le despotisme miuistcriei , jamai.s la bassesse et la vénalité de certains hommes qui déshonorent et 4e titre '(l^'il portent €t le:» ioaclions qu'ils n'ont ambitionnées que pour eji faire un objet de trafic^, jamais la corruption qui achète et la corruption qui se vend, ne se sont montrées. avec plus d'impudence et d'edVonterie que dans le scrutin qui a eu pour résultat le rejet de la proposition adoptée par la Chambre i\es pairs. Les ministres avaient eu soin de déclarer tout haut, afin que personne ne pût prétexter d'ignorance, qu'aucun député occupant uii; e^jrt|)l;<;)ti.|^;|pb nomination du Gouvernement, ne devait espérer de le conserver, ni aucun postulant pour lui-même ou pour les siens, ne devait se flatter de rieu obtenir s'il négligeait de montrer à un secrétaire tacitement préposé à cette opération, sa boule noire, avant de U laisser tomber dans, l'orne. Los dociles votans ont obéi; et chacun d'eux, en passant, recevait pour récompense un petit 5alut et un sourire de satisfaction du secrétaire-vérificateur.
— 'Il faut que certains députés qui ont parlé contre la proposition de M. Barthélémy, aient bien compté sur la politesse de leurs adversaires, pour avoir osé faire et répéter cette question : « Que re- (( proclie-t-on à la loi des élections? Quel mauvais u effet a-t-elle produit? Serait-ce par hasard la prête sence , dans la Chambre, des deux cinquièmes (f nouvellement élus?» Comment n ont-ils pas craint que quelque orateur, poussé à bout par tant d'in^pudence, entraîné enfin par la force de la vérité, ne s écriât, avec l'accent de l'indignation : «Oui, puis- "Hf^.quç Vous iiou$ forcez à vous dire en face et que
« Tious avions t'tndulgence d'indiquer en fermes d^-
« tournés , ce que la France entière répète, ce que
M vos consciences devraient vous dive, si, depuis
V long-temps , vous ne les aviez réduites an silence ;
« oui, c'est parce que plqsieursr d'entre vous siègent
« dans cette enceinte, ')dlLriti« devraient enUei- que
« des amis et des défenseurs du trône légitime , que
Hjla loi nous paraît mauvaise et dangereuse ,• oui ,
•*J c'est parce que vous , M. M. , vous , M. B. , vous ,
a M. L. F., et vous tous qui, dans le tripot des cent jours,
<c avez foulé aux pieds la Charte , et proscrit à jamais
« la dynastie des Bourbons ; vous qui avez retardé
« de tout votre pouvoir" i^etéfablissement du Roi ,
w>'i^ue seul vous vouliez exclure d'uii trône offert à
« toutes les usurpations ; vous qui Avr^z mérite et qui
'jaauriez subi le su'pplice dû aux traîtres, aux re-
cUt belles , si un miracle de clémen-ce nevous en eût pré-
Mj serves ; c'est parce que vous êtes ici , que la loi nous
iUrparait mauvaise et dangereuse. T)&, quel front venez
-ïK vous prêter serment de fidélité au prince dont vous
« avez naguère prononcé solennellement l'éternelle
yifi proscription ? Quelle foi voulezrvous que nous
i^ ajoutions à vos sermens? Et pour votre propre
<i«: honneur, si vous en avez conservé le sentiment,
MX comment osez-vous élever une voix à laquelle ré-
Hiif-pond ce cri de toute l'Europe : Qu'avez^vous juré
-èaen i8i5? Qu'avez-vous juré en décembre i8i8?
■.'nc.A laquelle des deux époques avez-vous commis
initun parjure? Oui , nous le répétons, la loi nous
ïM!t paraît mauvaise et dangereuse , puisqu'elle peut
.(« donner, à une nation généreuse et loyale , d'aussi
^«iindignes représentans.»
Nous avpns ehejrGhé de bonne foi la réplique que
ces messieurs auraient pu faire, et nous ne l'avoa*
pas trouvée.
— Erratum essentiel. Cestparujie transposition de
mots , que , dans l'avant dernier numéro du Drapeau
blanc, article sur l'Espagne, M. Eguia est nomme
conune auteur, du nouveau plan de finances dont
l'exéculion se poursuit avec fermeté, et promet
d'heureux résultats. Ce plan est dû à l'ex-minislre
G^rai.^ \ ^ >
'''' "i' lE CHAMP D'ASILE ROYALISTE,
»Aa UN RÉFUGIÉ DANS LA. VeTCDÉB.
O CHAMP qu'illustra la valeur,
Champ <ie l'héroïque Bocage!
Pays qui conserva l'honireur,
Vendée ! ah ! reçois moti hommage !
^ 1 . Q"^. ^c<n sein, long-temps déchiré, * Jouisse enfin d'uu sort Uajiqiûile j.
Et qu'au royaliste éploré,
II strvftencdr de Champ d'asile!
Guerriers ! qui de complots affreux Pourrez un jour sauver la France, Si de vos efforts généreux La disgrâce est la récom|>ensc; Ah! fuyant alors la grandeur.
Votre sort sera plus tranquille.-.. 'ï'^ ♦
Vendée!.... en ton sein protecteur, ii«è^l
Qu'ils trouvent le vrai Champ d'asile!
Vons quî^, pardonnant aux erreurs, Sans crainte avez puni les crimes, Si de vos utiles rigueurs On veut vous rendre encor victimes,....
Vous avez fait votre devoir, » ,« Magistrats ! votre âme est tranquille. '^ . Partez : prât ù "v ou»* recevoir , \ ,^s>^o'
On vous attend au Champ d'asile !
Là rien ne peut nous désunir.
Vrais amis de la monarchie!
Nons qu'en tout temps on vil chërii; Le Roi, nos Princes , la patrie; Toujours prêts à mourir pour toi ,
O Louis! notre âme est tranquille
Si nous mourons , live Le Roi!
C'est le mot d'ordre au Champ d'asile!